Elle est femme au foyer. Sa maison, Tel son époux, est propre au-dehors. Elle pend à ses lèvres, prison Où elle vit condamnée à mort. Il se penche vers elle, la serre, L’embrasse pour étouffer ses cris. Elle veut s’échapper mais, sans air, Trempe dans les larmes cheveux gris. La voix promettant l’Eldorado Crache un flux de mots, puis est drainée. La main qui lui donne des cadeaux Est celle qui lui casse le nez. Elle voit de toutes les couleurs, D’un œil au beurre noir de défunt. Sa peau blanche est un jardin de fleurs Rouges, bleues, mauves, mais sans parfum. « Arrête! » elle supplie. Il bondit. Un « non » dimanche est un oui lundi. « Quand tu pleures tu es belle », il dit.
Mes sœurs! Mes sœurs! Ils nous conduisent au bûcher, Sans savoir le feu de vie brillant dans les mortes. Pleurons le sort de celle à la vulve arrachée, Qui, ses droits retirés, avec un cintre avorte. Jette un sort, ignorant la magie du savoir, L’épouse à neuf ans dont les jours sont cours d’histoire.
Mais nous scandons, baignées dans le lait de sorcière, « Femme! Vie! Liberté! » Non à la violence! D’Olympe et Malala nous sommes héritières Et, des Amazones, nous avons la puissance. Solve coagula. Rien qu’en crise cardiaque Ayant un cœur, la presse en trombe est démoniaque.
-Poésie: extrait de "Sœurs en coagulation", à lire dans "Genèse d'une femme" par Marine Mariposa, disponible gratuitement sur https://sites.google.com/view/papillondusublime/gen%C3%A8se-dune-femme -Image: "L'Envoûteuse", Georges Merle













