La “génération Instagram” va-t-elle compter dans la campagne 2020 des municipales ? 3 constats s’imposent en préalable : 1) A compter du 1er septembre, date du début de la période de chiffrage du financement des campagnes municipales, les réseaux sociaux institutionnels vont être soumis à des règles très limitatives de communication. Donc l’enjeu est de savoir qui aujourd’hui a une “existence” sur des réseaux sociaux en dehors même des supports des Collectivités. 2) De façon très surprenante, sur Grenoble, la répartition des influenceurs est très complémentaire. Eric Piolle “domine” sur Twitter très largement. Alain Carignon “domine” sur Facebook très largement aussi. Sur Instagram, c’est Stéphane Gemmani qui se détache. Sur Instagram, Eric Piolle a manifestement ouvert une séquence plus dense sur ce réseau social T-shirt à l’appui avec inscriptions militantes et surtout s’affichant dans une logique destinée à parler aux jeunes. 3) En dehors de Grenoble, les écarts de présences sur les réseaux sociaux sont encore plus marqués entre les candidats avec très souvent un fragilité certaine pour les élus sortants qui avaient donné la priorité quasi-exclusive aux réseaux institutionnels qui vont désormais progressivement s’éteindre pour ne pas encourir le risque d’une accusation de publicité institutionnelle sévèrement punie. En France, c’est la probable première élection locale où les réseaux sociaux vont occuper une telle importance. En 2014, sur Grenoble, une “naissance” soudaine avait bouleversé les
rapports de forces : l’électeur indécis. Ce site Internet, démultiplié sur les autres réseaux sociaux, tenu par un ingénieux informaticien sympathique d’une collectivité publique de l’agglo, avait modifié la donne en s’ouvrant à des “indécis curieux”. Car le véritable problème, c’est de toucher les indécis. Les réseaux sociaux mobilisent d’abord les partisans qui viennent souvent rechercher l’information qui correspond à leur analyse de départ. Comme Instagram est devenu le support des jeunes, il devrait occuper une place importante. En novembre 2018, aux Etats-Unis, une génération nouvelle d’élues est née des réseaux sociaux. Par les réseaux sociaux. Et tout dernièrement, dans la primaire Démocrate, une candidate Démocrate a cassé son image austère, trop rigide en s’affichant sur Instagram dans sa cuisine en train de boire une bière au goulot, avant de la voir sur le terrain avec casque et bottes (Elizabeth Warren photo ci-dessus). Quelles images locales fortes vont faire bouger les lignes ? L’une des principales inconnues de septembre 2019.
Septembre 2018 : une rentrée avec les réacteurs allumés : “à toute allure !” : c’est le mot d’ordre de la rentrée de septembre 2018. Pourquoi ? Pour des raisons simples diverses. Sur Grenoble, les prétendants 2020 doivent réussir la rentrée. Les états majors nationaux vont lancer les sondages à compter de novembre 2018 et un mauvais sondage est éliminatoire pour les candidats qui comptent sur le label d’un parti politique national. Il y a ceux qui doivent s’imposer (Stéphane Gemmani). Sa nomination comme Secrétaire Général national de CAP21 est un atout important. Ce parti peut obtenir une tête de liste dans une grande ville où il tenterait de faire vivre la “réconciliation écologique”, c’est à dire d’une écologie au quotidien qui fasse consensus y compris avec les responsables économiques.
Ceux qui doivent se révéler (Emilie Chalas). Le nom circule mais rien ne semble encore bouclé.
Ceux qui doivent clarifier (Olivier Véran, Christophe Ferrari dont le nom circule de plus en plus pour s’intégrer comme adjoint dans l’équipe d’Eric Piolle à Grenoble) et ceux qui doivent surprendre. Parmi ces derniers, plusieurs noms circulent de membres de la société civile dont une femme reconnue comme une professionnelle de la communication ou encore celle d’un conférencier engagé par ailleurs dans une école supérieure locale de commerce. A droite, la situation parait considérablement plus clarifiée avec la démarche déjà très avancée d’Alain Carignon qui de longue date peut compter sur une amitié solide avec Laurent Wauquiez et mieux encore avec Brice Hortefeux. Dans la périphérie, la véritable interrogation réside dans la capacité à ce que des sujets locaux changent totalement les cartes politiques classiques. Pour que ce soit le cas, là aussi, il faut avancer à toute allure pour changer la donne. Pour engager les campagnes locales sur des bases autres que la simple reproduction des clivages nationaux. En effet, chaque semaine qui passe sans modification de ce type, c’est la
confirmation que les prochaines élections seront sur la base des ... alignements traditionnels. Le printemps 2019 étant celui du lancement officiel des campagnes électorales qui débutent légalement dès le 1er mars 2019, c’est la dernière rentrée aux ancrages non stabilisés. Bref, une rentrée particulière qui s’annonce très animée.
#VivaTech : pourquoi tant de Communes de l’agglomération grenobloise ont-elles raté à ce point le tournant du numérique ? Rater le tournant du numérique, pour l’essentiel, c’est quoi ? C’est refuser d’accepter le progrès de la fin de la communication de masse alors que le numérique est là pour permettre la recherche d’informations en vivant le dialogue direct réactif. C’est le meilleur résumé de cette Révolution. Aujourd’hui débute VivaTech 2018. C’est le “produit” de Maurice Lévy, un remarquable publicitaire qui a succédé à Maurice Bleustein-Blanchet à la tête de Publicis et qui vient d’organiser sa succession avec Arthur Sadoun (photo ci-dessus). Pour la presse people, Arthur Sadoun est d’abord le mari d’Anne-Sophie Lapix. Mais plus fondamentalement, c’est un excellent décrypteur de tendances. Dans le quotidien Les Echos du 22 mai 2018, il analyse remarquablement les changements du numérique. Pourquoi la Métro comme de nombreuses autres Communes de l’agglomération sont-elles aussi gravement en crise face à cette mutation ? Parce que leurs élus n’ont pas changé aussi vite que les citoyens face à certains défis de la modernité dont le numérique. Ils sont restés scotchés aux pratiques d’hier voire d’avant-hier. Refuser l’échange d’informations par le numérique ou refuser le dialogue par le numérique c’est se réduire à la communication de masse de l’ancien siècle. Ce divorce crée le malaise, l’incompréhension, les colères. Combien d’élus dans l’agglomération grenobloise dialoguent sérieusement via le numérique ? Une toute petite minorité. Pour ce qui concerne le Club 20, sur la base de faits sur les dernières années, des échanges d’informations via des réseaux sociaux sont intervenus avec
Pierre Mériaux, Yann Mongaburu, Fabien Malbet, Laurence Comparat, Stéphane Gemmani, Jérôme Safar, Marie-Josée Salat. Via Twitter ou Facebook principalement, ces élus réagissent. Des désaccords peuvent être actés. Mais leurs positions sont claires, argumentées avec des pièces techniques solides. A l’opposé de ces dialogues sérieux, il y eût la “farce” des échanges avec Sandrine Chaix, Conseillère régionale, cloîtrée dans le silence depuis qu’un alias qu’elle semblait utiliser (Isabelle Garcin-Wernioz) a donné le sentiment d’être démasquée suite à ce qui pourrait s’avérer être une faute de manipulation de comptes de sa part (volet sur lequel nous reviendrons prochainement dans le détail)... Entre ces deux extrêmes : rien ! En dehors des élus, la TeamBuvette, le Cercle du Sud Grenoblois, Elles Marchent 38 dialoguent avec constance et respect des diversités. Aline Kozma est très réactive. De même pour Claude Soulier sur Brié et Angonnes. L’une des plus belles réussites a été l’initiative de Mme Karine Maurinaux avec son association Contamination Eau Sud Agglo qui ont conduit en pleine crise sanitaire une information réactive exemplaire. Pour les Institutions, il n’y a que MétroMobilité qui pratique la réactivité des réseaux sociaux. Que cette liste soit aussi réduite montre, si besoin était, la gravité de la crise de la démocratie locale qui a refusé que le numérique ne soit le moyen d’un dialogue réactif entre élus et citoyens. C’est l’un des facteurs de fond de l’actuelle impopularité de bon nombre des pouvoirs locaux. Ils ont décroché face à l’évolution des citoyens.
Avec le lancement de Grenoble2020, Stéphane Gemmani ouvre les municipales qui s’annoncent localement sur des bases inédites au sein de l’agglomération grenobloise : très probablement, l’agglomération grenobloise va vivre trois catégories différentes d’élections. D’abord, le Bas Grésivaudan : ce territoire sociologiquement favorable à la Droite est devenu la caricature des “combats de Droite” (Meylan, La Tronche ...). Si ces rivalités internes à la Droite demeurent, c’est le foyer idéal pour renforcer le parti présidentiel qui séduit nationalement une partie non négligeable de l’électorat de Droite (libéral, pro-européen ...). Après la victoire d’Olivier Véran, le Bas Grésivaudan pourrait être le lieu privilégié de l’ancrage local du parti présidentiel. Ensuite Grenoble et l’initiative de Stéphane Gemmani met en relief toute l’originalité de l’élection grenobloise 2020. Pour échapper à un choc à 3 (majorité sortante, LR et FN), il faut 5 conditions : 1) Qu’une composante fasse éclater le
PS et LR. Si ces deux forces politiques traditionnelles restent chacune soudées sur leurs bases classiques, il y a peu d’espace. 2) Que cet éclatement soit accompagné du soutien du parti présidentiel. Il ne peut pas y avoir de compétition entre une liste LREM et une liste voisine en dehors des formations traditionnelles. 3) Pour que l’éclatement ait lieu à Droite, il faut que des noms significatifs se rallient rapidement à l’initiative de Stéphane Gemmani. Ce qui parait probable. Laurent Wauquiez ne veut pas actuellement transformer en “martyrs” les isérois d’où l’indifférence publique affichée. Mais leur sort est probablement scellé au profit d’une autre génération en 2020. 4) Pour que le PS Grenoblois rejoigne majoritairement une initiative de ce type, c’est qu’il est prêt à vivre des compétitions à gauche dans bon nombre de villes de l’agglomération alors même que tout se prépare pour faire vivre le bilan commun de l’exécutif sortant de la Métro. 5) Et en plus, il faut trouver la vague porteuse du bon désalignement capable de faire vivre une nouvelle dynamique. En 1983, ce désalignement avait été l’opposition entre le neuf et l’usé, le moderne et le passé, la jeunesse et le “refusé par les siens”. Le choc n’a alors jamais été droite / gauche. Et d’ailleurs dès juillet 1981, une note interne avait arbitré ce choix. En 1995, le désalignement était né des affaires. En 2014, le désalignement a été sur le choix de l’autre gauche : une gauche populaire / les “socialistes bourgeois”, une gauche jeune / sortants usés, l’autre projet / la continuité des années Destot. La note d’Erwan Lecoeur a très bien résumé cet axe. Le désalignement 2020 est à exprimer. Eric Piolle aura des éléments positifs à mettre en relief. Ainsi, par exemple, la revue Challenge sur le bio choisit cette semaine Grenoble comme “ville référente”. Il ne faut jamais confondre la mi-mandat où les projecteurs sont focalisés sur un seul individu détenteur du pouvoir et la campagne électorale qui fait vivre la comparaison. 3) Le Sud Agglo (à partir de Pont de Claix et au-delà) : c’est un secteur qui a vécu des crises profondes et qui aspire à la sanction des auteurs des crises. La non prise en considération de faits objectifs a traduit un déni des réalités qui a sapé la base morale de mandats :
- à Vif, lors de la crise sanitaire de l’eau, Guy Genet choisit la défense administrative de la Métro contre les habitants qu’il a vocation à représenter,
- à Brie et Angonnes : le maire qui siège dans la majorité de gauche de la Métro voit son adhésion aux Républicains 38 être acceptée par les instances départementales de ce parti et ainsi vivre un choc frontal avec le ... délégué de circonscription des Républicains élu par les militants de la 2 ème circonscription et qui siège comme chef de ... l’opposition dans le Conseil de Brié,
- à St Paul de Varces, le Conseil Municipal ne siège plus au complet parce que 6 membres de la liste de la majorité municipale ont démissionné soit 30 % des membres de la liste de départ du maire sortant. Il n’y a plus de “réserve” pour prendre la place des élus qui quittent le Conseil. Qui peut imaginer que tant de personnes démissionnent pour “rien” ?
- à Claix, après avoir fait le coup de com sur son départ, Michel Octru repousse en permanence la ... concrétisation au point que des membres de son équipe municipale évoquent désormais la possibilité qu’il reste en place jusqu’en 2020 ...
... : Tous ces faits sont connus des citoyens. Et les citoyens ne comprennent pas les jeux politiciens qui consistent à les nier. Dans ce secteur exposé à autant de crises objectives manifestes, l’enjeu sera de bâtir de nouvelles confiances.
C’est une période très particulière qui est ouverte. Le printemps 2018 va constituer une séquence temps importante pour décanter chacun de ces enjeux.
GrenobleAgglo : une bataille du Centre incontournable : c’est où et c’est qui (04/10) ? au début de l’été 2016, des échanges vifs de communiqués de presse ont opposé Stéphane Gemmani, Conseiller Régional, avec d’autres Conseillers Régionaux appartenant à la majorité de Laurent Wauquiez. Derrière les mots durs, c’était le début d’une vraie bataille de fond : le Centre c’est où et c’est qui dans l’agglomération grenobloise ? A ce jour, il y a 4 ancrages du Centre. C’est 3 de trop pour que le Centre puisse compter de façon décisive dans la politique locale.
Première sensibilité, le Centre écologiste : son leader local : Stéphane Gemmani. C’est le plus présent sur le terrain du local. Il quadrille avec méthode et détermination. Il est sympathique, avenant. Il a devant lui un créneau porteur : définir une écologie locale réaliste, rassembleuse du type de Nicolas Hulot ou Corinne Lepage (dont il est très proche). C’est un vieux défi : pourquoi l’écologie serait-elle irrémédiablement de gauche voire même de la gauche de la gauche ? Si Stéphane Gemmani parvient à définir ce projet, ce serait une nouvelle donne locale de première importance.
Seconde sensibilité, le Centre historique : son leader local, Philippe de Longevialle. Philippe de Longevialle est celui qui a donné une existence électorale indépendante au Centre lors des dernières élections locales depuis 2007. Si en 2014, il avait fait liste commune avec Jérôme Safar, ils étaient au coude à coude avec la liste d’Eric Piolle sur la base des scores du 1er tour au soir. C’est un Centre dans la logique de François Bayrou sur le plan national. Proche de la Droite mais pointilleux sur le respect de certaines valeurs. Par l’ancienneté de ses combats électoraux, Philippe de Longevialle a un réseau personnel qui est certain et qui compte car c’est un individu chaleureux. Actuellement fragilisé par le rôle qui a été le sien dans les négociations avec Les Républicains pour les régionales 2015 et la faiblesse manifeste des résultats pour le Modem en dehors de quelques cas qui relèvent manifestement du placement individuel..
Troisième sensibilité, le Centre allié des Républicains. Dans l’agglomération, sa militante la plus engagée est désormais Sandrine Chaix. Collaboratrice de longue de Michel Savin, désormais Conseillère régionale après de nombreux soubresauts, c’est le Centre partenaire traditionnellement du RPR, de l’UMP puis des Républicains. Une caution de rassemblement. Compte tenu de la radicalisation d’une partie de la Droite, c’est une sensibilité de plus en plus en difficulté. Non seulement au sein de l’UDI mais surtout au sein du Modem. Lors du dernier Comité départemental du Modem 38, la présidente a été mise en minorité à plusieurs reprises sur les relations avec Les Républicains.
Quatrième sensibilité, le Centre société civile : ses deux leaders : Yann Casavecchia et Marie-Claire Népi. Ils sont tous deux membres du bureau du Modem 38 (1 : voir ci-dessous en bas de l’article) et de longue date. Ils incarnent une approche libérale en matière d’économie mais sociale sur les sujets de société.
Ils sont sur le fond assez proches d’une logique du type de celle d’Emmanuel Macron. Lors de votes au sein du Comité départemental du Modem, en l’absence de Philippe de Longevialle, c’est probablement maintenant la sensibilité majoritaire.
Tant que ces sensibilités sont dissociées, elles se condamnent à n’être que des forces d’appoint. En revanche, si une personnalité ou des circonstances contribuaient à redonner une unité à toutes ces sensibilités, c’est une totale nouvelle donne locale. Un vrai sujet pour les prochaines élections.
09/08/2016
(1) : cette mention de bureau est erronée. M. Casavecchia est membre du Conseil Départemental du Modem 38 et non pas du bureau (correction apportée le 09/08/2016 à 18 heures 45)