THE VOID (2016) Carpenter. Lovecraft. Ces deux influences majeures inspirent THE VOID, film de série B canadien sans prétention. Miraculeux résultat d’un crowdfunding n’atteignant même pas les 100 000 dollars, THE VOID est sans conteste une des réussites de l’année 2016: doté d’une ambiance oppressante à souhait, et d’un mixage sonore adéquat -quelques groupes de dark-ambient, dont le célèbre Lustmord, y contribuent grandement-, on tient là quelque chose de plus tangible qu’un simple hommage aux références littéraires et cinématographiques pré-citées. Inquiétant, sombre, effrayant, gore et inéluctable, THE VOID s’assure de plonger le spectateur -avec ses personnages- dans cet étouffement continu, se resserrant peu à peu au fil du long-métrage. Série B dans le sens où certains SFX “à l’ancienne” sont judicieusement mis en valeur via quelques artifices bien trouvés -comme par exemple une séquence où un un éclairage défectueux aux lumières épileptiques ne nous permet que de discerner une monstrueuse abomination au détour d’un couloir, ou encore l’utilisation de CGI intelligente, via de courts plans cosmiques destinés à nous faire deviner que toute cette mascarade cache quelque chose de bien plus grand et horrifiant-, il va sans dire que la maîtrise est présente sur bien des aspects. Pas le temps d’approfondir les protagonistes -pas besoin, d’ailleurs, le background étant l’épicentre de la narration-, qui prendront tous très cher, quel que soit leur “camp”, des troublants disciples muets de cette secte sans nom, aux antihéros qui se verront affronter leurs peurs. THE VOID n’est pourtant pas un OVNI: nous avons droit depuis quelques années à un revival 80′s, entre la musique new retro wave/ synthwave, et des productions telles que l’amusant court-métrage KUNG FURY (2015), la série STRANGER THINGS (2016) ou encore GUARDIANS OF THE GALAXY (2014). Ici, THE VOID représente cette décennie à travers le spectre de l’épouvante/horreur, se révélant digne d’un bon film de John Carpenter ET d’un bon récit de H.P. Lovecraft. De la qualité au service d’une communauté aimant le cinéma de Genre -nous!-, lui donnant même une majuscule méritée, tant l’effort est louable. Merci donc à Steven Kotanski et Jeremy Gillespie, scénaristes et réalisateurs de ce projet, qui, face à Rob Zombie et son très mauvais 31 (2016), font figure d’exemple quant aux films construits via le crowdfunding. Ne passez pas à côté de THE VOID, vous qui attendez le retour de l’horreur fantastique telle qu’on l’aime, mystique et onirique. Quel pied. LOVECRAFT MEETS CARPENTER /20








