ayé, un nouveau lacet moral contradictoire qui fait surface dans l'océan de contreproductivité sociale : à une époque on a inventé le terme politiquement correct 'malentendant' pour désigner les sourds, probablement parce que le mot était utilisé pour être dénigrant, du coup fallait un euphémisme pour dédramatiser le truc ; mais j'me confirme que c'est le genre de bullshit de politique à deux balles, là je viens de voir la vidéo d'une traductrice en langue des signes, elle a l'air passionnée, bienveillante, engagée, et elle nous confie que cette population préfère en général qu'on utilise le vrai terme, ils sont Sourds avec même une majuscule… moi les rectifs des mots auxquels on attribue la responsabilité d'une interprétation négative, ça fait un moment que ça me soule, c'est pas les mots les responsables, c'est ceux qui les utilisent et comment ; je suis fou je le revendique, je suis handicapé je le revendique, car je sais que c'est pas quand les gens utilisent ces termes pour m'insulter que ça dénature le fait ; j'aime qu'on soit honnête et franc, clair et précis, et c'est pas la faute des mots si les gens sont haineux intolérants et insultants… donc tous ces mouvements de remplacer des mots par d'autres pour dire la même chose, ça n'enlève pas l'usage négatif que la plupart en font, on aura beau remplacer une ambiance négative par un nouveau terme bienveillant ou neutre, ça ne le rend pas insubmersible par la mauvaise foi des intentions stigmatisantes… sourd ou malentendant, c'pas l'un ou l'autre qui empêche ou favorise l'insulte, c'est l'intention de celui qui le prononce, qu'on interprète selon le contexte où il le prononce ; le politiquement correct, c'est une histoire d'intériorité, d'intention, d'empathie, et non une histoire de 'j'aime pas ce mot…' ; non les mots ont le pouvoir qu'on leur attribue, alors si vous constatez leur usage douloureux, demandez-vous vous-mêmes comment vous les utilisez…