LES BALEINES NE SAVENT PAS NAGER
Mon analyse du climax du court métrage de Matthieu Ruyssen, Les Baleines de savent pas nager, pour lycéens et apprentis au cinéma Centre-Val de Loire (montage : Mathieu Bonneau)
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LES BALEINES NE SAVENT PAS NAGER
Mon analyse du climax du court métrage de Matthieu Ruyssen, Les Baleines de savent pas nager, pour lycéens et apprentis au cinéma Centre-Val de Loire (montage : Mathieu Bonneau)
À VOS MARQUES !
Ciclic propose un programme de courts métrages à destination des lycéens et apprentis du Centre-Val de Loire, intitulé À vos Marques !
Le programme est accompagné d'un livret dirigé par Bartłomiej Woźnica, dans lequel j'ai rédigé une partie consacrée au court métrage de Matthieu Ruyssen, Les Baleines de savent pas nager. Ce texte est complété de pistes de travail proposées par Aurore Delmas.
Cliquez ici pour télécharger ce livret.
FERMER LES YEUX
Fermer les yeux n’importe pas seulement pour le propos – nécessairement teinté de nostalgie – qu’un cinéaste né en 1940, et si rare, tient ici sur le cinéma tel qu’il l’a connu. Toute l’intelligence de Victor Erice consiste à utiliser le cinéma (ainsi que l’a rigoureusement défini Raymond Bellour : "La projection vécue d’un film en salle, dans le noir, le temps prescrit d’une séance plus ou moins collective") pour désenclaver son sujet, à savoir la dissociation psychique, du registre intra-individuel et l’aborder à l’échelle d’une communauté. Avant que Max n’enclenche le projecteur, Miguel répartit les spectateur·rices dans la salle, par groupe de deux – toujours 2. Ce curieux cérémonial met l’accent sur la dimension collective de l’expérience, ce qu’elle engage de voisinage physique. Il rend palpable la singularité de ce public (singularité due à l’amnésie de Julio/Gardel) : il est remarquablement composite. Il y a fort à parier que personne n’aborde le spectacle à venir sous le même angle. Les un·es ont connu Julio avant qu’il disparaisse, les autres connaissent Gardel depuis qu’il a tout oublié… entre les deux, une ligne de fracture sillonne le groupe. Un plan d’ensemble (fixe) nous invite à suivre les méandres qu’elle dessinerait, entre les fauteuils du cinéma qui l’accueille. Comme un lichen, elle grimperait à la surface de l’écran : Julio est d’un côté, Gardel, de l’autre.
Extrait de Regards dissociés, ma note sur le film de Victor Erice, Fermer les yeux (2023). Ce texte fonctionne en diptyque avec celui de Pierre Jendrysiak, Regards croisés, également sur Débordements.
SABOTAGE
Je présente - via l'ACAP - le film de Daniel Goldhaber, Jordan Sjol et Ariela Barer, Sabotage, au cinéma Les Clubs de Villers-Coterrêt le 29 septembre 2023 (19h30) ainsi qu'au Cinélaon, le 19 octobre 2023 (20h30), dans le cadre du cinéclub de "La Boite à Bascule".
LES VOLEURS DE CHEVAUX
J'ai eu le plaisir de rédiger le dossier-maitre sur Les voleurs de chevaux de Yerlan Nurmukhambetov et Lisa Takeba pour le dispositif "Collège au cinéma" de cette année 2023-2024.
Pour le télécharger, cliquer ici
Extrait :
Cette montre cassée est l'emblème de la temporalité flottante, onirique de ce film, des morceaux de l'histoire qui auront été subtilisés à notre connaissance. Elle est déjà fissurée lorsque Olzhas la rapporte à Ondasyn, au début des Voleurs de chevaux. Par ce détail, le film indique qu'il nous parle d'un événement passé. Quelque chose pourrait s'être produit avant que l'action principale ne s'engage, marquant le destin d'Olzhas, de sa famille et de sa communauté. Le cheval de bois sculpté figurant dans la chambre à la fin du film témoigne de la créativité de Kairat, dont Olzhas aurait hérité. Dès lors que le jeune garçon a choisi de le peindre en blanc, l'objet pourrait être à l'effigie du cheval que son grand-père lui avait offert. Il est donc lié à la question de la filiation, y compris dans ses ressorts immatériels et mystérieux. Ce cheval représente aussi ce qu'un jeune garçon kazakh, né peu avant l'indépendance du Kazakhstan, hérite culturellement de ses ancêtres – cavaliers, nomades et artisans du bois. L'interprétation ethno-historique de cet objet porte à conséquence sur celle de la montre, posée près de lui à la fin du film: la temporalité brisée qu'elle désigne n'est pas seulement celle d'une demi-journée, pas seulement celle d'une vie humaine, mais aussi celle, séculaire, de l'histoire des peuples turcs d'Asie centrale vue d'aujourd'hui, perturbée par la colonisation russe et l'administration soviétique. Les Voleurs de chevaux interroge ainsi la possibilité de restaurer la continuité de cette histoire, d'en transmettre la mémoire.
FIFI
Je serai au Cinélaon le 10 juin 2023 pour parler de FIFI, le premier long métrage de Jeanne Aslan et Paul Saintillan (séance programmée en partenariat avec l'Acap)
SHOWING UP
De nombreuses images de Showing Up sont aussi consacrées aux ouvrages des étudiants de cette école d’art que Kelly Reichardt a fait revivre pour le tournage. Elles permettent de découvrir toute une variété d’expérimentations, de gestes, de médiums, de préoccupations artistiques (des problèmes de fermeture éclair, par exemple...) : tout le fourmillement feutré de cette institution artistique. Ces images sont irréductibles à des plans de transition, mais elles ne servent pas vraiment le drame principal non plus : Lizzie et ses proches communiquent assez peu avec ces étudiants. Elles restent donc parallèles – au sens où on le dit d’un montage entre des éléments qui ne sont pas destinés à se rencontrer dans un film. Ce qu’elles disent, en somme, c’est que parallèlement au drame, de l’art se fabrique. Ça sculpte, ça branche, ça projette, ça peint, ça installe, ça tricote et (tant que les conditions matérielles le permettent) ça n’arrête pas. C’est bien plus qu’un décor, cette école, c’est un agencement collectif qui fait presque personnage : comme une sorte d’hydre artistique souterraine, sous-jacente au scénario.
Extrait des "bouches de la terre", texte dialogué sur Showing Up de Kelly Reichardt, coécrit avec Pierre Jendrysiak. En ligne sur Débordements
JEAN-MICHEL BASQUIAT
Les toiles du Musoir
J'analyserai une œuvre singulière de Jean-Michel Basquiat après la projection du film de Tamra Davis, The Radiant Child, au Studio 43 à Dunkerque.
HOKUSAI
Toiles de fond
Je propose une conférence sur le peintre japonais Katsushika Hokusai pour accompagner le film éponyme de Hajime Hashimoto (sortie : le 26 avril 2023).
Rendez-vous :
le 27 avril 2023 au Studio 43
le 9 mai 2023 au Pont des Arts
le 27 mai 2023 au Fresnoy
OLHO ANIMAL + LES ANTILOPES
Je discuterai avec Maxime Martinot à propos de ses deux films, Les Antilopes et Olho Animal, le 21 mars 2023 au Forum des Images dans le cadre de la programmation "100% doc".
LES PROSCRITS
Le premier raccord des Proscrits du cinéaste suédois Victor Sjöström est un champ-contrechamp. Nous sommes en 1918, ce type de découpage commence à se répandre : on en trouve depuis quelques années chez Reginald Barker, Ralph Ince et Cecil B. DeMille. Mais David W. Griffith, lui, fait toujours un peu de résistance : il n’était pas encore devenu parfaitement anodin, pour tout un chacun, de retourner la caméra vers ce qu’il pût y avoir dans son dos.
La suite de mon analyse de la séquence d'ouverture des Proscrits (1918) de Victor Sjöström est en ligne sur Débordements.
NAN GOLDIN
Je présente une conférence sur la photographe Nan Goldin au Studio 43 (Dunkerque), jeudi 30 mars 2023, pour accompagner la projection du film de Laura Poitras, Toute la beauté et le sang versé, en partenariat avec le Musoir.
GRAND MARIN
La tonalité westernienne de Grand Marin se conjugue bien avec les thèmes de la liberté individuelle, de l’audace, de l’intrépidité qui irriguent l’histoire de Lili, histoire en laquelle Dinara Drukarova reconnait la sienne d’après les entretiens qu’elle a accordés à la presse. Mais considérant les spécificités du genre, elle oriente surtout le regard vers l’action dans sa relation avec le paysage, avec l’Englobant — pour reprendre le terme qu’emploie Gilles Deleuze. Ce que recherche Lili c’est le large évidemment, mais aussi le venteux, le tanguant, le poisseux. C’est répondre par ses gestes au défi que lui lancent ces éléments, c’est « acquérir une nouvelle manière d’être […] ou élever sa manière d’être aux exigences du milieu et de la situation [2] ». Ce pourquoi Lili pourrait n’avoir pas d’histoire : tout ce qui détermine ses gestes, ses actions, c’est devant elle, autour d’elle. C’est dehors.
Ma critique du film de Dinara Drukarova, Grand Marin, est en ligne sur Débordements.
LISE AKOKA & ROMANE GUERET
J'ai "conversé avec..." Lise Akoka et Romane Gueret, à propos du film Les Pires. Cet entretien est disponible sur Flux, série des Conversations avec.
ALICE DIOP
J'ai "conversé avec..." Alice Diop, à propos du film Saint Omer. Cet entretien disponible sur Flux - série des Conversations avec.
This is "Conversation avec Alice Diop" by Flux avant-programmes on Vimeo, the home for high quality videos and the people who love them.
LUSSAS 2022
La société bosnienne est aujourd’hui profondément fragmentée et dans ces circonstances, « créer un espace cinématographique cohérent par le biais d’une narration linéaire compréhensible est pour le moins malhonnête » écrit Kumjana Novakova. Dans sa radicalité, cette phrase m’oblige à préciser une chose : Disturbed Earth n’est pas hermétique. Mais il est vrai que l’enchainement des faits et le rapport des paroles à ces faits ne se laissent pas immédiatement saisir dans le film. Entre de longs silences, les évènements rejaillissent dans un certain désordre, au détour d’un témoignage, d’une image d’archive, d’un ossement retrouvé. Pour les cinéastes, la question était bien de savoir comment montrer et comment raconter ces évènements dans les conditions présentes. Bien qu’elle ne soit pas pleinement (re)connue à l’échelle de la Bosnie-Herzégovine, l’histoire est en embuscade derrière chaque instant du quotidien. La moindre déformation dans le paysage peut signaler un charnier, la moindre contraction sur un visage, une angoisse infinie. Avant de prétendre l’expliquer, Disturbed Earth s’est effectivement laissé perturber — disturbed — par cette réalité psychique et sociale, jusque dans sa syntaxe.
Mon compte rendu des Etats Généraux du film documentaire de Lussas (2022) est en ligne sur Débordements. Je m'attarde particulièrement sur Face aux fantômes (2009) de Jean-Louis Comolli ainsi que sur Disturbed Earth de Kumjana Novakova et Guillermo Carreras (voir extrait ci-dessous), mais aussi sur les courts-métrages Oussama d’Ina Seghezzi et Soraya Luna d’Elisa Gòmez Alvarez , et sur l'œuvre de la cinéaste cubaine Sara Gómez (découverte grâce à la programmation de Federico Rossin, intitulée "Révolution Cuba").
MON PAYS IMAGINAIRE
J'anime des séances de cinéma consacrées à Mon pays imaginaire de Patricio Guzmán, avec l'ADRC. Pour en savoir plus sur les modalités d'interventions : cliquer ici