"Tout acte antispirituel et toute vulgarité reposent sur l’incapacité de résister à une séduction : - on se croit obligé de réagir, on suit toutes les impulsions. Dans beaucoup de cas une telle obligation est déjà la suite d’un état maladif, d’un état de dépression, un symptôme d’épuisement, - puisque tout ce que la brutalité non philosophique appelle "vice" n’est que cette incapacité physiologique de ne point réagir. Une application de cet enseignement de la vue : lorsque l’on est de ceux qui apprennent, on devient d’une façon générale plus lent, plus méfiant, plus résistant. On laissera venir à soi toutes espèces de choses étrangères et nouvelles avec d’abord une tranquillité hostile, - on en retirera la main. Avoir toutes les portes ouvertes, se mettre à plat ventre devant tous les petits faits, être toujours prêt à s’introduire, à se précipiter dans ce qui est étranger, en un mot cette célèbre "objectivité" moderne, c’est cela qui est de mauvais goût, cela manque de noblesse par excellence."
Friedrich Nietzsche, Le Crépuscule des idoles, « Ce que les allemands sont en train de perdre », trad. Henri Albert, 1888.





















