Coup de coeur - Chronique de roman : Le maître des insectes de STUART PREBBLE -
Merci aux éditions Denoël pour cette lecture.
Éditeur : Editions Denoël.
Titre en vo : The Insect Farm
Trad. de l'anglais par Caroline Bouet
« Londres, années 1960. Quand Jonathan Maguire émerge d’un mauvais sommeil sur le sol du salon, il a les mains couvertes de sang etle corps de sa femme Harriet gît à ses côtés. Seule lui revient à l’esprit uneviolente dispute avec cette dernière, qu’il soupçonnait d’infidélité. Jonathan est le tuteur de son grand frère Roger, dont le handicap mental l’empêche d’être autonome et qui consacre tout son temps libre à un étrange et spectaculaire élevage d’insectes.
Anéanti par la mort de sa jeune épouse, Jonathan est néanmoins déterminé à échapper à la police, terrifié à l’idée que s’il était arrêté pour meurtre, Roger serait placé dans une institution. Jonathan a sacrifié trop de choses, y compris son mariage, pour accepter cette éventualité. Lui seul peut protéger Roger, à la fois incapable d’exprimer sa pensée et terriblement lucide quand il s’occupe de ses milliers de créatures grouillantes. »
Au départ, je n’étais pas très emballée par le titre de cet ouvrage mais après la lecture du résumé, l’histoire a piqué ma curiosité et croyez-moi sur parole, je n’ai pas du tout été déçue par ce roman.
Stuart Prebble a réussi avec Le maître des insectes un véritable coup de maître. En refermant mon livre, le premier mot qui m’est venu en tête est : magistral.
Le premier argument que je voudrais mettre en avant est l’excellente traduction qui nous est offerte. Aussi, l’écriture de qualité : Prebble a une belle plume, très agréable à lire.
Le second argument, l’histoire: c’est le personnage Jonathan qui prend en charge la narration du récit, le lecteur lit son journal, tout au long duquel se dessine une tension qui instaure une sorte d’angoisse permanente. Du début jusqu’à la fin du roman, nous sommes captivés par cet univers qui met notre cerveau en ébullition.
Le troisième argument, la psychologie complexe des personnages du roman. L’auteur a le souci du détail : chaque trait de la personnalité de Roger fait de lui une énigme, son amour pour les insectes et sa maîtrise de leurs existences malgré son handicap mental. Tel un créateur obsessionnel tout puissant et reflétant souvent le rapport qu’il a avec le monde qui l’entoure.
Roger ne vit que pour son insectarium mais surtout pour protéger son petit frère qu’il affectionne plus que tout. Jonathan est également prêt à tout pour lui.
Chaque personnage joue un rôle dans la toile tissée dans le maître des insectes, une toile complexe qu’on n’arrive à comprendre qu’aux dernières lignes de roman.
Un thriller palpitant auquel on adhère facilement pour les amateurs du genre ou les amoureux des textes bien écrits. Un thriller qui manie le thème de l’obsession jusqu’à vous obséder.
“Si vous avez eu la chance de pouvoir dire la vérité pendant presque toute votre existence, il vous sera probablement impossible d’imaginer à quel point vivre sans cesse dans le mensonge est éreintant. A quel point il est usant de devoir toujours veiller à combler le gouffre entre ce que vous pensez et ce que vos mots, vos actions et votre regard renvoie au monde extérieur.” p11.
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