“Cabanes, donc : des façons de faire et de penser, notamment de penser les lieux. Et encore de penser le temps et avant tout l’avenir, afin de se rapporter à lui d’une autre façon... Enfants, nous avons pris connaissance du monde en même temps que de sa fin imminente... On avait déjà décidé pour nous qu’il n’y avait plus rien à faire... Alors que faire ? Mourir éventuellement... Une autre issue : regretter.... La réponse est simple. Renaître comme il nous plaira. Etant tout sauf désabusés, nous n’avons plus de choix que celui d’inventer une nouvelle voie. La place est déjà prise ? Trop prisée ? Nous irons ailleurs, explorer... Tant pis pour le confort, tant pis pour la sécurité et tant pis si nous ne sommes plus capables d’expliquer à nos parents ce que nous faisons de nos journées... Dans des sphères restreintes et de fait habitables, nous façonnons des objets qui nous ressemblent puis nous les partageons... Partout nous nous réapproprions nos heures. Nous sommes indépendants, multitâches et bricoleurs. Nous échangeons nos vêtements, nos logements, nos idées. Sans faire de bruit, une révolution discrète, locale et qui ne cherche à convaincre personne a déjà eu lieu. Nous acceptons désormais d’être sans statut, retirés dans les marges joyeuses par nécessité comme par choix. L’avenir pour nous est dans les friches... Pareils à des ballons déjà partis trop haut, nous ne pouvons plus redescendre : dans un ciel sans repères, nous cherchons les nouvelles couleurs. Le monde est une pâte à modeler, pas cette masse inerte et triste pour laquelle il passe. Des futurs multicolores nous attendent. N’ayez pas peur, il n’y a plus rien à perdre.”
“Nos cabanes”, Marielle Macé (passage sur le collectif d’artistes Catastrophe)
Pour illustrer, les tableaux et cartes textiles brodés d’Anne Fontaimpe














