Vivre autre chose, autrement, autre part...
V. H. SCORP
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Vivre autre chose, autrement, autre part...
V. H. SCORP
J’aurais voulu m’étouffer de ton amour,
J’aurais voulu en abuser, tous les jours,
Mais tu en as décidé autrement.
Ne me laissant aucun dernier recours,
Seule, démunie, le coeur bien trop lourd ;
Je suis partie en t’aimant.
One book a day...
“ Mon histoire à moi est amnésique. Après les grands-parents, on ne remonte pas. Personne ne se souvient. (...) Pas de livres, pas de disques, ou du moins pas de musique que l’on aimait écouter, pas d’obsession bizarre, pas de partis politiques, pas même de carte d’électeur, pas de syndicat évidemment ou même de tradition familiale qu’on puisse revendiquer. La télévision bien sûr. Qui ne la regardait pas ? Les Grosses Têtes sur RTL, aussi... mais est-ce suffisant ? Des pique-niques, la belote, le Ricard le dimanche : c’est trop maigre. Les vacances ratées, la quantité toujours plutôt que la qualité, la peur de manquer sûrement, l’invasion des blattes et des cafards dans le ciment, l’impression de saleté, tout le temps, alors nous besognions sans cesse éponge à la main... Il n’y a pas assez pour faire un récit. Il n’y a rien à dire, en somme. (...) On pourrait me rétorquer que, dans le fond, tout le monde a ce sentiment de ne pas avoir une histoire cohérente, mais vous savez quoi ? Ce qui nous caractérise surtout, c’est l’impression que les autres en ont une. Et nous, pas.”
“Cabanes, donc : des façons de faire et de penser, notamment de penser les lieux. Et encore de penser le temps et avant tout l’avenir, afin de se rapporter à lui d’une autre façon... Enfants, nous avons pris connaissance du monde en même temps que de sa fin imminente... On avait déjà décidé pour nous qu’il n’y avait plus rien à faire... Alors que faire ? Mourir éventuellement... Une autre issue : regretter.... La réponse est simple. Renaître comme il nous plaira. Etant tout sauf désabusés, nous n’avons plus de choix que celui d’inventer une nouvelle voie. La place est déjà prise ? Trop prisée ? Nous irons ailleurs, explorer... Tant pis pour le confort, tant pis pour la sécurité et tant pis si nous ne sommes plus capables d’expliquer à nos parents ce que nous faisons de nos journées... Dans des sphères restreintes et de fait habitables, nous façonnons des objets qui nous ressemblent puis nous les partageons... Partout nous nous réapproprions nos heures. Nous sommes indépendants, multitâches et bricoleurs. Nous échangeons nos vêtements, nos logements, nos idées. Sans faire de bruit, une révolution discrète, locale et qui ne cherche à convaincre personne a déjà eu lieu. Nous acceptons désormais d’être sans statut, retirés dans les marges joyeuses par nécessité comme par choix. L’avenir pour nous est dans les friches... Pareils à des ballons déjà partis trop haut, nous ne pouvons plus redescendre : dans un ciel sans repères, nous cherchons les nouvelles couleurs. Le monde est une pâte à modeler, pas cette masse inerte et triste pour laquelle il passe. Des futurs multicolores nous attendent. N’ayez pas peur, il n’y a plus rien à perdre.”
“Nos cabanes”, Marielle Macé (passage sur le collectif d’artistes Catastrophe)
Pour illustrer, les tableaux et cartes textiles brodés d’Anne Fontaimpe
!SÉLECTION!
Je t’écrirai de mes vacances... La carte postale est-elle en voie de disparition ? On espère bien que non !
Choisir une carte, pour la blague ou pour la beauté du geste, quelques mots, voire quelques coups de crayons, le tout plus ou moins inspiré, coller un timbre - lui aussi possiblement illustré - puis partir en quête d’une boîte aux lettres, c’est toute une aventure ! Qu’elle finisse sur le frigo ou dans un roman comme marque-page, la carte postale est un engagement autrement plus sensible qu’un sms, insta et autre publication en ligne : cet été, soyez rebelles, envoyez des cartes postales !!
Sélection de jolies cartes postales illustrées, diverses et de vacances :
- “Mourir d’amour en été”, Plonk & Replonk, éd. Fluide glacial, 2015 ;
- “A quoi ça sert ?”, Codina Conce, éd. Quiquandquoi, 2009 ;
- “Panorama du froid”, Jochen Gerner, éd. L’Association, 2013 ;
- “Cartes postales”, Anne Brouillard, éd. Le Sorbier, 2000 ;
- “Amis”, Nathalie Léger-Cresson et Fabienne Gaston-Dreyfuss, éd. Le Rouergue, 1996 ;
- “Quelques-unes des choses qu'il faudrait tout de même que je fasse”, Georges Perec et Bruno Gilbert, éd. Autrement, 2009 ;
- “Paris”, Arnaud Roi et Sylvie Bessard, éd. Milan, 2015 ;
- “Paris photocoloriage : le cahier d'activités pour créatifs en herbe de 5 à 12 ans”, Sylvie Delpech, éd. Parigrammes, 2007 ;
- “Cartes postales”, Agathe Jacquillat et Tomi Vollauschek de FL@33, éd. Pyramyd, 2008.
Et tu m'aimes comme je suis, et pas autrement.
Pierre Drieu la Rochelle (Le Feu Follet)
L'acte essentiel de la guerre est la destruction, pas nécessairement de vies humaines, mais des produits du travail humain. La guerre est le moyen de briser, de verser dans la stratosphère, ou de faire sombrer dans les profondeurs de la mer, les matériaux qui, autrement, pourraient être employés à donner trop de condor aux masses et, partant, trop d'intelligence en fin de compte.
George Orwell (1984)