TROLLEY LOVE (Olivier Texier)
Un photographe, une expo à Paris dans le 11ème arrondissement, quinze chariots de supermarché et autant d’histoires.
Du 18 novembre au 25 décembre prochain, mon ami Olivier Texier exposera quinze photos de sa série “Trolley Love” à la Quille du 11ème. Ça se passe au 111, rue Saint-Maur à Paris. On vous y attend nombreux-ses. Il m’a demandé d’écrire un petit texte pour parler de son travail... le voici donc.
“Un chariot de supermarché est comme une bonne chanson, il a mille vies et on finit toujours par le retrouver là où on ne l’attend pas. Qu’il patiente sous un abri en plexiglas devant l’entrée de Carrefour ; qu’il accueille le passant à la sortie d’une bouche de métro, avec ses odeurs de charbon, de maïs et de brûlé ; qu’il serve de charpente à l’abri de fortune d’un SDF, il ne jure dans aucun paysage. C’est peut-être pour cela qu’Olivier en a fait son obsession et quelque part, son avatar. Même s’il est connu de tous et à adaptable à l’infini, sa nature et son usage – inconditionnellement liés à l’homme – ne le protègent ni du rebut, ni du remplacement. Dans ce travail qui l’occupe maintenant depuis plusieurs années, Olivier a fait du « trolley » l’acteur principal d’une discrète métaphore du monde et de ceux qui le peuplent, mais aussi l’interprète alternatif d’un court récit autobiographique. Oubliés, esseulés, parfois réinvités à la fête, il y a dans ses chariots et dans ce qui les entoure autant de voyages que de perches tendues à ceux qui les observent. De feutrées tentatives d’éventrer la pudeur et d’interrogations quant à ce qui se passera, une fois que la porte aura été entrebâillée. Peut-être Conor O’Brien a-t-il déjà dit les mots justes, s’il faut penser à ce qu’Olivier propose avec cette dizaine de portraits. Peut-être faut-il simplement écouter Villagers chanter : “It took a little time to be honest, it took a little time to be me”.”







