Le Plus Gros Fruit Que Le Monde Ait Connu
Défi d’écriture 30 jours pour écrire, 19 août
Thème : éveil/donner un nom à un arbre
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Une fée, ça nait dans une fleur.
Celle-ci s’est éveillée dans le tronc d’un arbre. Un vieux hêtre, tordu et plein de mousse. Son tronc est noueux, troué, un havre pour tous les petits animaux qui se cherchent un abri moelleux dans la forêt.
La fée prend le temps de se glisser hors du tronc et de grimper le long de son écorce avant de déployer délicatement ses ailes, les faisant sécher au soleil. Elle qui vient à peine de naitre ne sait rien du monde ni de la magie, mais son instinct lui dit que quelque chose est étrange ici. Elle est bien plus grande qu’elle n’aurait dû. Plus puissante aussi. Et définitivement plus verte.
Elle ne sait pas exactement ce qu’elle aurait dû être, mais elle sait qu’elle ne l’est pas.
Enfin, peu importe. A pas délicats elle avance sur une branche et s’installe confortablement parmi les feuilles. Encore un peu de soleil, c’est si bon.
Sa longue langue creuse se déroule et va s’enfoncer dans les bourgeons tendres pour pomper un peu de sève. Pas mauvais. Mais encore une fois, ce n’est pas exactement comme ça que ça aurait dû se passer. Déjà, tout ceci manque de sucre. Ensuite, se nourrir n’est pas assez facile. Elle met du temps avant de se caler correctement l’estomac. Ensuite seulement elle prend le temps de vraiment regarder son environnement.
A présent qu’elle est éveillée, elle ne se rendormira plus jamais. Elle veillera sur sa fleur jusqu’à ce qu’elle fane, puis en créera un fruit, avant de faner à son tour. Sauf que cette fleur là, c’est un arbre. Autant dire qu’à l’échelle des fées, c’est une fleur absolument gigantesque, même pour une fée d’une taille plus que généreuse. En faire un fruit va demander un travail colossal.
La fée tapote l’écorce de sa nouvelle maison. Ce n’est pas grave si c’est long. Au contraire, passer plus de temps ensemble sera très agréable. Cet arbre lui plait beaucoup.
Elle lui annonce : « Tu vas t’appeler Le Plus Gros Fruit Que Le Monde Ait Connu !»
Le hêtre ne répond pas.
Elle prend ça pour un oui et se met à l’ouvrage.
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