L’acte de se dépasser soi-même est partout l’acte suprême, l’origine, la genèse de la vie. La flamme n’est pas autre chose qu’un tel acte. Ainsi, toute philosophie commence là où le philosophant se philosophie lui-même, c’est-à-dire se consume et se renouvelle en même temps. L’histoire de ce phénomène est la philosophie. Ainsi, toute moralité commence là où j’agis par vertu contre la vertu. Là commence la vie de la vertu, par laquelle la capacité s’accroît probablement à l’infini, sans jamais perdre une limite, c’est-à-dire la condition de la possibilité de sa vie. Toute vie est un surabondant phénomène de renouvellement qui n’a que d’un côté l’apparence d’une destruction. Le précipité de la vie est une chose vivante, susceptible de vie. Ce que la chaleur est à la flamme, l’esprit l’est à la vie. Novalis, Fragments, Librairie José Corti, 1992













