UN ÉLAGAGE ASSASSIN À CHABEUIL
L'immaturité de quelques sexagénaires sévèrement pignonnés en ville, notables locaux ornés du pouvoir qu'ils s'arrogent d'occuper à leur aise et à leur goût l'espace public, cette immaturité a posé à l'entrée de Chabeuil la fusée qu'on connait.
Bon...elle est là, gaminerie pesante, vigoureuse érection.
Alors il faut qu'on la voit, puisqu'elle manifeste et rend plus évidente cette loi du plus fort que ces grands enfants revendiquent. Alors, il faut qu'on la voit, plantée sur le rond point d'entrée de Chabeuil, à la croisée de routes de fort passage, celle qui entre en ville, et celle qui déleste les grands itinéraires de la vallée du Rhône. Du monde : conséquemment, il faut qu'on élague sévèrement les quelques jeunes arbres qui tentent encore de pousser là vaille que vaille mais qui encombrent le cadre de prise de vue de l'objet, c'est comme ça, rien à faire. Le Tour de France va filer par là le 23 juillet prochain , alors notables et élu.es n'ont plus qu'une consigne : dégagez moi ça, bien net derrière les oreilles, coupez court, messieurs des services techniques, qu'on voit bien l'objet publicitaire qui représente désormais Chabeuil.
Le rond point en question offre en effet depuis quelques jours le pitoyable spectacle qu'on voit ici, d'arbres mutilés, un bouleau et des chênes, tronçonnés à ras. Le souci de représentation des notables en question, associatifs ou autres, a rencontré la consigne des élus et abouti à ce spectacle, désespérant d'incompétence gougnafière.
Parce que ça ne se fait pas : on n'élague pas en cette saison, basta, à sève montante, les arbres en crèvent, ou s'en remettent très mal. En tous cas pas les bouleaux, qu'on ne taille jamais : ils ne supportent pas ça, ils pleurent toute la sève de leur corps et n'arrivent pas à combler les plaies que les massacreurs ont ouvertes. Les jeunes chênes sont plus résilients, mais ils vont passer une très sale année tout de même. Rien, pas de feuilles pour tirer leur sève vers le haut, pour croitre et embellir, rien pour jeter leurs jeunes pousses, plus rien pour grandir : les voilà crevards pour un moment, s'ils s'en remettent.
Ce n'est pas la première fois que ça arrive : en 2017 déjà, déjà hors saison d'élagage, les mêmes arbres avaient été victimes du même zèle municipal de tronçonnage forcené, déjà pour bien voir passer les mêmes foutues caméras du Tour de France. Depuis, ces chênes et bouleaux n'ont pu se développer que maigrement et chétivement, jusqu'à 2025 où on ne leur laisse plus aucune chance, comme on vient de voir. Autour de la scène du crime, on trouve en effet trois souches suintantes de sève, restes des victimes du régime d'élagage de nos spécialistes locaux.
Alban Pano, maire de Chabeuil, et sa déléguée à la végétalisation sont les premiers responsables de la chose, qui ont donné l'ordre aux services techniques d'agir. Ça figurait même en bonne place du programme électoral d'Alban Pano en février 2022 : 'embellir la ville pour prétendre au label ville fleurie'. Dans les premiers mois de leur mandat, il et elle ont logiquement décliné cette volonté de reconquérir la 'petite fleur' des villes fleuries, label national qui récompense les efforts des communes en la matière (Valence et Montélier : 4 petites fleurs et 2 à Montvendre, nib à Chabeuil, ça la fout mal). Il semble maintenant qu'il et elle ont dû renoncer à cet objectif : les services techniques sont dans un tel état (on y revient plus bas) que la tâche est devenue impossible.
Quoiqu'il en soirt, après le massacre des arbres du rond point, faut oublier ça, adieu la petite fleur, y'a pas un jury, notoirement composé de gens sérieux (voire sévères) pour marcher dans la combine de décorer une telle équipe, incapable à ce point de maîtriser le développement de la végétation en ville, se plaçant en contradiction flagrante avec la 'valorisation du patrimoine botanique' affichée par le label en question. Le massif arboré du rond point d'entrée de Chabeuil est plutôt pas mal, bien fourni et bien proportionné ; il ne demandait qu'à croitre et embellir, à un endroit où la ville accueille ses visiteurs, décor parfait où les services techniques pourraient faire la preuve de leur savoir-faire. Tout proche, sur la même route de délestage, Montélier réussit très bien ça, qui affiche dès ses abords son souci d'une végétalisation réussie, riche et variée, soignée. Qui en tire un fort bénéfice d'image. Eh bien Chabeuil fait tout le contraire quand on y fait crever avec autant de constance les jeunes arbres plantés là. Chabeuil : la ville du massacre arboré : adieu la tite fleufleur, pour sûr.
Coda : les coulisse du drame. Qu'on soit bien clair : les services techniques ne sont pas en cause dans cette affaire, qui font ce qu'ils peuvent, qui cavalent partout où on les appelle. A Chabeuil, les services vont mal, très mal, ça commence à se savoir. Dans l'administration et aux meilleurs étages, comme dans les services techniques, c'est la même triste chanson qui franchit les murs de la mairie : départs, burn-out, 'disponibilités', valse du tableau des emplois, resserrement des moyens à l'étage du maire, etc...les employés municipaux ne se privent pas pour confier à qui veut bien les entendre, et pour l'écrire aussi, l'état où sont réduites leurs équipes. Et à la fin, au bout d'une politique de gestion des services qui montre d'évidence ses limites, on fait du sale boulot...Inexcusable.
claude meunier











