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Song: I Smell A Rat - Patty Griffin
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Song: I Smell A Rat - Patty Griffin
chambre
Joë Bousquet, comme on sait, passa trente-deux ans alité, muré. En 1918, une balle allemande a sectionné ses quatrième et cinquième vertèbres, le clouant sur sonlit. Comme le souligne Maurice Nadeau sans sa préface à Papillon de neige : «Durant les trente-deux ans de sa vie d'écrivain, Joë Bousquet n'a cessé de s'interroger. Sur lui-même, sur le sens qu'il devait donner à la blessure reçue le 27 mai 1918 à Vailly et qui l'a rendu définitivement infirme, sur les pouvoirs de l'écriture dès lors qu'on entend la considérer comme moyen : celui d'un acte qui fait naître d'un même mouvement la parole et la vie. Il s'est toujours vu comme le lieu d'élection d'une naissance, à laquelle il participe mais comme catalyseur et qui permet au "je" qui l'accouche d'entreprendre une métamorphose.» Naissance, métamorphose ; le poète, dans sa chambre de Carcassonne, est en perpétuel mouvement. Il écrit à Hans Bellmer : «Ne vous représentez l'homme qu'associé à la planète dont le mouvement est enveloppé dans le carrousel céleste.» Comme le souligne si justement Maurice Nadeau, on a voulu voir dans l'oeuvre de Bousquet une mystique, une philosophie, une métaphysique teintée d'idéalisme. Mais par le mot «esprit», «il ne désignait pas autre chose que la prise de conscience à laquelle il se disait voué en ce qui regarde les courants mystérieux qui le traversaient».
Vincent Roy, Joë Bousquet lettres à une jeune fille, Artpress 351, Décembre 2008, p.72.