The power of the visible/is the invisible.
Marianne Moore, in He “Digesteth Harde Yron.”
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The power of the visible/is the invisible.
Marianne Moore, in He “Digesteth Harde Yron.”
Le projet d’Eliasson, c’est de nous fournir une expérience directe et non pas une expérience par procuration. Cette expérience directe ne vise pas telle ou telle Idée qui viendrait s’incarner dans le visible. Elle vise notre phénoménologie elle-même, celle qui construit notre être dans le monde (si l’on peut parler vaguement le heideggérien sans invoquer l’ensemble de sa pensée). Selon Eliasson, cette expérience de la forme même de notre phénoménologie est de nature à nous rendre plus perspicaces, plus aptes à percevoir par la suite (quels que soient les agencements, structures, actions, ou affects que nous aurons à percevoir). Il s’agit donc d’une sorte de métaperception. Or, le projet d’Eliasson a le mérite de montrer explicitement ce qui se passe en vérité lors de toute réception artistique. Tout comme Eliasson nous pousse non pas vers la perception d’un objet mais vers la perception elle-même, l’œuvre d’art (considéré sur le plan pragmatique et institutionnel) nous demande, en premier lieu, d’expérimenter l’expérience de jugement.
- Olafur Eliasson & Robert Irwin, « Take Your Time : A Conversation », dans Madeleine Grynstejn (ed.), Take Your Time : Olafur Eliasson, SFMOMA, London, Thames & Hudson, 2007 (cité dans Olafur Eliasson et la métaéthique de l’art par Ronald Shusterman) https://www.cairn.info/revue-nouvelle-revue-d-esthetique-2010-2-page-101.htm