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L'amour est une épreuve et on en est la preuve, t'es sentiments me font peur et j'ai honte quand tu pleur. #instasize #instalike #instamoment #mz #jesuisunmenteur #vraivie #instaverite
Le premier élément qui avait éveillé ses soupçons, c’est qu’on n’était pas vraiment au Nord, plutôt au centre. L’absence de voix ferrées aussi l’avait fait sourciller. Et puis il n’y avait quand même pas beaucoup de voyageurs, en ce samedi après-midi. Pas non plus de panneaux affichant le départ des trains, ni de haut-parleurs pour les annonces…. Mais alors se demandait Matthieu, pourquoi donc ce charmant couple de parisiens lui avait-il affirmé sourire aux lèvres que “oui oui c’était bien ici la gare du Nord” ?
Il faisait chaud, il faisait lourd et Matthieu n’avait plus de sandwich-triangles.
Le premier élément qui avait éveillé ses soupçons, c'est qu'on n'était pas vraiment au Nord, plutôt au centre. L'absence de voix ferrées aussi l'avait fait sourciller. Et puis il n'y avait quand même pas beaucoup de voyageurs, en ce samedi après-midi. Pas non plus de panneaux affichant le départ des trains, ni de haut-parleurs pour les annonces.... Mais alors se demandait Matthieu, pourquoi donc ce charmant couple de parisiens lui avait-il affirmé sourire aux lèvres que "oui oui c'était bien ici la gare du Nord" ?
Il faisait chaud, il faisait lourd et Matthieu n'avait plus de sandwich-triangles.
Depuis qu'il était rentré dans la Sexion d'Assaut, la vie de René avait changé du tout au tout. Fini les aprem galère à enchaîner les Rapido au bar du coin, fini les soirées Bingo avec le club, et les dimanche pétanque entre vieux croulants.
Désormais René faisait partie du crew Wati-B, il était "offishal". Abandonnant ses habitudes poussiéreuses il avait épousé cette existence nouvelle et excitante : les parties de Fifa avec Gimms, les sorties quad avec Lefa et les chicken chika avec Black M... Lui, "L'an-iens" comme les autres l'appelaient, se sentait retrouver ses 20 ans. Dans ce tableau presque parfait, un détail tout de même le chiffonnait. Un petit rien, une broutille infime qui faisait tâche et ne quittait pas son esprit : cette casquette rouge lui donnait-elle l'air cool, comme les gars l'affirmaient en hochant la tête d'un air entendu, ou parfaitement crétin, comme il le soupçonnait anxieusement ?
Dans son chemisier porte-bonheur, Sandrine suait à grosses goutes. Lorsqu'elle avait croisé ce groupe de militaires en patrouille il y a un instant, son coeur s'était mis à battre la chamade. Sa nervosité menaçait de la trahir à tout instant. Elle, si sage et que la vie avait toujours tenu à l'écart des remous et des houles n'aurait jamais pensé en arriver là. En fait jusqu'à ce qu'elle croise ce camion réfrigéré abandonné sur le bord de la départementale, le traffic de thon et autres scombridés restait pour elle un monde étrange aux codes obscurs et mystérieux. Et pourtant deux mois plus tard, elle traversait la gare Montparnasse d'un pas pressé, poussant devant elle son précieux butin. Sous le céllophane fin, dans sa valise noire, 15 kilos d'un Pathudo de choix. En bas de l'escalator, un riche investisseur prêt à des folies pour un morceau de la bête. Pour Sandrine, pas de doutes, si l'argent avait une odeur c'était celle du poisson.
Claude Marama ne savait même plus quand ni comment ça avait commencé. Tout ce qu'il savait c'est que chaque hiver c'était le même cirque. Alors que le haut de son corps souffrait des rudesses de la saison comme tout un chacun, ses jambes évoluaient dans un micro-climat perpétuel, un été sans fin qui le condamnait aux excentricités vestimentaires les plus répréhensibles. Ce soir, comme chaque soir en rentrant chez lui, il ouvrirait grand les fenêtres et réglerait le chauffage au maximum. Puis, après avoir sorti son cacolac du frigo, il y verserait une rasade de lait chaud, et se lancerait une fois encore à la recherche de l'insaisissable harmonie qui le delivrerait pour de bon de cette bipolarité anatomique dont il souffrait tant.