Wilflingen, Baden-Württemberg. December 2024 I started drawing in thick fog which cleared to reveal each building one at a time.

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Wilflingen, Baden-Württemberg. December 2024 I started drawing in thick fog which cleared to reveal each building one at a time.
Philosophische Pilgerreisen #1: Ernst-Jünger Haus in Wilflingen.
ECRITS D’EXIL (Extrait n°21)
Pour contribuer à la réédition des « Ecrits d’exil », rendez-vous sur :
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Ce petit extrait concerne un aspect des conditions de vie des membres « Schlafende » de l’ancien gouvernement de Vichy déplacés par les Allemands du château de Sigmaringen vers celui de Wilflingen (« D’un château l’autre », comme l’écrivit Louis Ferdinand Céline):
… Le Baron nous avait accueillis de la façon la plus courtoise, mais avec une certaine réserve dont il se départit quand un courant de sympathie se manifesta entre notre groupe et sa nombreuse famille. Nous étions les troisièmes occupants qu’il devait héberger depuis quelques mois ; il avait d’abord reçu les princes de Hohenzollern après les évènements de la défection de la Roumanie, puis une formation de la Milice française, enfin nous. Lui-même faisait l’objet d’une surveillance à raison de ses liens de parenté qui l’unissaient au Colonel de Stauffenberg, cet officier mutilé qui avait fait exploser une bombe dans le cabinet d’Hitler, au Quartier Général ; son père, dont il conservait les traditions et les sentiments, avait été un des leaders du parti catholique ; lui-même était profondément monarchiste et s’était tenu à l’écart de la politique depuis l’avènement du nazisme ; grand blessé de guerre, il marchait difficilement, appuyé sur une canne et vivait en gentilhomme campagnard, dirigeant une vaste exploitation agricole, la plus importante de la région. Il avait une nombreuse famille dont les membres étaient venus se réfugier à Wilflingen quand Stuttgart et les autres grandes villes du Sud avaient été soumises à l’épreuve de la destruction ; tout ce monde vivait dans la maison de son intendant, en face du château, et toutes les générations de Stauffenberg et de Metzingen étaient représentées.
Le château de Wilflingen
Il restait, pour la population rurale, catholique pratiquante et traditionaliste, le chef et le maître respecté et vénéré ; il n’y avait à Wilflingen et aux environs que trois personnes qui comptaient : le Baron, le curé et l’ancien bourgmestre remplacé par un nazi auquel on ne concédait aucune importance ; les paysans souriaient malicieusement quand ils voyaient leur nouveau bourgmestre et son frère (les deux seuls membres du parti à Wilflingen) peindre, sur les portes des granges, les W barrés des « Wehrwölfe ». Le Baron, qui parlait un français très pur et aimait venir bavarder avec moi à la bibliothèque, était inépuisable quand il évoquait les souvenirs de ses ancêtres, de sa jeunesse, d’une Allemagne que j’avais connue et d’une Europe en train de disparaître ; sa culture était vaste, son esprit judicieux et il avait une vue prophétique des évènements futurs qui diviseraient les vainqueurs, impuissants à combler le vide créé par la disparition du centre de gravité du vieux continent.
Il me pria d’occuper mes instants de loisir à perfectionner dans la langue française un de ses petite fils, Peter von Metzingen, jeune homme de 17 ans qui devint rapidement un compagnon de promenade fort agréable ; il était ouvert, intelligent, sportif, d’une juvénile fraîcheur de sentiments et d’esprit curieux ; il allait être mobilisé et il aurait, sans doute courageusement servi sa patrie dont les dirigeants se montraient singulièrement ingrats vis-à-vis de sa famille qui avait contribué à sa grandeur passée. Le désastre d’Avril 1945 a préservé son adolescence prometteuse.
Peter von Metzingen, qui servait de commissionnaire, se rendait souvent à bicyclette dans le village voisin d’Herrlingen où ses parents avaient un domaine ; le Maréchal Rommel s’était retiré à Herrlingen depuis l’accident d’automobile survenu en France, près de Livarot, qui l’avait privé de son commandement. Participa-t-il au complot dont Stauffenberg fut le principal acteur ? On commençait à murmurer, avec beaucoup de circonspection, que la version officielle de sa mort, ne correspondait pas à la réalité ….
(à suivre… si et lorsque les « Ecrits d’exil seront réédités)
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Jünger Haus à Wilglingen.
Esnst Jünger y vécut de 1951 à sa mort en 1998.
Bureau. Détail du siège dans lequel Ernst Jünger écrivait.
Crédits : Bernard Vanel
Jünger Haus à Wilglingen.
Esnst Jünger y vécut de 1951 à sa mort en 1998.
Bureau. Ernst Jünger affectionnait particulièrement cette pièce où il travaillait aussi bien à ses écrits qu'à la mise au point de ses collections entomologistes. De nombreux souvenirs, fortement symboliques occupent les étagères et les murs.
Crédits : Bernard Vanel
Jünger Haus à Wilglingen.
Esnst Jünger y vécut de 1951 à sa mort en 1998.
Collections entomologistes. Connu du grand public pour son oeuvre littéraire et particulièrement ses journaux, Jünger fut reconnu par ses pairs comme un grand entomologiste. Il se livra toute sa vie à ce qu'il nommait la "chasse subtile".
Crédits : Bernard Vanel
Jünger Haus à Wilglingen.
Esnst Jünger y vécut de 1951 à sa mort en 1998.
Salon de réception. Deux côtés de la pièce sont occupés par la bibliothèque d'histoire de l'art. Jünger, qui tenait beaucoup aux traces de la beauté dans le monde, a accordé une large place à l'art dans son oeuvre.
Crédits : Bernard Vanel