Taxe rose, woman tax, marketing genré, prix psychologique… être une femme coûte cher, et même bien plus cher à produits identiques qu’à un homme. Il y a celles que ça énerve, ceux qui n’y croient pas, les autres qui s’en fichent, et ceux qui le justifient sur des marchés arrivés à maturité. Faites-vous un avis en regardant le reportage abouti de Camille Roperch sur FRANCE 5 : le prix a-t-il un sexe ?
Associations, sociologues, marqueteurs, experts, gouvernement, tout le monde est sur le pont pour nous permettre de comprendre les origines d’une discrimination économique, aux conséquences multiples, qui dépassent largement un simple code couleur [bleu/rose]. Selon Anne Dafflon Novelle, ce n’était pas le cas il y a deux décennies et, pourtant, aujourd’hui les enfants naissent dans une société non mixte, aux univers segmentés.
Alors que sur la même période, on nous bassine à longueur de journées de discours et initiatives placebos à propos de l’égalité des sexes.
En France, Georgette Sand veille au grain depuis 2014. Aux Etats-Unis, à New-York, les prix genrés sont interdits dès 1995 dans les salons de coiffure, esthétique et pressing. Mais une vaste enquête, de décembre 2015, révèle que des articles de grande conso similaires coûtent en moyenne 7% de plus aux consommatrices. Alors Julie Menin, Responsable consommation de NYC, a envoyé des lettres aux industriels, afin qu’ils ‘corrigent leur copie’, mais pour l’heure rien n'a changé d’après le documentaire.
Bref, difficile de reprocher aux entreprises ce pourquoi elles sont faites : se développer. Plus de revenus ce sont plus d’investissements, d’innovations, d’emplois, et de dividendes, évidemment… [En cédant à la tendance il y a 4 ans LEGO, pourtant si fier et unisexe jusque là, a vu son C.A bondir de +52%].
Il n’empêche qu’aujourd’hui, plus que jamais, on peut s’interroger sur la valeur et l’influence des messages qu’envoie une démocratie occidentale où l’égalité homme/femme, pourtant principe fondamental, reste une promesse électorale vacante, voire un voeu pieux. Avant de donner des leçons, le pays des [feues] lumières devrait commencer par se demander s’il a les fesses propres... y’a du boulot.
Sources : France 5 - NYC Consumer Affairs.
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