Palais Granvelle - Besançon

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Palais Granvelle - Besançon
Courte Histoire de la Princesse de Condé
Partie Première
Sous le règne de Charles IX, déjà affligé de maladie, durant la grande guerre civile opposant catholiques et huguenots, le peuple de France souffrait des violences des hommes puissants de même que les dames les plus belles et les plus honnêtes de la cour souffrirent les passions des princes pour la guerre, l’amour ou la religion.
La cadette de la maison des Clèves, à la mort de ses parents, avait été laissée à la reine de Navarre, sa tante, qui donna beaucoup de ses soins à l’éducation de sa nièce. Cette jeune fille devint un joyau de beauté, d’esprit, qualités dont elle était dotée naturellement ; et ne se suffisant pas qu’elle fut des plus aimables, sa tante lui inculqua bien les principes rigoureux du calvinisme et de la vertu. Mlle de Clèves était promise depuis son enfance au prince de Condé son cousin.
[...]
Courte Histoire de la Princesse de Condé
J’improvise un petit résumé de ma nouvelle, pour appâter les potentiels lecteurs.
Au matin de l’année 1572, la ravissante Marie de Clèves arrive à la cour pour s’y marier avec le prince de Condé. Elle fait la connaissance des plus grands de France, y compris, et même surtout, le duc d’Anjou.
Je peux pas en dire plus, sinon je dévoile tout !
Aussi, je voudrais remercier la première personne à s’être abonnée : @nimusicaltrash ! C’est une personne extrêmement soyeuse (malheureusement je peux pas augmenter sa popularité puisque la mienne, et bien... oui voilà)
Courte Histoire de la Princesse de Condé
Partie Première, suite 2
[...]
Une nuit, peu de jours après ce mariage, alors que les deux partis semblaient en bons termes, la maison des Guise mena une battue aux huguenots de Paris, et M. de Condé fut enlevé et emprisonné. Pendant un mois, il resta captif. Pour être libéré, il lui fallut se convertir à la foi catholique, et sa femme y fut contrainte elle aussi. Leur mariage se célébra de nouveau sur l’injonction du Saint-Siège.
Après des mois de présence peu assidue, Mme de Condé reprit définitivement sa place à la cour. Elle fréquentait régulièrement la cour de la Reine, et était aussi assez appréciée de la Reine mère. Partout où elle allait, le duc d’Anjou semblait la suivre ; il restait souvent auprès de la Reine, avec qui la princesse de Condé entretenait jusqu’au soir. Sa présence constante pesait à la princesse et l’embarrassait. La cour toute entière, au contraire, s’émerveillait en imaginant ce joli couple, n’ayant que faire des avis du prince de Condé sur la question qui, en plus d’être le chef des ennemis, ne pouvait être qualifié de bien fait. Tous admiraient aussi la vertu qu’ils voyaient en la jeune femme, qui essayait d’éviter celui qui la voulait pour maîtresse du mieux qu’elle pouvait. Le duc d’Anjou avait cependant tout le pouvoir auquel il pouvait prétendre en sa qualité de prince dauphin, et il réussit à inviter la princesse dans un cabinet privé, prétextant vouloir entrer en contact avec les chefs huguenot, amis de son mari qu’elle connaissait de vue, afin d’adoucir les relations entre les deux partis. Elle songea à refuser, craignant l’embarras dans lequel elle se trouverait en restant seule avec ce prince, mais ses sœurs, à qui elle s’était confiée, la pressèrent d’accepter ce rendez-vous, si bien qu’elle y consentit finalement.
Le duc d’Anjou remarqua bien les signes de malaise que donnait la princesse, il expliqua donc en ces mots les raisons de cette entrevue :
« J’ai jeté sur vous mon dévolu, Madame.
[...]
Courte Histoire de la Princesse de Condé
Partie Seconde, suite 5
[...]
Mlle d’Ayelle s’étonna de se voir demandée par le Roi, et elle fut reçue dans le même petit cabinet où, un an plus tôt, le jeune homme, alors duc d’Anjou, se liait d’amitié avec la princesse de Condé. Il expliqua à son invitée que la princesse était gravement malade, retenue par son mari au château de Condé, et qu’elle voulait connaître les véritables sentiments de la demoiselle à son égard. Mlle d’Ayelle lui rappela la lettre lue à la Reine mère, qui était la preuve que les deux jeunes gens s’aimaient, et une violente jalousie envers le Roi s’empara d’elle à ce souvenir. Mais le douloureux ressentiment fut rapidement éteint par les raisons de cette demande, qui avait d’ailleurs été refusée. Le Roi avoua tout le stratagème à Mlle d’Ayelle et lui confia son inquiétude concernant la santé faiblissante de son amie, qu’il ne pouvait aller visiter à cause de la guerre civile qui faisait encore rage et qui l’accaparait.
Mlle d’Ayelle se dépêcha d’écrire à la princesse de Condé toutes les excuses du monde et de la plus jolie manière. Sa passion lui inspira tout le lyrisme dont la princesse était digne, et elle glissa dans sa lettre fleurs de violettes et pétales de lys.
En ouvrant cette enveloppe gonflée par tout son contenu, la princesse de Condé se senti vivre de nouveau, comme la douleur infligée par sa passion était la plus grande cause de son mal. Les sentiments provoqués par sa lecture furent aussi puissants et eurent les mêmes effets en elle que la collision de deux astres ; l’événement semble destructeur, mais il a en réalité le pouvoir de créer un monde nouveau. Elle y répondit par l’expression de sa joie immense et de son soulagement d’avoir la preuve tant attendue de l’amour que lui portait Mlle d’Ayelle.
[...]
Courte Histoire de la Princesse de Condé
Partie Première, suite 6
[...]
Lorsque la cour fut de retour à Paris, Mme de Condé écrivit au plus vite une lettre destinée au roi de Pologne pour lui faire part de ses récentes résolutions. Il lui répondit qu’il ne comprenait pas sa volonté de taire sa passion pour Mlle d’Ayelle. Comme elle insistait et que sa décision de renoncer à l’amour semblait inflexible, il proposa à la princesse de rompre le mariage qui la liait et la faisait tant souffrir pour la prendre lui-même pour femme et la faire Reine de France à ses côtés lorsqu’il prendrait la succession de son frère, que l’on savait mourant. Ainsi, elle aurait pu voir qui elle voulait sans avoir à se soucier de ces embarras de fidélité envers un mari qui n’était pas digne de son amour. Cette idée réveilla de nouveau la passion que la princesse avait tenté d’endormir, et elle alla trouver celle qui l’animait. Elle s’excusa à profusion du peu d’attentions qu’elle lui avait données ces derniers mois.
« Madame, sachez que votre indifférence fut le pires des châtiments au monde, répondit Mlle d’Ayelle. Mais en revenant à moi, vous confirmez tous les espoirs que j’entretenais, vous faites de moi la plus heureuse des femmes. »
Elles passèrent plus de temps ensemble qu’elles ne l’avaient jamais fait et tout allait pour le mieux. Ces deux princesses se retrouvaient dans les jardins, elle y flânaient entre les fleurs, sous les figuiers. Les cerisiers blanchissaient et leurs joues rougissaient sous le soleil ou sous le regard de l’aimée sans que différence soit faite entre ces deux sources de lumière. Le soir, lorsque le ciel s’assombrissait, Mme de Condé demandait d’où venaient les étoiles, et de quoi tenaient-elles leurs grands pouvoirs de prédiction. Mlle d’Ayelle lui répondait que les étoiles étaient comme des soleils bien plus lointains, et, comme l’astre du jour représentait la vie, ceux de la nuit étaient peut-être les défunts qui, derrière le voile noir, indiquaient le chemin à suivre.
– Quelle route devons-nous donc emprunter pour poursuivre notre aventure ?
– Si j’en crois les mouvements de l’étoile la plus brillante, celle qui se tient devant moi, il nous faut continuer sur cette agréable route que nous arpentons déjà.
La princesse de Condé lui demanda quelle était leur destination, elles ne la connaissaient pas, mais elles imaginaient un paisible jardin, bien loin des tumultes de la guerre et de la cour.
Courte Histoire de la Princesse de Condé
Partie Première, suite
[...]
Quand la reine de Navarre considéra avoir parfait son éducation, elle envoya sa nièce à la cour de Paris rejoindre ses deux sœurs aînées. Dès son arrivée, sa beauté attira les regards et suscita l’admiration. La Reine l’accueillit avec chaleur et la fit une de ses demoiselles d’honneur. Les rapports entre catholiques et huguenots semblèrent aussi se réchauffer à son arrivée et le traité de mariage entre Madame et l’héritier au trône de Navarre fut ratifié. Celui de Mlle de Clèves avec le prince de Condé devait avoir lieu quelques temps après, mais la mort soudaine de la Reine de Navarre déstabilisa grandement le parti huguenot, de telle sorte que le mariage fut précipité. Il se célébra mode-stement malgré la grande qualité des époux, dans le plus grand respect des rites calvinistes, une semaine avant la grande fête organisée à Paris pour les noces du nouvellement couronné Roi de Navarre, durant laquelle les huguenots les plus notables dansèrent aux bals avec les dames de la cour de France. La princesse de Condé fit grande impression parmi les princes, et le duc d’Anjou ne la quitta pas des yeux durant toute la première soirée. De même qu’elle, il avait tous les agréments nécessaires à l’amour, aussi n’attendit-il pas pour la saluer et se présenter à elle. La princesse de Condé se trouva assez embarrassée lorsqu’il lui proposa de danser. La dame la plus aimable avec l’homme le plus aimable, l’assemblée fut plus que ravie de voir ce couple magnifique. Mais le prince de Condé, qui observait la scène avec beaucoup plus de déplaisir, ordonna à sa femme de se retirer dans ses appartements avant la fin des festivités en prétextant de se sentir mal. Tous festoyèrent encore pendant plusieurs jours. Catholiques et huguenots rivalisaient de créativité et d’adresse pour présenter les plus somptueux banquets et les plus fabuleux spectacles.
[...]
Une chouette BD à découvrir