Looongtemps après notre première rencontre aux Docks, j’ai enfin eu l’occasion de revoir les zurichoises sympas de Zayk en concert au Romandie. Cette fois, nous avons fait une interview en bonne et due forme avant leur passage sur scène en ouverture de Kikagaku Moyo. Il faisait très chaud ce jour-là, à l’intérieur de la salle comme à l’extérieur, mais le groupe a donné un super concert malgré tout. Rejoignez-nous alors que nous parlons du fait de trouver un équilibre entre les études et les boulots tout en gardant la musique comme priorité, le nouvel album du groupe Durch den Äther, de chansons avec ou sans voix, et bien plus encore.
Avant de commencer à parler de votre musique, je voulais apprendre à mieux vous connaître. À quoi ressemble votre vie à Zürich ?
Juliette : Nous sommes toutes soit étudiantes, soit nous travaillons. J’ai fini mes études il y a un an, et depuis je travaille un peu. Je commence un vrai travail. Genre, à 60%, mais un vrai job ! (rires)
Nina : Nous sommes toutes dans des domaines très différents. Les arts, la médecine naturelle, la politique, le social… et je suis en train de me former pour devenir professeur d’anglais.
Sophie : Et je pense que- il y a le travail, et puis il y a la vie. Le groupe nous rassemble, mais nous avons toutes des vies différentes et d’autres projets.
Est-ce que c’est parfois compliqué de s’organiser ? Par exemple, lors de votre tournée en Angleterre ?
Eliane : Oui bien-sûr, c’est notre plus gros problème !
Juliette : Le désavantage à être cinq dans un groupe, c’est que c’est très difficile d’organiser les choses.
Nina : Mais à la fin cela finit par marcher parce que nous en avons vraiment envie. Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour cela.
Juliette : C’est une question de priorités en fait. Savoir que le groupe est l’une des premières priorités après gagner de l’argent pour survivre.
Eliane : Nous avons organisé la tournée avant la fin du semestre, de telle manière à ce que nous ayons ensuite 3 ou 4 semaines pour finir nos études. Donc nous n’avons pas beaucoup travaillé le mois dernier, mais maintenant nous sommes à nouveau sur la bonne voie !
Parlons de votre disque Durch den Äther. Pourriez-vous m’en dire plus sur le titre ?
Sophie : Eh bien, de mon point de vue, ce titre est venu parce que parfois nous étions assises ensemble en-dehors de notre local de répétition. Nous étions peut-être fatiguées, et ensuite quelqu’un a dit « allez, faisons un autre jam ! » - jouons à travers ce moment de flottement, voyons ce qui se passe.
Juliette : Oui, jouons à travers l’Äther ! Ce mot signifie beaucoup de choses. C’est la substance immatérielle, l’espace, l’air, les ondes radio…
Janine : Quelque chose qui dérive.
Juliette : Aussi, les Kraftwerk parlent de l’Äther dans l’un de leurs albums. C’est un peu drôle et ironique, parce que ce titre est tellement Kraut- nous nous moquons un peu de nous-mêmes parce que nous avons beaucoup d’influences Kraut.
Vous avez enregistré le disque dans un studio avec un nom chinois- Zi Jin Cheng. Quel était votre état d’esprit lorsque vous êtes entrées en studio, comparé au précédent disque ?
Eliane : Nous avons enregistré le premier dans notre local de répétition, c’est l’une des principales différences.
Nina : Pour le second disque, nous avons passé une semaine en studio. Nous étions toutes les cinq sur place constamment pendant cinq-six jours, et il n’y avait rien d’autre à faire.
Juliette : Ouais, nous dormions sur place, nous mangions sur place… Nous nous réveillions le matin, nous prenions le petit-déjeuner puis nous commencions à jouer.
Nina : Nous nous sommes dites, « voyons ce qu’il se passe pendant ces six jours ».
Aviez-vous déjà des idées lorsque vous êtes entrées en studio ?
Nina : Oui-
Janine : Non- (rires) C’était plutôt comme un jam pour moi. Je savais ce que j’allais jouer lors du premier disque, mais pour le second j’étais très libre.
Juliette : C’est une collection de jams que nous avons toujours joués. Ces sons n’étaient pas encore des chansons.
Eliane : Elles étaient encore en construction.
Juliette : Et ensuite, cela s’est en quelque sorte mis en place dans le studio. Les chansons ont beaucoup changé en studio, au fur et à mesure qu’on les jouait. C’est toujours lors d’un moment qu’il y a le déclic. Alors nous avons enregistré ces moments.
Il n’y a pas de voix sur la plupart de vos chansons. Est-ce que c’est venu naturellement, ou est-ce que c’est un choix que vous avez fait ?
Sophie : Ce n’était pas un choix. Parfois cela arrivait lorsqu’on jammait, mais ce n’est pas comme si on voulait être un groupe sans voix. Au début, c’était surtout parce qu’on voulait apprendre à jouer correctement de nos instruments d’abord.
Juliette : Oui, jouer et chanter en même temps est vraiment difficile- nous ne jouions pas si bien de nos instruments, alors il n’y avait pas de place pour la voix.
Sophie : Et cela n’a jamais vraiment été un truc qu’on fait. Personne n’a dit « hé, écris quelque chose ». Cela ne s’est simplement pas produit.
Eliane : Je pense que notre but principal est plus vers la musique elle-même, une atmosphère. Nous ne voulions pas transmettre de message via la voix.
Nina : Mais cela ne veut pas dire que nous n’allons pas le faire dans le futur, c’est juste la manière dont cela se développe. Peut-être que cela va se produire à un moment. En fait, c’est déjà le cas.
Janine : Nous avons une nouvelle chanson avec des voix.
Nina : Cela dépend vraiment de la manière dont on écrit, et ce qui vient sur le moment.
Pouvons-nous parler d’une chanson sur l’album en particulier ? J’aime beaucoup Keetra. Quelle est l’histoire derrière la chanson ?
Eliane : C’est marrant que tu aies choisi celle-là ! J’imagine que c’est un peu la chanson qui connecte le premier au second album. Nous la jouions déjà lorsque nous étions en tournée avec notre premier album, mais nous ne l’avons jamais enregistrée.
Juliette : Ouais, elle est plus anciennes que les autres en fait !
Eliane : C’est juste rigolo parce que nous ne la jouons pas souvent, parce qu’elle fait partie de nos chansons plus anciennes. Peut-être pourrions-nous la jouer ce soir ?
Janine : Je n’étais pas sur place au début, j’étais en Inde. Lorsque je suis revenue, la chanson était déjà là. Je n’avais qu’à ajouter le synthé, mais je n’étais pas là lorsqu’elles l’ont composée.
Juliette : Je pense que c’était le moment où nous avons fait un peu de progrès avec nos instruments, et nous sommes parvenues à jouer plus vite.
Eliane : La première fois que nous avons joué cette chanson, c’était un peu fatiguant pour nous toutes je pense !
Nina : Si je m’en souviens correctement, c’était la première chanson que nous avons écrite après le premier album.
Enfin, que pouvons-nous espérer de Zayk dans le futur ?
Juliette : Plus de musique, plus de concerts…
Sophie : Plus de blagues !
Eliane : Tant que nous aimons faire ce que nous faisons, nous allons continuer.
Juliette : C’est dans le flash. Si nous flashons encore, c’est ok ! (rires)
A looong time after our first encounter at Les Docks, I finally managed to catch the Zurich-based band Zayk live again at Le Romandie. This time, we did a proper interview before the band’s gig- they were opening for Kikagaku Moyo. It was very hot that day, both in and out of the venue, but they did a great show regardless. Join us as we talk about balancing lives between studies, day-jobs and music as priority, their second record Durch den Äther, songs with or without vocals, and much more.
Before we start talking about your music, I wanted to get to know you better. What’s your life like in Zurich?
Juliette: We are all studying or working in very different fields. I finished my studies a year ago, and since then I’ve been working a little bit. I start a real job next month. Like, 60%, but a real one ! (laughs)
Nina: We all are in very different fields. Art, natural healing, politics, social… and I’m training to become an English teacher.
Sophie: And I think that- there is work, and then there is life. The band fits us together, but we all have different lives and other projects.
Is it sometimes complicated to make things work for everyone? For example, when you had to tour England?
Eliane: Yes of course, that’s our biggest problem!
Juliette: The disadvantage of being five in a band is that it’s really hard to organize things.
Nina: But in the end it all works out because we really want to do it. We put everything we can into it.
Juliette: It’s a question of priorities really. To know that the band is one of the first priorities- after getting money to survive of course.
Eliane: We organized the tour before the end of term, so that we had 3 or 4 weeks to finish our studies afterwards. So we didn’t work a lot last month, but now we are back on track!
Let’s talk about your record Durch Den Äther. Could you tell me more about the title?
Sophie: Well, from my point of view, it came out because sometimes we were sitting outside the rehearsal space. We were maybe tired, and then someone said “come on, let’s do another jam!”- let’s play through this, see what happens.
Juliette: Yeah, let’s play through the Äther! It means a lot of things. It’s the non-material substance, the space, the air, the radiowaves…
Janine: Something that drifts.
Juliette: Also, Kraftwerk talk about Äther in one of their albums. So It’s a bit fun and ironic, because it’s so Kraut- we laugh a little bit about ourselves because we have a lot of Kraut influences.
You recorded it at a studio with a Chinese name, Zi Jin Cheng. What was your state of mind when you entered the studio, compared to your previous record?
Eliane: We recorded the first one in our rehearsal room, that’s one of the main differences.
Nina: For the second one, we spent one week in the studio. The five of us were there all the time for five-six days, and there was nothing else to do.
Juliette: Yeah, we slept there, we ate there… We woke up in the morning, ate breakfast and then started playing.
Nina: We thought, “let’s see what happens during those six days”.
Did you have ideas already when you entered the studio?
Nina: Yes-
Janine: No- (laughs) It was more like jamming for me. I knew what I played in the first album, but in the second one it was very free.
Juliette: It’s a collection of jams that we always played. These sounds were not songs yet.
Eliane: They were still in progress.
Juliette: And then, it kind of came together in the studio. The tracks changed a lot in the studio as we played them, it’s always one moment. So we recorded these moments.
There are no vocals on most of your songs. Did it come naturally or is it a choice that you made?
Sophie: It was not a choice. Sometimes it happened while we were jamming, but it’s not like we want to be a band without vocals. In the beginning, it was a lot about getting okay and learning how to play our instruments first.
Juliette: Yes, playing and singing at the same time is really difficult- we didn’t play our instruments so well, so there was no space for voice.
Sophie: And it was never a thing to say “hey, write something”. It was never a thing to do this together. It just didn’t happen.
Eliane: I think our main goal is more about music, an ambiance. We didn’t want to transmit a message via vocals.
Nina: But it still doesn’t mean that we won’t do it in the future, it’s just the way it develops. Maybe it’s gonna happen at some point. Well it is, actually.
Janine: We have a new song with vocals.
Nina: It really depends on how we write and what comes up in the moment.
Can we talk about one song from the album in particular? I really like Keetra. What’s the story behind the song?
Eliane: That’s funny that you chose this one! I guess it’s kind of our connecting song from our first to our second album. We were already playing it when we were on tour with our first album, but we never recorded it.
Juliette: Yeah, it’s older than the others actually!
Eliane: It’s just funny because we don’t play it often, because it’s part of the old stuff. Maybe we could play it tonight?
Janine: I think I was away at the beginning, I was in India. When I came back, the song was already there. I just had to add the synth to it, but I was not there when they created it.
Juliette: I think it was the moment where we made a little progress with our instruments, and we managed to play faster.
Eliane: The first time we played this song, it was a bit exhausting for all of us I think!
Nina: If I remember correctly, it was the first new song that we wrote after the first album.
Finally, what can we expect from Zayk in the future?
Juliette: More music, more concerts…
Sophie: More jokes!
Eliane: As long as feels good to continue doing what we do, we’ll just keep going.
Juliette: It’s about the flash. If we’re still flashing around, it’s ok! (laughs)
Je suis allée au concert des potes zurichoises de Zayk mercredi dernier, en ouverture de Kikagaku Moyo au Romandie ! Elles ont assuré malgré une chaleur ambiante très forte, voici quelques photos !
I went to my Zurich friends Zayk concert at Le Romandie last Wednesday. They were opening for Kikagaku Moyo, and they nailed it despite how hot it was in the venue. Here are a few pics.