ZEBRAQUEEN — ZEBRAQUEEN NO THEME
Entrée en rotation : 22 mai 2010
Passage en classique : 4 septembre 2010
Meilleure position : 8e (une fois)
Dernière position : 11e
Je risque de pas mal me répéter dans l’article d’aujourd’hui, parce que, dans les grandes lignes, la proposition derrière ZEBRAQUEEN NO THEME est la même que celle de NAMIDA ~Kokoro abaite~, qu’on a vu précédemment. Même interprète, même concept, même film, ce qui me pousse à vous inviter plus fortement encore que d’habitude à aller lire l’article que j’ai mis en lien plus haut.
Rappel rapide pour les pressés ou les paresseux : ZEBRAQUEEN est un personnage du film ZEBRAMAN 2, interprété par l’actrice Riisa Naka, dans un délire très inspiré de Lady Gaga, et c’est tout ce que vous avez vraiment besoin de savoir, le reste, la partie vraiment dingue, j’en ai déjà parlé et c’est pour ça que je vous recommande de lire l’article précédent.
Cependant, j’ai dit plus haut que c’était la même chose dans les grandes lignes, et j’ajouterai : seulement dans les grandes lignes. En y regardant de plus près, on trouve des différences, dont la plus importante : la conception. C’est dans le titre : ZEBRAQUEEN NO THEME, littéralement le thème de ZEBRAQUEEN, est la déclaration directe de ce qu’est ZEBRAQUEEN, conceptuellement.
C’est du coup plus concentré, plus direct, parce que le but est d’affirmer son identité dans les quatre minutes que durent le morceau et qu’il va pour cela falloir aller à l’essentiel, histoire de faire un truc qui puisse dire tout ce qui a besoin d’être dit. On reste dans le gros son club de la fin des années 2000, les inspirations sont claires -je suis persuadé qu’il y a un peu de Poker Face dans la ligne de basse comme je suis persuadé que je serai le seul à l’entendre- mais, et c’est la différence avec NAMIDA, il y a un peu plus qu’une ligne rythmique qui tape noyée dans beaucoup de bruit.
Par exemple, il y a une ligne de synthé, qui va à peu près rester dans la chanson du début à la fin, une montée conquérante et un peu sinistre qui va, en plus de donner le ton, apporter une fondation, un ressort mélodique sur lequel la chanson va pouvoir s’appuyer pour partir dans ses délires les plus extravagants.
On se retrouve comme ça avec une montée d’orgue incroyablement baroque juste avant le refrain, qui marche exceptionnellement bien et qui va donner un air de grandeur et d’importance qui colle tout à fait au personnage de ZEBRAQUEEN. Il y a un autre emprunt au classique plus tard, avec de la timbale guerrière dans le milieu du deuxième couplet, mais ce n’est évidemment pas là que se trouve le gros du travail de caractérisation.
J’ai dit dans l’article sur NAMIDA que Riisa Naka manquait de peu la justesse, et c’est toujours vrai ici, et ça s’entend beaucoup dans le refrain. Mais, parce qu’il y a derrière un dispositif musical stable, qui va la soutenir et continuer d’accrocher tout le long, elle va pouvoir explorer, chercher quelque chose, et surtout en faire des caisses, aller à fond, quitte à pousser le tout trop loin au point de perdre, et si ce n’est pas génial, c’est au moins intéressant.
A vrai dire, le gros point de contention, ça va être un pont peu inspiré et répétitif, un gros trou au milieu d’une chanson qui semble pourtant capable d’en faire pas mal. Ce n’est pas un moment calme, il n’y a pas de grosse chute d’intensité qui ferait anticiper le final, c’est juste du brodage, comme un lorem ipsum au milieu d’un texte, qui remplit l’espace mais qui ne dit rien. Il y a presque un amateurisme dans tout ça qui surprend, autant qu’il déçoit.
Encore une fois, c’est fait pour évoquer la grande pop plus que pour en être, c’est une copie, appliquée certes mais une copie, faite pour donner de la texture à l’univers d’un film. Traité comme de la pop normale, c’est agressivement moyen. Comme un délire, c’est tout à fait respectable, et je suis toujours paumé lorsque vient le moment de conclure, comme un type à qui on demanderait si un zèbre est blanc à rayures noires ou noir à rayures blanches.
Visons-le milieu, et advienne que pourra.