Les fous de Vincent



#iwtv#interview with the vampire#the vampire armand#assad zaman


seen from Türkiye
seen from Germany
seen from China
seen from Brazil
seen from Tunisia

seen from United Kingdom

seen from Germany
seen from United Kingdom
seen from T1

seen from Türkiye
seen from Philippines
seen from Germany

seen from Brazil
seen from United States
seen from Italy
seen from China
seen from United Kingdom
seen from Vietnam

seen from Germany

seen from United Kingdom
Les fous de Vincent
J’aimerais que les nuits qui vont du dimanche au lundi soient simplifiées, par exemple par un sommeil de plomb. Au lieu de ça je me bouffe les cuticules, je m’invente des dialogues, des conversations qui virent au drame, quand les vérités sortent toutes seules en bombe en déchiquetant le silence, pulvérisant l’harmonie.
Depuis une semaine, les mots ne viennent plus, la source semble tarie et je ne trouve aucun charme à cette jachère.
B. me dit de snober mon texte, il finira bien par me réclamer.
Je me demande si c’est juste mon cerveau du moment, des jours pré-monstrueux qui déloge toutes les idées pour les remplacer par des fringales, des petits drames qui caracolent dans la région des urgences en attendant le sang.
Je me lis, je me relis, jusqu’à ne plus comprendre le sens des mots, je finis par ne voir qu’une bouillie impudique et ça me braque.
Je l’explique à B, je me tape une crise de « pour qui tu te prends ? » j’ai peur de proposer les meilleures pages de mon skyblog là où j’ai imaginé de la littérature.
C’est comme si je me pimpais pour sortir, je mets une robe qui me flatte, je valide mon reflet, je me jette dans les rues ensoleillées avec toute la confiance du monde, heureuse de ne pas avoir à penser à mon image. C’est alors que je me rends compte que la robe est transparente, que je suis indécente, pas à cause de la quasi-nudité mais plutôt de la honte que j’en tire. Alors l’histoire de ma confiance devient une blague de mauvais goût, je suis nue sous une lumière crue sans aucun endroit où me cacher, mortifiée par ma vérité devenue vulgaire, tout ce que je montre, rêvant de me fondre dans le bitume, de ne plus exister.
Mais c’est impossible, il faut soutenir les regards, faire comme si je n’étais pas à moitié à poil, donner le change, défendre le fond comme la forme.
Peut-être que ce qui est tarie c’est la source de cette confiance-là, c’est l’aplomb, celui qui aide à soutenir les regards.
C’est la mécanique des fluides qui s’insinue dans les rouages mal graissés d’un cerveau déstabilisé par le sang et par l’encre, mon cerveau qui se fait un sang d’encre.