Dancing Queen
Ma mère m'a dit de cesser mes ruminations, et quelque part je sais qu'elle n'a pas tort, il est grand temps de m'ancrer dans le concret, d'activer mes projets, d'avancer. Cependant, je m'aperçois encore une fois que, lorsque je suis saoule (genre vraiment), je cherche la bagarre avec les garçons, je suis agressive envers eux, j'ai une colère viscérale que je n'arrive pas à contrôler. Quant aux filles et aux garçons que j'estime vraiment j'ai tendance à leur faire des déclarations. Oui, il y a des exceptions chez les mecs. Pourtant un rien peut me transformer en guerrière prête à prendre les armes et à mettre ces messieurs au bûcher. J'aimerais que ça s'arrête. Pour comprendre cette colère il faut savoir que je suis particulièrement touchée jusqu'au plus profond de mon âme par les injustices et les violences qui découlent du sexisme, du patriarcat, etc. Je ne suis pas seulement révoltée, ma vision des choses devient tellement sombre que ça détruit celle que j'aimerais être à petit feu. En regardant une énième fois Mamma Mia je me suis retrouvée à pleurer sur "Dancing Queen" qui est pourtant très positive, chaleureuse, pleine de vie. J'ai eu la sensation qu'on m'avait empêchée de rester cette jeune fille de 17 ans qui a envie de danser jusqu'au bout de la nuit et qui n'a pas peur de se frotter à la gente masculine de façon insouciante et enthousiaste. J'en veux aux hommes qui ont semé le doute, la violence, la peur dans ma vie. Je déteste cette société où une femme ne sait jamais si ce qu'elle est aura le droit de s'exprimer sans subir le courroux des un-es et des autres. J'en veux à ces hommes qui se laissent berner par des stéréotypes, des clichés, des habitudes et les entretiennent, les font devenir leur identité. Alors qu'au fond on est tout-es des êtres humains avec des personnalités, des désirs, des envies, des rêves et des histoires différentes.
J'ai envie de faire confiance à tous les hommes, de me sentir en sécurité avec eux, de sentir leur bienveillance, de les voir libres et rayonnants alors je ne peux m'empêcher de leur en vouloir quand je sens tout le contraire. J'ai envie de les secouer. J'ai l'impression d'être dans une impasse. Et je suis fatiguée de faire de mon mieux, mais je dois me rendre à l'évidence, je ne peux pas toujours choisir les gens qui m'entourent et je dois apprendre à tourner le dos quand ils m'envoient leurs modèles virilistes, prévisibles et méprisants au visage. Pour pouvoir danser et me sentir libre je vais devoir prendre sur moi et arrêter de boire puisqu'il n'y a pas d'autre solution, que le monde est comme il est et que, malgré mon idéalisme à toute épreuve, je suis impuissante face à une société d'hommes aux yeux bandés.











