Des perles d’eau sur mon verre #4
J'étais dans une maison bourgeoise qui avait son odeur, je ne savais pas dans quel quartier nous étions puisque j'avais passé tout le chemin à réfléchir et à me battre avec moi-même.
Nous étions tous les quatre dans une véranda ensoleillée dont toutes les fenêtres étaient ouvertes. Je pouvais voir de là un jardin joliment entretenu, avec une petite terrasse sur laquelle trônait un salon de jardin en fer forgé. L'herbe était très verte. Une brise légère caressait ma peau et mes cheveux s'agitaient légèrement le long de ma nuque. J'avais les yeux rivés sur le verre de thé glacé posé devant moi. Du bout des doigts j'effleurais les bords du verre sur lequel des gouttelettes d'eau s'étaient formées avec la condensation. Je me passionnais pour les spectacles qu'elles m'offraient rampant tout du long pour finir leur course sur la nappe en toile cirée à l'imprimé provençal. C'était fascinant.
Mais après un long moment à écouter les gens autour de moi parler, je finis par relever la tête, mon geste surpris tout le monde et me gêna. Alors, je levais la tête plus haut pour regarder le ciel à travers le verre de la véranda. Il était d'un beau bleu et parsemé de beaux nuages, des nuages à la forme gracieuse et poétique. Je finis par redescendre mon visage à une hauteur normale et n'écoutant que mon courage je finis par dire "C'est beau chez toi".
Tous les trois me regardèrent interloqués et se mirent à rire. Soudain, il se leva, me prit le poignet et entreprit de me faire visiter sa demeure. La cuisine était ouverte sur la véranda puis venait un couloir. Le sol était un vieux parquet qui craque comme je les aimais, il y avait deux grandes portes sur la gauche et tous droit on apercevait une porte d'entrée et un escalier. L'une des portes s'ouvrait sur une salle à manger et l'autre sur un salon. Toutes les deux paraissaient peu rangées du fait de la profusion de livres et d'objet en tous genres qui s'y trouvaient. C'était très beau. Il me tira et entrepris de nous faire monter pour découvrir les étages. Mais nous nous arrêtâmes dans sa chambre.
Elle est plutôt rangée pour la chambre d'un garçon de son âge. J'étais gênée qu'il puisse me faire entrer dans sa chambre, son espace personnel, alors que nous nous connaissions à peine. Mais j'étais, en même temps, flattée par sa confiance. Il s'assit sur le lit, tandis que debout et marchant tel un fantôme je fis le tour de la pièce. Elle n'était pas très grande, mais les hauts plafonds évité aux visiteurs de se sentir étouffés. Le lit était au milieu de la pièce et le reste de la pièce était empli de livre, de feuilles, de matériel de dessin ou de peinture. Il y avait beaucoup de dessin aux murs. Il y avait aussi une étagère sur laquelle était disposée une chaîne Hi-Fi et une grande quantité de disques. Son bureau était recouvert de papier, de stylo et de toute autre chose.
Je n'entendais que le bruit de sa respiration et du parquet qui craquait sous mes pieds. Je finis par m'asseoir sur le lit, je me sentais bien ici. Puis nous parlâmes plusieurs heures, jusqu'au moment où mon amie m'appela pour me dire qu'il était temps de partir. Il était déjà dix-neuf heures. Nous échangeâmes rapidement nos coordonnées et je partis le coeur léger, joyeux d'avoir trouvé un ami comme lui.
Et pourtant, quelqu'un me manquait atrocement.











