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Cette photographie montre un char allégorique lors du défilé historique de la « Journée de l'art allemand » (Tag der Deutschen Kunst). L'événement s'est déroulé à Munich le 18 juillet 1937, sous le thème des « 2000 ans de culture allemande ».
Ce grand défilé public a été orchestré par le régime national-socialiste pour célébrer l'histoire germanique. Il coïncidait avec l'inauguration de la "Haus der Deutschen Kunst" (Maison de l'art allemand) et l'ouverture de la Grande Exposition d'art allemand, conçue en opposition directe à l'exposition sur « l'art dégénéré ».
Le char met en scène une statue recouverte d'une peinture argentée, représentant la Victoire ailée ou une divinité classique qui brandit un rameau d'olivier. Cette esthétique visait à fusionner l'imagerie de l'Antiquité romaine avec les mythes germaniques pour légitimer l'idéologie du régime à travers une mise en scène théâtrale monumentale.
Les figurants au premier plan et autour du char transportent des enseignes cérémonielles surmontées de roues solaires (ou Sonnenrad), un symbole préhistorique et mythologique très ancien que l'on retrouve dans l'iconographie celte, scandinave et germanique. Le motif associe un cercle extérieur à des rayons courbés évoquant le mouvement continu de l'astre solaire.
Dans le contexte précis de ce défilé, l'utilisation de ce symbole est purement stratégique. Le régime nazi cherchait à illustrer les racines païennes et « aryennes » de la culture allemande.
Bien que la roue solaire et le svastika partagent une origine commune en tant que symboles solaires et de chance dans l'Antiquité, ils demeurent graphiquement distincts. Les nazis ont toutefois récupéré et détourné la roue solaire pour en faire un emblème idéologique, qui fut notamment arboré par certaines divisions de la Waffen-SS comme la division Nordland.
Cette enluminure du XVe siècle est une miniature issue d'un manuscrit français illustrant l'œuvre "De casibus virorum illustrium" (Des cas des nobles hommes et femmes) de l'écrivain italien Jean Boccace. L'image dépeint l'exécution d'Agrippine la Jeune sur ordre de son fils, l'empereur romain Néron, un événement survenu en l'an 59 de notre ère.
La scène illustre une légende populaire à l'époque médiévale, selon laquelle Néron aurait exigé l'éviscération de sa mère afin d'examiner l'utérus où il avait été conçu. À droite, un personnage s'apprête à inciser le corps d'Agrippine, tandis que Néron, représenté sur la gauche avec les attributs d'un souverain médiéval, observe la situation en tenant un récipient, ce qui renvoie au récit traditionnel affirmant qu'il aurait banqueté devant la dépouille.
Sur le plan artistique, l'œuvre applique le principe de l'anachronisme systématique propre au Moyen Âge. Bien que l'événement soit issu de l'Antiquité romaine, les protagonistes portent des costumes du XVe siècle et l'arrière-plan laisse apparaître une architecture fortifiée typiquement médiévale, adaptant ainsi le récit historique aux codes visuels de l'époque de la création du manuscrit.
Cette photographie, prise au début des années 1990, montre le chanteur québécois Jean Leloup lors de la période promotionnelle et des spectacles entourant la sortie de l'album "L'amour est sans pitié".
« Si la sécession devenait pour les Canadiens français le seul moyen de rester eux-mêmes, de rester français, alors ce ne serait pas seulement leur droit, ce serait leur devoir d’être séparatistes. »
— Daniel Johnson, "Égalité ou indépendance", 1968.
Behexen
Behexen
L'acteur austro-hongrois Béla Lugosi posant derrière la statue d'un Turul, l'oiseau mythologique hongrois, en 1919.
Le Turul est un oiseau de proie légendaire, semblable à un faucon ou à un aigle géant, qui occupe une place centrale dans la mythologie et l'identité nationale hongroise. Issu du folklore magyar primitif, il est considéré comme un messager divin lié à l'Arbre de la Vie. Les chroniques médiévales lui attribuent un rôle fondateur à travers deux récits majeurs : le rêve d'Emese, où il annonce la naissance d'une lignée royale prestigieuse, et la migration des tribus magyares, qu'il aurait guidées à travers les steppes jusqu'au bassin des Carpates pour y établir leur patrie.
Au IXe siècle, cet oiseau mythologique est adopté comme emblème et animal totem par les souverains de la dynastie Árpád, la première lignée royale à gouverner la Hongrie, souvent qualifiée de « dynastie Turul ». Au fil des siècles, le symbole s'est ancré durablement dans l'iconographie politique et militaire du pays. Les représentations classiques de la créature la montrent fréquemment toutes ailes déployées, tenant entre ses serres une épée associée au pouvoir royal et à la souveraineté.
Cette gravure du XIXe siècle s'intitule « Frs. Mercier, célèbre voyageur canadien ». Publiée à l'origine le 26 octobre 1871 dans le journal québécois L'Opinion publique, elle a été réalisée à partir d'une composition photographique du célèbre studio montréalais de William Notman.
L'homme représenté est François Mercier, une figure emblématique des voyageurs et des coureurs des bois. Ces canadien-français courageux parcouraient les vastes territoires sauvages de l'Amérique du Nord pour le commerce et la traite des fourrures.
Sa tenue illustre parfaitement le mode de vie de l'époque. Il porte une veste robuste ornée de franges d'inspiration autochtone, une ceinture fléchée traditionnelle nouée à la taille et une tuque en fourrure pour affronter les hivers rigoureux.
L'équipement visible met en lumière les outils essentiels à sa survie en forêt. À ses côtés reposent deux grandes raquettes à neige traditionnelles en bois et en babiche (cuir cru tressé), tandis qu'il tient fermement un fusil de chasse à long canon. Enfin, la présence de son fidèle compagnon canin à ses pieds rappelle le rôle crucial des chiens pour la sécurité et la chasse.
Le tableau présenté est le portrait de Charles-Jacques Le Moyne, 3e baron de Longueuil, qui a vécu de 1724 à 1755. Il s'agit d'une huile sur toile remarquable réalisée vers 1753 par la peintre française Marianne Loir.
Le sujet, né au sein de la plus illustre famille noble de la Nouvelle-France, est représenté ici avec les attributs classiques de la haute aristocratie militaire. Il arbore une armure métallique brunie aux reflets polis et soulignée de dorures, tandis qu'une peau de léopard drapée sur son épaule vient renforcer son statut de chef militaire de la haute noblesse.
L'histoire de ce jeune baron s'avère tragique, puisqu'il ne portera son titre que pendant quelques mois. Après le décès de son père en janvier 1755, il reprend les rênes de la baronnie. Cependant, en septembre de la même année, alors qu'il combat au cours de la guerre de Sept Ans, il est porté disparu et tué à l'âge de 31 ans lors de la bataille du lac George.
La baronnie de Longueuil possède une importance unique dans l'histoire canadienne puisqu'elle constitue le seul titre de baron officiel créé par le roi Louis XIV qui ait subsisté sur le territoire de la Nouvelle-France. Comme Charles-Jacques Le Moyne n'a pas laissé de fils survivant, le titre a été transmis à sa fille unique, Marie-Charles Le Moyne, assurant ainsi la pérennité de cette lignée.