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Sur la route de la Côte d'Ivoire : Chutes de Woroni et Portes du Soudan
Le sud du Mali s'enfonce entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso. C'est la Région administrative de Sikasso, beaucoup plus arrosée que le reste du Mali. Le marché de Sikasso, à lui seul, vaut le déplacement, avec ses montagnes de fruits et de légumes. Autour de la ville, les terres cultivées mêlent d'une manière étonnante les arbres, orangers, papayers, et en sous étage le mil ou le sorgho, et plus près du sol encore gombo ou tomates. Les environs de Sikasso offrent plusieurs sites intéressants ou agréables, que nous avions déjà fait découvrir aux visiteurs venus de France : les chutes de Farako, la grotte de Missirikoro, ou encore les plantations de thé… mais cette fois-ci, nous avions résolu de passer une journée plus loin en direction de la Côte d'Ivoire, pour découvrir les chutes de Woroni, et les Portes du Soudan.
Une bonne route goudronnée part plein sud, la première difficulté est de savoir où la quitter pour prendre sur la gauche une piste pour les chutes de Woroni. Après l'avoir manquée une première fois, les indications du GPS nous incitent à faire demi-tour. Il y a bien une pancarte indicatrice de l'OMATHO mentionnant "Portes du Soudan". C'est un site voisin des chutes que nous recherchons, aussi le camion bleu s'y engage.
C'est manifestement une piste pour les charrettes à ânes plutôt que les automobiles, plus ou moins bonne, très ravinée par endroit, mais suffisamment large et claire bordée de haies d'anacardiers, elle traverse des cultures variées, mil, maïs, manguiers ou orangers.
Nous arrivons aux Portes du Soudan.
La piste que nous suivons est l'ancienne route de la Côte d'Ivoire, avant que soit tracée la route goudronnée et ce site était l'endroit où l'on quittait le Soudan (Mali) en direction du sud. De grands rochers encadrent cette porte, un site remarquable que seuls quelques ermites semblent habiter, cachés dans les rochers. Nous les apercevons à la dérobée pendant que nous faisons quelques pas, le temps de quelques photos. Les grosses abeilles bourdonnent de plus en plus fort, nous craignons la présence d'essaims dans les rochers, les trous semblent emplis de ces insectes. Nous ne nous attarderons pas …et reprenons notre route, pour arriver au village de Woroni.
Quelques maisons, une Ecole, et même une case de passage fraichement refaite pour d'improbables touristes. C'est la récréation, et notre arrivée produit une vive émotion parmi les enfants. Nous allons saluer les instituteurs et les institutrices, et nous leur demandons de nous indiquer la route des chutes. Il y a bien une flèche posée par l'OMATHO, mais cela nous semble insuffisant, d'autant qu'elle pointe vers un petit sentier entre les cultures; Un guide improvisé se présente, comme c'est souvent le cas dans les villages. Il parle suffisamment bien le français pour que nous puissions nous comprendre : "c'est loin ?" - "non, pas très loin" - "on peut y aller à pied ?" - "non c'est trop loin". En général, les maliens pensent que nous ne pouvons pas marcher longtemps.
Nous embarquons le guide dans le camion bleu. Finalement nous partons bien par le sentier entre les cultures pour deux kilomètres avant de devoir nous arrêter sous les arbres : le petit pont de bois est trop étroit et ne supporterait pas le passage des gros 4x4. "Maintenant il faut marcher". Chacun met le sac au dos et nous voila partis. "Il y a des hippopotames en ce moment ?" - "Non, on n'en a pas vu".
Le petit chemin s'enfonce au milieu des champs et peu à peu le bruit de l'eau grandit, devient impressionnant, et nous finissons par déboucher sur une petite plage de cailloux, face à une large chute d'eau. Nous voila aux Chutes de Woroni. L'eau est claire, certains d'entre nous n'hésiteront pas à s'y baigner, et tous profiteront de la fraicheur pour le pique nique. Une partie de pèche s'improvise : c'est extraordinaire ce que l'on peut tirer d'une boite de sardines ou de corned_beef vide ! hameçon, cuiller et même une bouilloire pour faire chauffer un peu d'eau pour le café … Les poissons sont minuscules, les plus gros se cachent au pied de la chute sans doute. C'était le mois de mars et certaines traces nous ont laissé deviner que pendant l'hivernage l'eau devait être à plus de deux mètres au dessus du niveau que nous voyons. Le site ne doit pas être accessible d'ailleurs.
Les portes du Soudan
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Un de nos étudiants était originaire de Sah, uniquement accessible en pirogue, depuis Mopti, pendant l’hivernage ; à l’occasion d’un voyage, 2 jours, avec quelques boursiers, nous avons apporté du matériel scolaire
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Malgré la chaleur, Mai est le meilleur mois, plus un touriste, et surtout, plus un seul “guide”