Je me présente, Geneviève, 29 ans, maman de deux jeunes enfants (fille de 2 ans et 9 mois et un garçon de 6 mois). Je vous partage ici l'histoire de mes deux grossesses et accouchements. Bonne lecture.
À la fin novembre 2012, un jeudi matin à 5 h 30 j'ai appris que j'étais enceinte après seulement 2 mois d'essai. Je me suis effondrée au sol et je me suis mise à pleurer. Plein d'émotions se mélangeaient dans mon coeur. Je ne pouvais plus reculer... j'allais être maman. Ma grossesse a été difficile. J'ai eu de gros maux de coeur jusqu'à cinq mois de grossesse, d'énormes maux de tête et des problèmes avec mon nerf sciatique. Je suis également enseignante en 1ère année et j'ai travaillé jusqu'à 36 semaines. (Au mois de juin quand il fait très chaud et qu'on a les chevilles qui enflent, ce n'est pas la joie. ) Bref, j'avais comme toute femme en fin de grossesse très hâte d'accoucher. J'avais en tête un accouchement de rêve. Je m'étais dit que j'allais faire mon possible et prendre la péridurale lorsque ce serait trop pour moi. Finalement, mon accouchement a été un cauchemar pour moi.
Mon travail s'est déclenché seul à 4 h du matin. J'étais, dès le début aux 10 minutes. Je suis donc allée prendre un bain. Dès que j'ai mis le pied dans la baignoire, mes contractions étaient aux cinq minutes. Après 40 minutes dans le bain, je décide de sortir histoire d'aller réveiller mon copain, qu'il prenne sa douche s'il le voulait... T'sé tout était sous contrôle. Lorsque je suis sortie du bain par contre, les contractions étaient aux trois-quatre minutes. Nous sommes donc partis vers l'hôpital . Rendue là, juste me rendre au bureau d'accueil m'a demandé tout mon petit change. Je perdais le contrôle! J'ai donc demandé tout de suite la péridurale sachant que parfois c'est long avant de l'avoir. Après trente minutes, j'étais couchée dans le lit, sous perfusions et avec plus aucune douleur. VIVE LA PÉRIDURALE. C'était ma pensée à ce moment. Moi et mon copain on a discuté, joué sur nos téléphones, et relaxé en attendant le moment de pousser... Ce fut long. À 15 h, on me tourne sur le côté parce que mon col ne veut pas effacer complètement. À 16 h, tout est prêt, mais ma fille est encore très haute, alors on me fait attendre un heure. À 17 h, c'est le temps de pousser: enfin!!! J'ai hâte, enfin je vais participer, c'est à mon tour de travailler... pourtant ce fût un cauchemar. On me dit que je pousse super bien, tout le monde (la gynéco, son interne, l'infirmière et mon chum) m'encouragent. Après trente minutes, je vois bien que quelque chose ne va pas. La gynéco m'arrête et me dit: "Écoute, tu pousses super bien, mais ta fille se fatigue. Elle ne descend pas du tout et son coeur le prend mal. Je voudrais utiliser les forceps, mais je ne suis pas à l'aise avec ça, alors je vais voir si l'autre docteur est disponible, sinon c'est la césarienne.." et elle quitte la chambre en me disant de continuer à pousser! La peur s'installe, ma fille ne va pas bien, il faut que je pousse plus fort, je ne veux pas une césarienne, j'ai une peur bleue de ça. Finalement, la gynéco revient avec l'autre docteur. Une chance que je n'ai pas vu la grosseur des forceps parce que j'aurais changé d'idée. Lorsqu'on a installé les forceps, malgré la péridurale, j'ai tout senti!!! Ce fut vraiment atroce comme douleur. Et le pire, c'est qu'il faut attendre la contraction pour pousser. Je voulais juste qu'on m'enlève ça!!! Après deux poussées et beaucoup de force de la docteure, ma fille est née. Je voulais pleurer, mais j'avais tellement mal que j'en étais incapable. J'étais étourdie, j'avais le goût de vomir... Je n'ai pas pu profiter de ma fille qui était sur moi tellement j'avais mal. La raison: comme ma fille était haute, le chemin n'était pas fait, donc elle a dû "ouvrir" avec les forceps et j'ai déchiré au 4e degré... (intérieur et extérieur jusqu'à l'anus). Je n'ai même pas le souvenir que mon copain ait coupé le cordon... Les points ont été très douloureux et j'ai dû être transférée de lit par les infirmières parce que je n'étais pas capable de me lever. Les semaines qui ont suivies ont été très éprouvantes. Je ne pouvais rester longtemps debout parce que ça me faisait mal. J'ai été bleue jusqu'aux cuisses. Moins je sortais de mon lit, mieux je me portais. J'ai manqué le premier bain de ma fille parce que je ne pouvais rester debout sans perdre connaissance vu la quantité de sang que j'avais perdu. Moi qui avais voulu deux enfants... à ce moment, il n'était pas question que je revive ça. Cinq semaines après mon accouchement, je me suis retrouvée d'urgence à l'hôpital pour infection aux reins... Sûrement due à la sonde. J'ai dû faire plusieurs séances de rééducation périnéale... Bref, c'est encore un mauvais souvenir pour moi. Je me suis sentie faible de ne pas avoir été capable de faire naître ma fille, coupable d'avoir pris la péridurale, coupable d'avoir attendu treize heures pendant que ma fille souffrait à l'intérieur... Je me sentais lâche... Je suis une femme et nous sommes faites pour accoucher et moi j'avais été incapable de me rendre jusqu'au bout sans aide et j'ai payé le prix. Les gens autour me disaient que ce n'était pas de ma faute, mais au fond de moi , je me suis toujours dit que si j'avais attendu pour avoir la péridurale, ma fille aurait descendu... Mais, ça a stoppé mon travail et je ne pouvais pas utiliser la gravité pour m'aider à la faire descendre parce que j'étais clouée au lit. J'ai encore cette culpabilité en moi... Mais, je commence à m'y faire et à vivre avec... Ce qui me "guéri", c'est la naissance de mon garçon.
Eh oui, je suis retombée enceinte lorsque ma fille avait 18 mois. Ma grossesse a encore été difficile avec des maux de tête, de gros reflux cette fois et mon gars se trouvait bien installé sur mon nerf sciatique (vive l'ostéopathie!!). Cette fois, il n'était pas question que mon accouchement se termine de la même façon. J'avais peur, mais ce n'était plus de l'inconnu et je me suis préparée mentalement toute ma grossesse. J'ai eu la chance d'avoir une gynéco formidable qui m'a écoutée, conseillée et rassurée. À 36 semaines, on a commencé à préparer la descente de bébé 2 avec de l'acupuncture et de l'ostéopathie. Je marchais et faisais beaucoup de ballon. Je ne voulais pas qu'il reste pris en haut celui-là et comme on s'attendait au même type de bébé (un gros bébé de 8lbs et 15... OK on peut arrondir à 9 lbs pour ma fille) on a mis toutes les chances de notre bord. À 38 semaines mon col était effacé à 70% et j'étais ouverte à 4 cm. On a décidé de me provoquer à 39 semaines afin d'éviter un trop gros bébé et en plus ma doc était de garde toute la fin de semaine! Ce fut, contre toute attente, un accouchement fantastique (ok, c'est poussé un peu, un accouchement c'est jamais la chose la plus agréable en soit, mais bon). À 9 h on crevait mes eaux. À 11 h pitocin parce que rien ne bougeait. Cinq minutes après, j'avais des contractions aux cinq à trois minutes. Après trente minutes, on a augmenté ma dose (je ne sais pas pourquoi, je trouvais mes contractions déjà éprouvantes). À midi, j'étais sur un ballon et mon dieu que je voulais endurer le plus longtemps possible pour le faire descendre parce que, oui oui, il était encore haut le p'tit maudit. Mes contractions étaient aux deux minutes et j'avais l'impression que j'allais m'évanouir. J'ai demandé à mon copain une débarbouillette d'eau froide... et comme il n'a rien trouvé, dans l'énervemen,t il m'a rapporté une serviette complète mouillée. J'en ris encore, hihi. C'est à ce moment que je me suis sentie lâche et que je ne comprenais pas comment les femmes font pour accoucher sans péridurale!!! J'ai flanché et demandé la péridurale et tout à chamboulé. Il y avait quarante minutes d'attente... Mais moi, je n'en pouvais plus... Pourtant, on me disait que mon bébé arrivait (j'étais à 7 cm... mon œil). À 13h22, j'avais mon bébé dans les bras, sans péridurale comme une championne et j'avais accouché si vite que ma doc n'a pas eu le temps de revenir. Mon corps à tout fait tout seul. Lorsqu'il a fallu que je pousse, mon corps poussait pour moi. J'ai compris la beauté de l'accouchement. Je suis fière de cet accouchement. J'ai eu quelques points de suture seulement... J'aurais pu me rendre en marchant à ma chambre. Ce fut l'opposé de mon premier accouchement. Je me suis remise beaucoup plus vite! Je pouvais marcher sans douleur, bouger dans mon lit et profiter de mon garçon (qui faisait que 7lbs et 3, hihi). Je ne recommencerai pas parce que deux enfants, pour nous, c'est assez (mon gars a 6 mois et ne fait pas ses nuits). Nous avons eu deux bébés assez difficiles avec des reflux et tout. Mais je recommencerais cet accouchement n'importe quand. Comme quoi il n'y a jamais deux accouchements pareils et qu'il est possible de vivre un bel accouchement après en avoir vécu un affreux. Il faut juste croire en nous, se préparer mentalement et ne pas avoir peur de parler!











