T'ai-je détruit ? T'ai-je aidé ? T'ai-je brisé ? Ou est-ce de ton fait ?
L'éloignement m'est doux, me retrouver était nécessaire mais malgré tout... Malgré tout je pense à toi, tout le temps, pour tout et pour rien. Du simple rayon de soleil un peu trop brillant à la goutte de pluie qui s'écrase sur ma vitre. De la plus banale de mes pensées à la plus douce et chaude.
Je ne peux empêcher les souvenirs d'éclater comme des bulles à la surface. Mes mains se souviennent du satiné de ta peau et du contraste de température contre la mienne. Mes oreilles frémissent à l'évocation de tes halètements et de ces si jolies choses que tu as pu me dire. Mes yeux croisent encore les tiens, puits d'encre, galaxies lointaines. Tout et rien rassemblés derrière ces pupilles dilatées. Mon nez se désespère de pouvoir inspirer ton essence, au creux de ton épaule et au creux de ta hanche. Et ma langue... Ma langue ne dit rien car c'est elle qui pourrait le plus déclencher frissons et vagues de désir. Evoquer ton goût c'est perdre la raison.
Je sais que je pourrais oublier, vite et facilement, mille et une des petites choses qui m'ont fait frémir, gémir, vrombir même.
Je ne le sais que trop bien.
Mais là... J'ai tellement envie de me rappeler tes mains sur moi, tes doigts en moi, ta bouche aux endroits les plus inaccessibles de mon corps, ton nez cherchant mon odeur dans ce repli inexploré sous mon sein, tes mains qui se posent à plat sur mes reins ou qui s'accrochent à mes hanches. Ce moment magnifique et hors du temps où ta tête reposait sur mon sternum, ta voix faisant vibrer ma cage thoracique. Ce qui s'est dit n'a pas d'importance. C'est le moment qui en avait. Dans la pénombre. Juste deux corps n'en faisant qu'un, enlacés de longues minutes, parlant à voix basse, se régalant l'un de l'autre...
Si je peux emmener quelque chose avec moi pour après. S'il vous plait, c'est tout ce que je souhaite : tout laisser et emporter l'amour qu'il me portait à cette seconde. Cette sensation qui m'enveloppait comme une fourrure.
Laissez-moi juste ça : avoir été aimée.










