Le monde va mal mais Vulfpeck revient avec deux singles et un album
monde est pourri. Vous le savez. Je le sais. Il est difficile de trouver de l’espoir tandis que Bruno Retailleau est ministre. Mais tout n’est pas perdu. Vulfpeck vient d’annoncer un nouvel album, « Clarity of Call » pour le 4 mars prochain.
Vulpeck is back avec Clarity of Call (oh joie, oh félicité)
Ce nouvel album (oh joie, oh félicité) a été enregistré en live pendant des concerts à Berkeley et Los Angeles en septembre dernier. C’est une petite explosion de joie et de groove avec Antwaun Stanley, Cory Wong, Jacob Jeffries, Theo Katzman, Joe Dart, Woody Goss, Jack Stratton, Charles Jones et Joey Dosik soit tous les membres habituels du groupe (et c’est rare) sur scène. Je n’ai pas d’autres mots que « PUTAIN CA FAIT PLAISIR FRANCHEMENT) tant il m’avait manqué. Si vous ne souriez pas en bougeant votre corps la dessus, vous êtes probablement mort à l’intérieur ou Gérald Darmanin. Voici donc Big Dipper et Matter of time, ce qui fait 6 sons et pas 5. J’en ai mis plus, je laisse quand même.
Vulfpeck est un groupe de funk instrumental originaire du Michigan, fondé en 2011 par Jack Stratton. Inspiré par les rythmiques minimalistes des groupes de session des années 60 et 70 comme The Wrecking Crew et les Funk Brothers, Vulfpeck s’est fait connaître grâce à son groove précis, son humour décalé et son indépendance totale dans l’industrie musicale.
Le groupe est composé de Jack Stratton (multi-instrumentiste et cerveau du projet), Theo Katzman (batterie, guitare, chant), Joe Dart (basse ultra groovy) et Woody Goss (claviers). Ils collaborent régulièrement avec des musiciens comme Cory Wong (guitare), Antwaun Stanley (chant) et Joey Dosik (claviers, saxophone).
Vulfpeck s’est illustré par des stratégies marketing originales, notamment en sortant un album entièrement silencieux sur Spotify (Sleepify, 2014), qui leur a permis de financer une tournée gratuite. Leur musique, à mi-chemin entre funk vintage et pop contemporaine, est marquée par un groove implacable et une production minimaliste qui met en valeur chaque instrument.
Parmi leurs morceaux les plus marquants, on retrouve Dean Town (une masterclass de basse inspirée de Jaco Pastorius), Back Pocket, 1612, et Animal Spirits. Leur influence s’étend bien au-delà du funk, et ils ont su fédérer une communauté de fans passionnés grâce à leurs performances énergiques et une esthétique DIY unique.
Toujours actifs, Vulfpeck continue de sortir des albums et de remplir des salles mythiques comme le Madison Square Garden, prouvant qu’un groupe indépendant peut conquérir la scène mondiale avec talent et créativité.
Le bluesman basque annonce un nouvel album et dévoile "Dream Enhancer", un clip grandiose tourné au sommet de l’aiguille du Midi à découvrir en avant-première.
Il existe des endroits où le temps lui-même parait retenir son souffle. Les cimes qui entourent la vallée de Chamonix en font partie, des paysages immaculés où culmine à près de 4000 mètres l’emblématique aiguille du Midi. Dominant la Vallée blanche au fond de laquelle meurt lentement la Mer de Glace sous l’assaut du réchauffement climatique, c’est ce décor hors du monde et où aimaient rôder les dieux qui forme l’écrin du nouveau clip somptueux dévoilé aujourd’hui par Kēpa.
Avec la sortie en 2018 de son premier album produit par Taylor Kirk,Ouverture dans un nouvel onglet Bastien Duverdier de son vrai nom donnait alors naissance à son one-man-band de blues un peu cinglé. L'ancien champion de skate diagnostiqué d’une méchante maladie y cultivait sa passion pour Bukka White et les guitares Dobro avec sa belle voix grave, un harmonica et tout un attirail sonore qu'il se plaisait à jouer seul sur scène. Trois ans plus tard, l’attachant guitariste réitérait encore avec Divine Morphine, un second disque en forme de trésor de spleen et de blues, illustré notamment par un joli clip vacillant d’absurdité.
Aujourd’hui, c’est donc au sommet d’un Eden bleu et blanc que Kēpa annonce la suite de ses aventures et la sortie concomitante, à la fin du mois de mars, d’un nouvel album baptisé Soul Wash Services attendu chez les diggers du label Heavenly Sweetness. Posé sur son arête cosmique après une ascension de près de quatre heures, le Basque y gratte en costard ses cordes sensibles à la façon d’un ange perdu et offre au drone du vidéaste Thomas Guérin, bien réel celui-là, le soin de capturer les vertiges grandioses de ce Dream Enhancer infiniment planant. Vivement la suite.
« Ça fait un bail », voici les premiers mots de la première chanson du premier album du jeune Bakar. Constat étonnant mais probablement partagé par tous les fans de la première heure. En comptant en années de hype, une éternité semble même s'être déroulée entre la sortie en 2017 de Big Dreams, premier single imparable, imposant d'emblée le style Bakar, et celle de Nobody's Home près de cinq ans plus tard.
Après des débuts flamboyants, de sa mixtape Badkid louée par tout le Royaume (de Skepta à... Elton John !) jusqu'à Hell N Back, tube fédérateur ayant enflammé TikTok et explosé ses compteurs Spotify, on pouvait craindre que Bakar ne s'écroule devant tant de pression. Cette longue attente aura au contraire permis au londonien de trouver pleinement sa voie, d'affiner son cross-over indie rock / hip-hop et de concocter de sacrément bonnes chansons. Les colleurs d'étiquettes en seront pour leur frais tant il est difficile d'assigner Bakar à un genre musical unique. Le natif de Camden semble avoir infusé parfaitement la culture « North London », représentée hier par The Libertines, Amy Winehouse, Bloc Party ou Blur, et n'hésite pas à la métisser d'influences urbaines.
Sur Nodobdy's Home, Bakar a su bien s'entourer. Outre son producteur habituel, Zach Nahome (également à l'œuvre chez les it-girls Biig Piig et PinkPantheress), on notera la participation de SebastiAn, aux manettes sur The Mission, ainsi que celles de Celeste et Maverick Sabre, venus poser leurs voix soul sur Reclaim! et Gotham. Si son champ musical s'est sérieusement étoffé, ses textes ont également pris de l'ampleur. Tantôt politique, tantôt poétique mais toujours très personnel, Bakar interroge son héritage yéménite et tanzanien ainsi que sa place dans la société anglaise. « Je ne suis qu'un immigrant, à peine un citoyen » constate-t-il amèrement sur Not From Here.
Alternant avec la même aisance les ambiances calmes et introspectives, les envolées rock ou l'efficacité urban pop, Bakar brasse large sans jamais s'éparpiller ni perdre l'attention de l'auditeur. On retiendra tout particulièrement Youthenasia, dont le flow nonchalant et laidback tranche avec des textes lymphatiques voire franchement dépressifs, les énervés Reclaim! et Ginger Pubes, sur les lesquels Bakar sort ses griffes ska et post-punk, le sombre NW3 qui ravira les fans de King Krule ou encore le tube addictif et ultra-efficace Free.
Sans être révolutionnaire, Nobody's Home, confond aisément les sceptiques considérant Bakar comme un simple effet de mode et voit l'éternel espoir enfin s'imposer en artiste pleinement accompli. Si la chrysalide fut un peu longue, Bakar déploie désormais pleinement ses ailes et son envol s'avère majestueux.
GOLLIWOG is billy woods’ first album in two years, preceded by 2023’s Maps, his second collaboration with producer Kenny Segal. That nimble travelogue has little in common with woods’ newest work, despite the fact that Segal shows up a couple times in the credits. GOLLIWOG is a haunting collection that weaves horror, humor, surrealism and Afropessimism into a cinematic tapestry, aided and abetted by a murderer’s row of producers. African zombies, time traveling trap cars, malevolent ragdolls and a dying Frantz Fanon are just a few of the revelers in woods’ danse macabre.
GOLLIWOG features production from The Alchemist, Kenny Segal, EL-P, Conductor Williams, Preservation, Messiah Musik, Sadhugold, Ant (Atmosphere), Shabaka Hutchings, Steel Tipped Dove, DJ Haram, Willie Green, Jeff Markey, Saint Abdullah, and LA-based experimental jazz trio Human Error Club. Meanwhile, woods is joined on the mic by Backwoodz labelmates ELUCID and Cavalier, along with rappers Bruiser Wolf, Despot, Al.Divino, and singer-songwriter Yolanda Watson.
GOLLIWOG is another triumph in the woods oeuvre, as layered and compelling as anything he has ever done. A black carnival pitched in a muddy field overnight, empty rides whirring and clattering in the dark.
paru le 9 mai 2025
Executive Producer: billy woods
Additional vocals by Imogen B, K. Korto, Zichen, N. Vascheisvilli, A. Richter.
Earl Sweatshirt / MIKE / Surf Gang : POMPEII // Critique de l’album UTILITY
Naturellement, on peut en dire autant de MIKE, qui consacre son discours boueux à POMPÉI« Shutter Island » de pour naviguer dans l’effusion de sang de la vie sur la route. Mais il y a des moments où lui et Earl se sentent trop à l’aise avec la léthargie, quelque chose qui semble particulièrement somnolent face à une série de rythmes vaporeux qui ont tendance à se terminer là où ils commencent. Sur des morceaux comme « The Fall » de MIKE et le lent « Hot Water » d’Earl, la musique revient à des vestiges trop familiers de leur travail passé. Avec des accalmies à tous les niveaux, c’est presque comme si ce disque fonctionnait mieux comme une playlist.
La formule Surf Gang répond à l’appel sur POMPÉI // UTILITAIRE avec un sens sain de curiosité. Ancrées par le producteur Harrison avec l’aide de Giane, Flea Diamonds et bien d’autres, les meilleures mélodies ici constituent les arrangements les plus ensoleillés et les plus ludiques sur lesquels MIKE et Earl ont jamais rappé : le fuzz vif et vacillant au cœur de « Home on the Range », le drone méditatif de « #FREE #MIKE », les carillons scintillants flottant à travers « Tampering ». Mais les rythmes répondent aussi à des questions que je n’aurais jamais pensé poser, comme : À quoi ressemblerait MIKE si Tyler lui envoyait des conneries qui ne faisaient rien Bâtard? (« Shutter Island ») et Et si Earl ouvrait un beat pack de Marcusbasquiat en 2018 ? (« objectif rectangulaire »).
Une grande partie du bas de gamme de la production frappe aussi vraiment. Rien qu’à la batterie, « Ew ! », « Man of the Month » et « FEAR » ne sembleraient pas déplacés à côté de quelque chose de Veeze ou de Yachty. Earl débloque ses flow les plus glissants sur « Tour de France », plein de coups de pied lourds et de crashs de cymbales.
Que ce n’est pas plus orné, Regardez le trône-type album est un peu dégonflant ; les deux morceaux de collaboration entre le duo – « Leadbelly » et « Kirkland » – montrent à quel point leur synergie reste inexploitée sur les 31 autres morceaux. Il a fallu du temps pour que ce disque ne ressemble pas à un mélange homogène et tout juste décent de MIKE et Earl lançant des shots dans une salle de sport vide. Mais le manque de cérémonie a du sens. Après tout, c’est en partie pour cette raison que MIKE a nommé sa moitié du disque POMPÉI c’est le fait que les négros ont passé une grande partie de leur temps à applaudir en studio ; un désarroi provoqué par les mauvaises herbes, reflet d’une société en ruine. Et ce n’est pas le genre de désarroi qui donne lieu à un Je n’aime pas la merde, je ne sors pasmais c’est beaucoup plus lâche. Parfois, comme sur « Chali 2na » d’Earl ou « AFRO » de MIKE, cela les amène à valser en douceur avec des préréglages plus aigus, ce qui est aussi amusant et à faibles enjeux que possible.
Vous l’entendez également dans le battement du compteur d’argent au début de « FEAR », dans le « Yeahhh » défoncé d’Earl ajouté à la sortie instrumentale de « React ». La folie du vers invité de Niontay sur le premier ressemble à un enfant qui vient de s’enfuir avec le vélo de quelqu’un. « Pushin P, mec, ces petits négros P. Diddy! » crache-t-il avec dégoût. Tout le monde joue mais personne jouer. Lorsque MIKE rappe « Shit like a mukbang with the Purse/I’m Countin’ Up Cake and Chicken » sur « Kirkland », vous pouvez entendre un « » encourageant.Ooooo » d’Earl en arrière-plan. Légèreté !
Confession' is an album of quiet upheaval.
An album about closeness that arrives late and unexpectedly. About stability rubbing up against desire. About the way friendship can suddenly tilt into something charged — and how that charge unsettles everything around it.
TRACKS FOR CONFESSION
1. Going Out
2. Confession
3. Drip Drop
4. Under the Covers
5. Nighttime
6. On the Ward
7. Blue Skies
8. I Go Back
9. Off the Beaten Track
10. Alone With You
11. Gave You Up
12. Staying In
Rob Winstone returns to Warm Winters with a suite of countryside reflections: tape-cracked disintegrations, field recordings, solo piano improvisations, saturated loops and the odd side-long epic that flutter away from the chaos of city life. RIYL William Basinski or The Humble Bee.
For the longest time, Winstone has used his music to unravel his toughest emotional experiences, cloistering his unpleasant feelings in the dark, abstract soundscapes that rooted 'I Dreamt We Found A Way' and its mappa-released follow up 'sifting through heaven'. 'butterflies' doesn't shift completely from the sound of its predecessors, but it's marked by some serious life changes. Since we last heard from him, Winstone has moved from the city into the countryside, where a more bucolic life has eroded some of the stresses and strains that weighed on him in Bristol. The title came when Winstone noticed the UK's low insect levels last year by the absence of butterflies, but also because it's a feeling that he's not been used to in his adult life, and looks forward to getting it back.
The title track is, in fact, the strongest link to Winstone's prior material, with its distant ringing and gloomy, foghorn-like pads. But behind the moans there's a sense that something - maybe a cloud - has shifted. And certainly, by 'over my head and out the window', the mood has evolved, with church choirs and rumbling tape loops colliding to create a euphoric hymnal. But the central point is the 20-minute 'say goodbye to the birds', where Winstone juxtaposes a looped voice with hypnotic drones and detuned piano improvisations, writing an operatic narrative that carries the album's ambition. Even the more humbly-titled 'untitled piano IV' is surprisingly epic, and unexpectedly effervescent.
Red Sun · The Notwist News from Planet Zombie ℗ Morr Music
The Notwist, un nouvel album créé en une semaine, enfermés au studio
C'est un des secrets les mieux gardés du rock allemand, le groupe The Notwist dans la Playlist de France Inter.
The Notwist, c'est par exemple le titre "X Ray" qui fonctionne comme un rayon X avec sa batterie furibonde et ses guitares distordues. Un titre qui vous transperce, scanne vos émotions et réveille le fan de rock indé qui sommeille en vous. Cela fait bientôt 40 ans que ce groupe allemand explore les dynamiques entre rock, jazz et musiques électroniques. La musique de The Notwist ne fait pas dans la séduction : pas de chanteur crooner, pas de hit immédiat mais une mélancolie mélodique et tonique qui s’insinue en vous et vous harponne le cœur.
The Notwist rayonne aujourd’hui depuis Munich. Comme ses compatriotes de Can, ce collectif emmené par les frères Acher expérimente : les formats, les sons, les instruments. Ici, c’est un mélange de folk et de pop baroque, avec des éclats de cuivre. The Notwist ne cherche pas forcément à écrire des chansons mais plutôt à provoquer des réactions et à intriguer notre psyché. Pour ce titre « Projectors », les paroles auraient été écrites « comme si le réplicant Rutger Hauer les chantait dans "Blade Runner" ». Pour ceux qui ne parlent pas couramment le Notwist, je traduis : c’est une réflexion sur la façon de surmonter les épreuves.
Le nouvel album de The Nowtwist s’intitule News From Planet Zombie, et annonce la couleur : sans collectif, pas d’issue possible. Et le groupe a donné l’exemple en se retrouvant tous (c’est-à-dire onze musiciens) dans un studio pour enregistrer live : en une semaine, tout était dans la boite, les fulgurances comme les aspérités, imparfait mais vivant.
Andrea Laszlo De Simone dévoilera demain 17 octobre son très attendu quatrième album en partenariat avec France Inter “Una Lunghissima Ombra”. 17 titres, entre chanson italienne, pop orchestrale et souffle cinématographique en avant-première dans Musicaline.
Comment apprendre l’italien en 17 titres avec le meilleur des passeurs ? une bonne option est de se plonger dans la nouvelle œuvre du maître turinois qui a l’art de nous faire progresser, à son rythme, en utilisant la chanson italienne classique, la pop orchestrale, et la musique électronique, agrémentée des sonorités organiques que produisent le grondement de l’orage, les crépitements des éclairs dans un ciel gris, la pluie qui tombe sur les feuilles, puis le retour des rayons du soleil par fines touches.
"La Notte", une balade aux arrangements feutrés, entre cordes et cuivres. Après Immensità et sa bande originale césarisée en 2024 pour Le Règne Animal, l’autodidacte et discret, Andrea Laszlo de Simone, poursuit son travail de metteur en sons et en atmosphères, porté par sa voix élégamment rétro.
Le cinéma l’inspire encore
Sa musique se marie aux images comme aux mots, voici la note laissée par l’artiste pour nous guider: « Una Lunghissima Ombra (une très longue ombre ) est une collection d’émotions intrusives, de pensées, de souvenirs et de sentiments de culpabilité ; de désirs, de faiblesses et de doutes qui se projettent sur la réalité. C’est une quête latente, mais constante, de sens. »
On comprend en se laissant porter par la poésie et la musique, et il y a beaucoup de consonnances qui se rapprochent du français. Exemple avec "Per te", pour toi. Ce sont les confessions d’un des compositeurs les plus aventureux de ces dernières années. Dans "Per te" on comprend ce que chante Andrea Laszlo de Simone… j’ai tout fait pour toi.
Un "Momento Migliore", un moment meilleur, c’est ce qu’offre l’artiste, une profonde respiration pour apaiser les affres du deuil et de la perte. Il faut savoir célébrer les petites victoires, je ne suis pas devenue bilingue mais j’ai passé un très bon moment ! Grazie mille Andrea
L’album d’Andréa Laszlo de Simone sort demain. À noter une rencontre inédite entre Zaho de Sagazan et Andréa De Simone au micro de Matthieu Conquet, le vendredi 24 octobre à 21h
Le groupe québécois Bibi Club jouait gros après leur magnifique deuxième album, Feu de garde : feu de paille ou feu de tout bois, il fallait choisir, et Bibi Club a fait le bon.
Dès Infinité, la track introductive, le tempo est donné : beat électronique imposant un groove sombre, illuminé par la voix de la chanteuse, avec un parler-chanter répétant des paroles cryptées dans un français énigmatique : « L’enfant nous regarde / Venir / Infinité / La femme revêtue du soleil »… On pourrait être chez La Femme ou Léonie Pernet, ces artistes français de qualité, alliant mélodies complexes et tranchantes à des textes poétiques, brumeux mais ciselés. L’ambiance est lourde, soudainement éclaircie par une guitare cristalline, puis des clochettes, et nous voilà finalement sur un territoire pas si éloigné de celui de Blonde Redhead, avec qui le groupe a d’ailleurs tourné, tout comme avec Circuit des Yeux. L’influence du groupe new-yorkais est assez évidente ici, comme dans une transmission qui s’opère, dans un univers plus électro et mutant.
Ainsi, le duo, et couple, québécois Bibi Club marque-t-il le territoire d’Amaro, leur imposant troisième album, faisant suite à Le Soleil et la Mer (2022), premier album de dream pop appliquée, marqué par l’envie d’ailleurs par temps de pandémie, et le magnifique, protéiforme, et indescriptible Feu de Garde (2024), entre synth-pop, new wave et post punk des faubourgs montréalais. Sur Amaro, pour Adèle Trottier-Rivard et Nicolas Basque, place au deuil, à la mort et au souvenir, après le décès de deux proches, mais aussi au retour à la vie. Bibi Club n’est certes pas le premier à développer un album-concept autour de ce thème difficile et en faisant un feu de paille, un moment de recueillement et de réflexion autant que de joie : récemment, par exemple, Tuung l’a réussi avec son Death Club. La dualité des sentiments, vis-à-vis de la vie et de la mort, est le fil rouge, d’une grande cohérence, de cet album de renaissance. Musicalement, le duo régénère sa formule dans la continuité, vers un mix d’art-rock, de synth-pop, et de cold ou dark wave (selon les goûts !), avec des ouvertures au folk. Les plus musicologues le résumeront comme une évolution plus nette du son, sous influence de l’électronic body music, l’EBM pour les aficionados. Quoi qu’il en soit, c’est un beau mélange, fait de mélodies complexes et de sonorités plus dark ou dissonantes venant les perturber.
Illustrations avec la chanson Amaro, premier single figurant en deuxième position dans la track-list, dark wave parasitée par des rythmes orientaux, qui amène l’album sur un terrain encore plus dansant, avant que A Different Light, éclairée par les voix féminines en chœur, n’enfonce le clou dark wave, sur des sonorités rappelant Joy Division et leurs plus dignes héritiers. Au niveau des textes, les choses se précisent, de manière plus explicite, Trottier-Rivard y chantant en boucle « I want to live ». Suivent alors deux chansons qui calment le jeu : Le Styx, instrumental d’à peine une minute, dense comme une coda de A Different Light, et Le château, en cinquième position, simple comptine folk, dont le texte est encore plus limpide : « Il m’a dit la vie est devant / Les chevaux chargés de fleurs / L’amour survit à la mort »…
"I'll Change for You", la mélancolie orchestrale de Mitski
La compositrice et chanteuse nippo-américaine partage un nouvel extrait de son album conceptuel "Nothing's About to Happen to Me", une ballade aux arrangements raffinés sur la solitude et le désespoir amoureux.
Depuis 2012 et son premier album autoproduit, Lush, sorti pendant ses études au State University of New York at Purchase, Mitski n’a de cesse de faire évoluer son univers indie rock et pop, transformant le quotidien des émotions ou la déception amoureuse en chansons oniriques et théâtrales. Trois ans après The Land Is Inhospitable and So Are We, l’auteure, compositrice et chanteuse nippo-américaine s’apprête à présenter l’album Nothing’s About to Happen to Me, une œuvre fantasmagorique et conceptuelle décrite sur le site interactif de l'artiste comme "un récit riche dont le personnage principal est une femme recluse dans une maison négligée. À l’extérieur de son foyer, elle est perçue comme une déviante ; à l’intérieur, elle est libre.".
Avec des références littéraires comme The Haunting of Hill House et We Have Always Lived in the Castle de la maîtresse de la nouvelle horrifique Shirley Jackson, chaque titre est écrit comme une pièce de théâtre miniature où l’intime côtoie le fantastique, où la nostalgie s’écrit dans l’extravagance. Après le premier titre rock anxiogène Where’s My Phone, Mitski Miyawaki change de tempo et d’atmosphère avec la ballade I’ll Change for You. Un titre mélancolique qui est soutenu par des arrangements raffinés de cordes, de piano, de guitare, de flûte et de vibraphone, et sublimé par la voix de Mitski qui chante ici le désir et la solitude d'un désespoir amoureux.
Mitski interprète tous les titres et les parties vocales de ce nouvel album produit et réalisé par son collaborateur de longue date Patrick Hyland, avec la collaboration de Kris Bulakowski à la batterie ; dans la continuité musicale de The Land Is Inhospitable and So Are We, cet album propose des arrangements et des parties instrumentales jouées en direct par le groupe de tournée de The Land, dirigé par Michael Harris. Après avoir écrit deux titres du dernier album de Florence and the Machine et avoir été nommée aux Oscars pour sa collaboration avec David Byrne et Son Lux sur la chanson This Is a Life, l’artiste travaille actuellement sur la musique et les paroles de l’adaptation musicale de la série Le Jeu de la Dame (The Queen’s Gambit). Mitski présentera son nouvel album dans un show tout aussi conceptuel le 5 mai au Zénith de Paris La Villette.
L'album Nothing's About to Happen to Me, qui sort le 27 février via Dead Oceans, est en Sélection Fip au mois de mars.
« The Hardest Thing/Orange County, » un nouvel extrait du prochain album de Gorillaz, intitulé The Mountain.
Gorillaz, dévoile « The Hardest Thing/Orange County » enregistré avec Tony Allen, Bizarrap, Kara Jackson, Anoushka Shankar. Son clip est disponible via le player ci-dessous :
Il s’agit d’un nouvel extrait de The Mountain, neuvième album studio du projet de Damon Albarn et Jamie Hewlett, dont la sortie est annoncée au 20 mars. Toujours aussi varié et accrocheur, il regroupe 15 morceaux qui incarnent l’essence même de l’éthique collaborative de Gorillaz. On y retrouve également « Damascus, » « The Happy Dictator » et « The Manifesto, » précédemment révélés.
On y retrouve donc des artistes divers tels qu’Anoushka Shankar, Gruff Rhys, Jalen Ngonda, Johnny Marr, Omar Souleyman, Paul Simonon, Sparks et bien d’autres. On y retrouve également des voix d’amis et de collaborateurs disparus, dont Bobby Womack, Dave Jolicoeur, Dennis Hopper, Mark E. Smith, Proof et Tony Allen.
« En tant que poussière d’étoiles, nous sommes ici pour toujours, et cela représente une éternité » déclare le batteur de Gorillaz, Russel Hobbs, dans un communiqué. « Cet album est une méditation musicale imprégnée de lumière. Un voyage de l’âme, avec du rythme… »
With Circadia, their ACT debut, Mammal Hands open a bold new chapter: deepening their rhythmic language, expanding their sonic palette and reaffirming their place among the UK’s most boundary-defying instrumental artists. Drawing on jazz, contemporary classical, electronica, folk and minimalism, the trio pushes their immersive, atmospheric sound further than ever before. The arrival of drummer Rob Turner (founding member of GoGo Penguin) brings heightened rhythmic focus, expanded electronic textures and a fresh kinetic energy. The result is music that feels both unmistakably their own and thrillingly renewed. Circadia is an album about transformation: about cycles, endings, and beginnings. Its title gestures toward rhythms that exist beyond the purely musical: the patterns of life, breath, light and darkness. Across the record, the trio balances intricate, hypnotic grooves with cinematic expansiveness, emotional depth and an openness that invites listeners into a vivid, evolving landscape.
‘Second Guess’ is the assuredly laid back first single from the forthcoming album ‘Rap Major’ by producer, composer, and acclaimed jazz saxophonist Peter Farrar (P. Major) and rapper/guitarist Rapaport to be released through label Low Key Source in late 2025. ‘Second Guess’ is a boom bap meditation on self-belief and lost love over P.Major’s thick sample heavy, analogue beat.
Although Rap Major is their first collaborative album release, Rapaport and P.Major have worked together in various projects for 25 years, notably as half of award-winning (Triple J Unearthed competition 2014) four-piece Loose Change who released two albums ‘untitled’ (2010) and ‘Listening Party’ (2014) alongside Ellesquire and DJ Sam Zubrycki.
The album ‘Rap Major’ sees Rapaport deliver raps around grief, friendship, relationships and childhood over P.Major’s nuanced compositions and analog production, with the entire album produced on the MPC4000.
This summer, Australian hip hop is witnessing a powerful convergence of legacy and evolution.
Two of its most compelling pillars, the veteran maestro Rapaport and the acclaimed Bundjalung lyricist Mr Rhodes, are embarking on a landmark co-headline tour, celebrating the release of their respective new projects: Rapaport’s collaborative album Rap Major and Mr Rhodes’ duo EP Rhode House.
Rapaport, Joel Rapaport, is a foundational architect of the scene. As founder of Big Village Records and a versatile rapper-guitarist, his career is a bridge between hip-hop’s heart and jazz’s spontaneity.
His new album, Rap Major, created with long-time partner P.Major, is a deeply reflective work.
Crafted on the iconic MPC4000, it’s a sample-rich, analogue-driven journey through themes of grief, friendship, and resilience.
Reyne House and Blake Rhodes Released on: 2025-01-24 Producer: Reyne House Composer: Reyne House Composer: Blake Rhodes Composer: Elliot Hammond Lyricist: Reyne House Lyricist: Blake Rhodes Lyricist: Elliot Hammond
Après Shame et Food For Worms, la seconde platée de lombrics de 2023 nous vient de HMLTD. Sur The Worm, leur nouveau concept-album, un vers géant menace d’engloutir la Grande-Bretagne. C’est sans compter Henry Spychalski et ses preux cosmopolites, revêtus de leurs plus belles côtes de mailles, qui s’en vont pourfendre la bête.