Le bolide rouge, file fièrement vers la mer tant espérée depuis des lustres a la vitesse de ses deux chevaux vapeur, le moteur toussote à longueur de temps, le paysage parais monotone, mais le conducteur rigole dans sa barbe naissante, un bras au volant, l'autre a la portière. La brillance du soleil sur le pare-brise n'y fait rien, ses yeux clignotent à satiété, il est bien dans son siège de toile tendue malgré les cahots de la route mal entretenue. Par intermittence il regarde le type en passager assis sur la banquette a côté. De l’étonnement au visage, de l'envie aussi, l’envie de vouloir être comme lui, qui malgré ses trente années, parais rester un gamin, un enfant que le temps n'a pas altéré, un môme que le handicap notoire rend beau, d'une beauté que seuls les gens à l’autistes sévère dégagent, peut-être dû à leurs innocences, peut être dû à l’ignorance du mal qui habite ce monde si boiteux.
Pour le type en passager, pas de soucis, profitant des accélérations, par la fenêtre rabattante, il a déplié un grand sachet blanc de nylon, un de ces sacs siglés qui se donnent dans les super-market au coin du boulevard, et qu'il brandi à bout de bras en jouant avec les courants contraires. Le plastique a la main fais résistance au vent qui vient de l’océan, le "carrefour" inscrit en minuscule se gonfle d’orgueil sous la bourrasque, se tord d’émois, rebondis sur la carrosserie, parait se déchirer prêt à s’échapper, se rebiffe dans des envolées folles, et virevolte de haut en bas a la limite de la rupture, rien ne parait arrêter ce manège incontrôlable . Tout en fixant le cornet avec avidité, sans le lâcher, Son regard souvent dans le vague, le type en passager sourit comme un gosse a la noël. Comprend-il tout le mécanisme de tant de bonheur, Nul ne sait, nul ne saura, mais a l'instant, sans réfléchir a plus loin, il est heureux sont nylon au vent, il est heureux sont nylon au vent.
Le conducteur regarde sont petit monde d'un œil embrumé, lui aussi se sent rempli de joie, c’est surement ça le secret de l'allégresse. Il n'ose décélérer le moteur de peur que la magie du sac ne retombe, alors, à toute berzingue, sans aucune retenu, rien à foutre s’il dépasse la vitesse sanctionnée, rien à foutre. Aujourd’hui, il emmerde la tristesse qui souvent l’envahie, et pied au plancher, il fonce vers l’océan !!!











