La Westminster de chez vedette claironne le présent à grands coups de gongs qui résonnent dans le salon vide de sens, la Westminster de chez vedette ne se pose aucunes questions, ses roues dentelées tournent à la perfection depuis soixante bonnes années, elle est là, au milieu d'humains cupides les yeux rivés à leurs écrans lumineux, et qui ont totalement oublié sa présence rassurement. Presque encastrée dans le mur gris rien ne la différencie du reste du mobilier, en son cœur deux ou trois toiles d'araignée oubliées depuis des lustres embellissement son vieil âge canonique. Elle est là, heureuse de sa grandeur passé, enchantée d'avoir guider des générations d'Hommes dans l'espace-temps, avec pour seul peur que l'on oublie de la remonter. À l'heure d'internet ou l'avenir de l'humanité se joue à la milliseconde, ses aiguilles muettes indiquent le moment à quelques minutes près, à quelques circonstances près, faut dire que plus rien ne presse en plein air du quartz roi. On laisse couler le temps en attendant qu'un pignon casse, en attendant la panne critique, la remisse définitif au fin fond du sombre grenier ou la vente de son âme a un vulgaire ramasseur de ferraille a prix écorché. Mais bon, tout en égrainant les saisons, si l'on peut encore voler deux ou trois années au dieu protecteur des mouvements, c'est toujours ça de pris sur la gueule à "Emmanuel" le voleur d'horizons lointains, le seul responsable assurément de ce chaos burlesque qui dépèce les minutes pour l’unique plaisir du pognon roi. C’est si doux de sonnailler en silence dans son coin, quasiment oublié de la famille, quasiment oublier de la valetaille qui gravite à ses pieds. En se disant : "vive la vie", oui, en se disant : "vive la vie de sans soucis"










