Il dit : « je prendrais bien le train à travers ma fenêtre aux mille rides de saletés ». Un café italien par défaut lui réchauffe des doigts qui tapotent les mots en tous sens, sept heures du matin, et la rue reste inévitablement vide dans le froid de fin novembre, dans son coin le sapin clignote, sur l’ampli Marshall Baschung joue sa musique, et sa voix semble venue de très haut pour imprégner la pièce a vivre . Bordel... Il s’ennuie dans ce monde figé par la trouille et la peur d’un avenir foutu d’avance !!!
Il dit : « Je prendrais bien le train direction je ne sais ou, direction vers là-bas, juste pour échapper quelques minutes à la morosité ambiante ». Là-bas, ou peut-être un brin de victoire sur l'avenir subsiste tant bien que mal, partir un billet imaginaire a la main, avec pour seul bagage deux trois pensées disjointes pour suivre la courbe millénaire du soleil, détaler en laissant derrière sois l'essentiel, sans se retourner, sans réfléchir, franchir la vitre sans copilote, avec pour seul axe les quelques étoiles encore visibles dans le ciel du levant !!!
Il dit : « Je prendrais bien le train à condition qu'on mit autorise ». Bosse bouffe et dors, hier au soir des types qui décident nous ont partagés l’idée d’un certain degré de liberté, de sacrifices et autres colifichets propre à cette république de nanties, mais à quoi bon y croire, tout parait mort dans la brume de l’automne, tous semblent disparaitre à jamais entre les quelques fleurs encore résistantes aux premiers gels !!!
Sur le Marshall Alain chante : « Il dit je n'attendrai pas le paradis. Mais Dieu sait que j'aurai essayé. Le monde est plein de ronces. Et ce que je cherchais je ne l'ai jamais trouvé ».