“Et si je disparais un jour, dis leur que j'avais la fureur de vivre, que je souriais toujours, que je riais pour un rien, que j'y croyais en l'amour, que je profitais de chacun de mes instants, que je m'en foutais des sentiments, que je déambulais dans les rues jusqu'à pas d'heures, que j'étais ivre de folie. Dis leur que ma vie était un feu d'artifice, que chacun de ses éclats illuminaient mes jours. Dis leur à quel point j'étais heureux et dis leur que j'ai vécu, sauvagement, gaiement, joyeusement et déraisonnablement. Mais surtout, ne leur dis pas que j'avais une entaille dans l'coeur, que j'avais plus la force de vivre, que j'voulais fuir. Ne leur dis pas que j'y croyais plus à l'amour, que je voulais partir, que je voulais crier, que je voulais pleurer. Ne leur dis pas que j'avais le corps noyé de larmes, que j'avais des regrets, que je faisais tout ça pour oublier et brûler mon chagrin. Ne leur dis pas à quel point j'étais usé, à quel point j'étais fatigué de courir les rues le soir. Ne leur dis pas que j'étais souillé, que je me sentais sale, que j'étais perdu. Ne leur dis pas, que j'avais mal, mal d'aimer, mal de vivre, mal d'être moi. Ne leur dis pas tout ça, ce serait détruire tout le travail d'une vie.”