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@bimbambluebadaboum
René Char - Commune présence
MĂȘme sâil nous boude une bonne partie de lâannĂ©e, ce quâil y a de bien avec le printemps, câest quâil reste toujours fidĂšle et surprenant
on finit toujours par devenir ce qu'autour de soi on a construit
un élan, un appui, une correspondance
dans la limite de la lumiĂšre
(mercredi 6 janvier 2010)
Y a des trucs, des mots, des sons qui font parfois des petites rondes dans ma tĂȘte
Je sais pas trop comment, câest parfois des idĂ©es qui reviennent tout le temps pendant quelques jours, qui se font Ă©cho, qui se rĂ©pĂštent
Ou une obsession sur des objets que jâai lâimpression de voir en permanence, comme sâils me suivaient, ou quâil y avait un alignement des planĂštes particulier
Jâai appelĂ© ça la thĂ©orie des trombones ; parce quây a longtemps de ça maintenant, câĂ©tait Ă lâhiver 2003-2004, jâen trouvais partout dans la rue, comme si quelquâun les avait Ă©grenĂ© par terre, comme un chemin de petits cailloux, quâil faut suivre pour rentrer
Mais on voit ce quâon veut bien voir; ça faisait longtemps que jâavais pas vu de trombone abandonnĂ© par terre. Et jâen ai vu un il y a quelques jours, et ça mâa rappelĂ© ces jours dâhiver, comme si câĂ©tait hier.
Puis ça peut ĂȘtre autre chose, une atmosphĂšre, des reflets, une odeur, des mots, comme ça, dans une rĂ©pĂ©tition
Ces jours-ci, câest un son, câest des mots en « ion ». Une rĂ©pĂ©tition en « ion »
Va savoir pourquoi
Répétition donc, compromission, réflexion, ondulation, confession, illusion, déception, conspiration, question, adhésion, organisation, oscillation, abnégation, acceptation
...
...
...
...
Ăa va durer quelques jours, et puis je passerai sans doute Ă une autre lĂ©gĂšre obsession
Prendre du temps pour soi
Un repos qui pourrait durer, sâinstaller, sâallonger
Des dizaines de mois
Tellement la fatigue sâest installĂ©e
De notre plein gré et surtout par-devers soi.
Mettre fin Ă cette course contre la montre
Qui épuise, qui use et qui boit
Toute cette Ă©nergie Ă lâencontre
De ce quâon est et ce en quoi on croit.
Enfin regarder, penser, et vivre
Se donner cet espace dâexprimer qui oĂč comment quoi
De laisser lâesprit flĂąner, le rendre ivre
De ce quâil voit, fait, mesure, perçoit.
Voler des secondes des minutes et mĂȘme des heures
Se poser, lâaccepter, ne plus ĂȘtre aux abois
Retrouver ou rencontrer comme son havre intérieur
SâarrĂȘter, tout arrĂȘter pour une fois.
Parce que ce havre, on sait quâil est lĂ
Pas loin, on le salue de loin, eh coucou câest toi?
On lâĂ©crase, on le mĂ©prise, on met le holĂ
On doit le soudoyer, le faire taire, le mater souvent, parfois
Pour lâabandonner tel quel, lĂ oĂč il est, enfermĂ©, emprisonnĂ©
Juste le regarder, le cajoler et lâadmirer dans son joli carquois
Il est bien muet, mais il se bat, il essaie de se libérer
Et on pourrait juste lâaccepter, le faire sâenvoler ce ça, son soi, ce moi.
Aller loin. Aller loin dans la vie. Mais quelle connerie ! Quand jâĂ©tais petit, Ă chaque fois que lâon me disait que je pourrais aller loin, que jâen avais les moyens, que jâirais loin, que je ferais de grandes choses, Ă chaque fois ça mâenfonçait un peu plus. Une pression de dingue que lâon faisait peser sur mes Ă©paules dâenfant. Ce nâest pas Ă cause de mes aptitudes, de mes compĂ©tences, de mon ambition ou de toutes les questions que je me posais. CâĂ©tait moi que lâon Ă©crasait. Parce que moi, je mâen foutais dâaller loin. Moi, je veux juste aller bien. Je laisse aller loin ceux qui le veulent (mĂȘme si ce ne sont pas forcĂ©ment ceux qui le peuvent) et je reste juste lĂ , un pas en retrait, tranquillement, Ă profiter, Ă observer, Ă apprendre. Je laisse partir devant ceux qui ont des problĂšmes dâĂ©go Ă rĂ©gler et qui pensent que dĂ©passer les autres les fera aller bien.. Dieu sait que jâen ai moi aussi, des problĂšmes dâĂ©go⊠mais ils me poussent dans dâautres directions. Je vais aller oĂč jâai envie dâaller, oĂč je me sentirai bien. Je ferai peut-ĂȘtre parfois du sur-place ou bien, comble de lâironie, peut-ĂȘtre que jâirai un peu plus loin quâon lâimaginait, mais je le ferai pour moi, par moi. Alors allez-y, partez devant, foncez. On va tous vers le mĂȘme mur. Vous irez juste plus vite.
Tout à fait en adéquation
Pensées du moment
Humeur du mercredi
Ăcouter ce morceau mâa toujours donnĂ© envie de partir me balader en vĂ©lo, un jour de printemps ou dâĂ©tĂ©, de flaner dans les champs, de faire la sieste Ă lâombre dâun arbre, de tremper une gambette dans lâeau dâun lac ou tout en entier
Cette idĂ©e des jours qui sâallongent, le temps qui sâĂ©tire comme on lâentend
Comme si tout était possible, comme si tout était permis
MatiĂšres-Maisons
Les lignes du bois, et les échardes des poutres à travailler
Les murs quâon dĂ©nude
Les briques quâon met Ă nu
Les motifs du vieux papier-peint de la chambre rĂ©cupĂ©rĂ©e, adoptĂ©e, lâun de seuls qui reste ici, dâĂ©poque
Le tissage du dessus-de-lit, souvenir de chaque génération
Des arriĂšres grands-parents, des autres maisons,
Ces matiĂšres, quâon decouvre et dont on se souvient, comme une premiĂšre rencontre, cette sensation de dĂ©couvrir et de connaĂźtre Ă la fois
Les faire miens et et les faire miennes, et les laisser continuer de vivre par eux-mĂȘmes
Le petit spot
Le mĂȘme
A lâautomne
Un rocking-chair
Un rayon de soleil
Les feuilles Ă ramasser
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