comme un poisson dans l'air (la semaine a pas été folichone)
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@borisdunand
comme un poisson dans l'air (la semaine a pas été folichone)
un printemps tout subjectif pour les quelques un-e-s qui goûtent à mes racontages et qui n'ont pas vu qu'il était publié - il y a des choses plus importantes à regarder, mais peut-être que ça te fait une respiration...
Sur le chemin du retour
Les vacances parfaites: remplies d'ennui ? Ou: La voie d'accès au désir
(Oui je publie à rebours, intentionnellement: pour éviter d'être dans le "bruit" de la création, dans l'adrénaline ou le doute immédiat. Je refuse d'être un créateur de contenu.)
Sur un fond de déprime, une coquille de noix vogue et s’anime parfois de jolis élans de gaieté, la pluie de l’autre jour, le ciel bleu de ce matin, le courage d’oser une parole ou l’autre, la satisfaction d’une création qui prend forme sous mes yeux, les sourires de mes collègues, une soudaine détermination, la création d’une nouvelle chanson et l’ivresse du chant, la propreté et l’organisation de mon lieu de vie - petits éclats dont la récolte ici me donne l’impression qu’ils sont plus nombreux que je ne le sais. Sans eux, la nuit. Comment les bien voir ? Je devine la force qui les annule.
Panoramic captures with the Fujifilm GFX 50R
Ce qui pourrait ne pas avoir de fin.
> patreon
J’ai pas envie d’arrêter. D’écrire comme ça. Si on me voit on doit se dire : il a pas l’air en forme. Ça a pas l’air d’aller bien. Pourtant, quelle délivrance, quel soulagement là , quel délice d’être ce corps tout flagada qui sirote son café, tire la gueule, déboule ses pensées dans tous les sens, écoute une musique triste et se délecte de son humeur, mélancolique, ému, présent.
J’ai pas envie, de m’organiser, de me tenir, de choisir, d’éliminer, de chercher à faire comme il faut. J’ai envie de continuer à faire n’importe comment. De laisser venir ce qui vient. J’ai envie d’un rayon de soleil sur ma gueule.
Possible de continuer la matinée dans la même onctuosité ?
Les rituels, ça n’évite pas tant de penser que ça évite de se poser la question : de quoi j’ai envie, quel est mon désir là ,…
hier, un besoin d’amour, de douceur, de tendresse, d’affection
ce matin, une précision : quelque chose sans exigences, sans dureté, sans attente, juste, être aimé
et s’ouvrent en moi deux choses : c’est un moment où j’y ai accès, et je me le donne, je crois ne sentir que le manque et le besoin, mais c’est là , j’y suis, dans un lieu qui en a le goût, je connais, j’éprouve là maintenant une affection qui ne demande rien, n’exige rien – me manque de pouvoir la donner, la partager, même si je sens qu'elle trouve des adresses
m’apparaît alors avec une acuité particulière la violence de certaines exigences, leur vacuité, leur organisation pour la façade, la protection… et leur incompatibilité radicale avec l’amour, une coexistence impossible là , soit tu aimes, soit tu demandes, mais il n’y a pas les deux. Quand je dis « tu aimes », je dis tu ressens de la tendresse, une affection douce et tendre, une grande vulnérabilité, un sentiment gratuit, qui survient sans condition, qui peut même embrasser des paradoxes, savoir toutes les frustrations et aimer quand même, ça aime, c’est tout.
des inconnu-es et des pas inconnus
Photographies de New York, réalisées avec des appareils numériques (Fujifilm X-S10, iPhone) et argentiques (Lomo LC-A et Pix Panorama ANSCO)
Photographies de New York, réalisées avec des appareils numériques (Fujifilm X-S10, iPhone) et argentiques (Lomo LC-A et Pix Panorama ANSCO)
Si dur hier, le travail. Si dur. J’y suis presque tout le temps dans cet état ces dernières semaines. Là , j’avais en plus une heure de sommeil manquante. Aucun désir. Aucune énergie venant de moi. Emmerdé.Â
Fatigué. Sans élan. Mal à la tête. Pas bien. Pas joyeux. Je m’occupe un moment avant de prendre le matos et d’aller dans la salle. C’est beau. L’artiste arrive. Très choue. On discute un petit moment. Hyper accessible, normale quoi. Une femme qui fait des trucs, qui aime faire les trucs qu’elle fait. Simple au possible. Je connecte.
Et je fais des photos, je filme, je circule, je donne un petit coup de main. Il y a R., C., M., les monteurs, la scénographe, et je me sens prisonnier d’une chappe de plomb. Et me voilà traversé de sanglots, j’ai envie de pleurer, je comprends pas. Je me sens seul. Je n’ai rien à faire là . Je me fais violence pour aller saisir des portraits de M. en train de discuter devant ses pièces, je mitraille, je devine que je capte de chouettes images, des sourires, des angles. Et je suis malheureux. Je souris pourtant, je regarde, je me fais discret, mais je suis en contact visuel avec chacune, chacun. A. est là aussi. La camaraderie complice entre nous. Et au milieu de moi, ce gouffre sombre, dévorant. Un abîme.Â
Je retourne à la loge, en chemin : c’est dur, c’est si dur. Je saurais pas dire plus. C’est la fatigue surtout ? Zéro moteur. Comment dire. Rien qui me propulse spontanément. Je pourrais m’asseoir là sous la pluie, dans le gravier trempé, regarder par terre, et attendre qu’on vienne me chercher. J’ai plus envie. J’ai plus envie. Je m’en fous de tout ce cirque. Ça ne me concerne pas. Je fais tout ça parce que je suis obligé. Pour pouvoir me payer un appartement, des outils créatifs, des vacances et de la bouffe. Ça n’a aucun sens, ça ne va nulle part.Â
C’est pourtant mon moment préféré au musée. Je comprends pas trop ce qu’il se passe. L’impression d’être rongé de l’intérieur. Un manque de plaisir. Une fatigue d’une ampleur qui m’échappe ?Â
pas envie aucune envie si : rester au lit déprime et il pleut à verse et il faudra pédaler pendant 20 minutes et je suis déjà fatigué café trop tôt, mais café quand même la journée au lit : si seulement
une permission d’en sentir l’envie : papa directeur qui encore malade a dit qu’il souhaitait annuler une réunion : « Demain je n’ai qu’une seule envie : passer la journée au lit ». Salop va. Moi aussi. Moi pas malade, moi pas virus, moi pas grippe, mais moi triste, moi fatigué dans les nerfs, moi les yeux qui brûlent, moi le cerveau qui patine, moi le cœur lourd. (mon cerveau si rapide lundi, le même, si lent hier, si lent, si embourbé)
j’aurais besoin d’un câlin - un câlin qui ne me demande rien, le câlin de quelqu’un qui a besoin de faire un câlin, pendant que moi j’ai besoin d’en recevoir un
pas de matin libre pour respirer, mercredi journée entière là -bas et il pleut, il faudra pédaler, il faudra mettre plein de couches, partir plus tôt aussi pas envie
Bon, 8h18 on retourne au lit ? (ahahah, même pas drôle) (si, un peu quand même)
Courts métrages autobiographiques
(cet espace est désormais celui de mes écritures d'adulescent)
Un vieux caméscope et de vieilles pensées récoltées au coin du feu. (Non, plutôt à l'aube, pour tenter de supporter ce monde.)
je suis frappé comme au seul fait de savoir que c'est un temps de vacances devant moi, quelque chose se récupère cette précipitation : vite avant et après le travail, produire, faire les films, ranger, éditer, sauver, faire développer, découper, ranger, organiser, garder le corps souple sans douleur, écrire, vendre des trucs pour m'en débarrasser à profit, enregistrer des vidéos, des voix off, etc. etc. etc. et les journées sont remplies tout le temps, avec juste ça, l'obligation de ça, et les lessives, la vaisselle, la bouffe, les repas, l'étendage, le séchage, le rangement, le nettoyage, l'aspirateur, l'hygiène, les courses, etc. etc. etc. et comment tu fais pour voir des gens, pour avoir une vie quoi et ben là ça redevient possible sans étouffement nécessaire
+ sinon j’ai publié deux films sur YouTube et ça me ferait assez plaisir que t’y jettes un oeil parce que l’algo a pas été trop sympa malgré les bonnes stats + j’ai écrit aujourd’hui une chronique sur le livre dit culte de David James Duncan « La vie selon Gus Orviston » (lien en story ou dans mes articles récents en bio)
Ce n’est pas le corps qui est oublié, effacé, annulé, c’est tout ce qui le brusque. Des matières qui lui font mal aux troubles qui le contrarient, en passant par les humeurs qui le rongent. Par l’écriture, pour écrire, en écrivant, je cherche un corps attendri, un corps tendre. Lire tout le texte sur mon site: Le corps qui écrit
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