Ma grand-mĂšre nous lâa souvent rĂ©pĂ©tĂ©, alors quâenfants, rendus tout cotonneux par la chaleur Ă©crasante de lâĂ©tĂ© provençal, nous prononcions cette phrase si terrible, nous verbalisions â et donnions donc consistance â Ă cette vacance dâoccupation.
« Câest trĂšs bon, de sâennuyer », rĂ©pondait-elle, avec une conviction visible jusque dans ses yeux, quâelle ouvrait grands et dâun air sĂ©rieux.
Est-ce cela, la nostalgie ? Rappeler Ă soi des moments et leur enveloppe Ă©motionnelle et sensorielle, les contempler de loin, de plus en plus loin, savoir quâils ont Ă©tĂ© mais quâils ne seront plus jamais ?