Je vous ai dĂ©jĂ parlĂ© que je nâĂ©tais pas la personne la plus habile au monde. Je nâai aucune connaissance de mes distances corporelles ou extracorporelles, ce qui signifie que je me cogne constamment partout. Si un jour un mĂ©decin mâexamine le corps au complet pour une raison X, il va assurĂ©ment se demander si je suis battue. Je suis couverte dâecchymoses, habituellement sur les bras, parce que je me cogne sur les cadres de porte, sur les avant-bras, parce que je me cogne sur les poignĂ©es de porte, sur les hanches, parce que je me cogne contre lâĂźlot du comptoir, sur les tibias parce que je me cogne en montant les escaliers trop vite et je tombe ou encore je mâaccroche constamment les orteils sur des coins de lit ou autre meuble Ă©tant sur mon chemin. Je me suis dĂ©jĂ cassĂ© deux orteils, enceinte, parce que jâai accrochĂ© un gros bol de crĂšme glacĂ©e en cĂ©ramique Ă©paisse, avec ma bedaine de 8 mois, qui est tombĂ© directement sur mon pied.
Il ne faut pas oublier non plus mes gaffes nombreuses, comme accrocher des choses, que ce soit, le visage de mes enfants quand je les coiffe, un verre sur le comptoir ou un cafĂ© que jâai renversĂ© sur mon ordinateur.
Vous vous doutez que lâanecdote qui suit, renforce ma rĂ©putation dĂ©jĂ lĂ©gendaire de personne malhabile. Certains dâentre-vous le savent, je me suis sĂ©parĂ©e (officiellement)  depuis environ 10 mois. Constatant que les choses ne se replaceraient pas, jâai pris la dĂ©cision finale. Celle qui fait mal. Parce que vous le savez peut-ĂȘtre mais prendre la dĂ©cision ne fait pas moins mal que la subir. Bref, je ne mâattarderai pas sur le sujet, je nâen ai pas envie. Mais le fait est, que jâai dĂ» dĂ©mĂ©nager et jâai rĂ©cemment fait lâacquisition dâune nouvelle maison.
Il y avait des rĂ©novations Ă faire, dont la salle de bains. Je vous vois venir: habiletĂ© lĂ©gendaire+rĂ©novations= dĂ©sastre. Mais aussi surprenant que cela puisse vous paraĂźtre, je suis assez bonne pour les rĂ©novations. Je suis mĂ©ticuleuse et habile de mes mains. Bref.  Jâai Ă©tĂ© pressĂ©e par le temps et les murs de la salle de bains sont descendus au bas de la liste. Il restait du plĂątrage et de la peinture Ă faire et je voulais me dĂ©pĂȘcher avant que le plombier vienne connecter lâĂ©vier et la toilette. En commençant Ă sabler, jâai remarquĂ© une petite croĂ»te de peinture qui levait sur le bas du mur. Jâai donc pris ma spatule Ă plĂątrer et lâai dĂ©collĂ©e. Mais lĂ , ce nâest pas une petite croĂ»te qui est venue mais plutĂŽt une guirlande. Jâai commencĂ© Ă gratter le mur et ça dĂ©collait partout. Une tempĂȘte de vieille peinture.
CâĂ©tait, au bas mot, une catastrophe. Mon plombier arrivait dâici 1 heure et la peinture dĂ©collait comme une volĂ©e dâoiseaux Ă lâautomne. Il fallait donc en plus que je sable le mur en entier, fasse des retouches de plĂątrage, sable de nouveau, applique un apprĂȘt Ă lâhuile plus la peinture aprĂšs. Mon plombier est arrivĂ©, jâavais la mine dĂ©faite. Peinturer autour des meubles, non merci. Heureusement, il Ă©tait Ă©galement disponible le lendemain, il mâa donc proposĂ© de revenir Ă la mĂȘme heure. Je lui ai quand mĂȘme demandĂ© dâinstaller la toilette parce que les enfants avaient peur de descendre au sous-sol (Zalie avait eu lâidĂ©e gĂ©niale de dire aux autres quâil y avait des loups-garous au sous-sol donc ils refusaient de descendre seuls malgrĂ© mes protestations et assurances que les loup-garous nâexistaient pas). Ok câĂ©tait pas lâidĂ©e du siĂšcle parce que ça mâobligeait maintenant Ă peinturer en arriĂšre de la toilette mais ça mâĂ©vitait 3 rĂ©veils par nuit pour des envies pressantes. En tant que parent, faut choisir ses combats.
Donc le jeudi soir, aprĂšs avoir couchĂ© mes trois adorables monstres, je me suis installĂ©e pour appliquer lâapprĂȘt (oui le sablage avait dĂ©jĂ Ă©tait fait). Je peinturais et en descendant du banc sur lequel jâĂ©tais juchĂ©e jâai mis le piedâŠ.dans la panne de peintureâŠ..Ă lâhuile. Jâai lĂąchĂ© un «TABARNAK!!!» bien senti et je me tenais lĂ , stupidement un pied en lâair avec le rouleau de peinture dans les mains et une colĂšre noire que je sentais monter. Je me suis assise sur le bord du bain et jâai parti lâeau pour laver mon pied. Mais Ă©tant un apprĂȘt Ă lâhuile la seule chose qui est arrivĂ©e est que bien sĂ»r je me suis retrouvĂ©e les deux mains et les deux pieds complĂštement blancs. Je ne pouvais plus Ă©teindre lâeau, ni sortir du bain et je nâavais pas de serviette. JâĂ©tais sur le bord dâexploser. Puis je me suis regardĂ©e et jâai rĂ©alisĂ© le ridicule de la situation. Jâai Ă©clatĂ© de rire. Un rire vrai et franc, Ă en rire aux larmes. Un rire que je nâavais pas eu depuis longtemps. Un rire qui a traversĂ© les murs de ma nouvelle maison. Mon nouveau dĂ©part. Un rire qui mâa fait tellement de bien car il y avait longtemps que je nâavais pas ri autant.  Jâai finalement rĂ©ussi Ă mâĂ©tirer jusquâau drap que jâavais Ă©tendu. Je me suis grossiĂšrement essuyĂ©e et ai rĂ©ussi Ă me rendre jusquâau rouleau de papier essuie-tout sur la toilette. Jâen ai mis 2 sous mes pieds et ai «patiné» jusquâĂ ma chambre. Je devais avoir lâair franchement ridicule et jâai ri de plus belle. Jây ai pris une paire de bas que jâai enfilĂ©s. Jâai fini ma peinture ainsi. Les orteils me collaient ensemble et je riais de plus belle.
Ăa fait 3 jours que cette aventure est arrivĂ©e. Jâai encore de la peinture un peu partout sur les doigts et les pieds et mĂȘme, surprenamment, dans les cheveux. Jâai frottĂ© avec tout ce que jâavais dans la maison, parce quâĂ©videmment je nâavais pas de dissolvant Ă peinture. Je me suis donc lavĂ©e avec, respectivement: du VIMâą, du savon Ă vaisselle, du VIM extraâą, du Windexâą, du Hertelâą, name it. Je nâai pas osĂ© utiliser Le CĂ©ramiqueurâą vu le signe corrosif sur la bouteille et que la derniĂšre fois que jâen avais utilisĂ© ça me brĂ»lait Ă travers mes gants.
Bref, mon habiletĂ© est toujours aussi lĂ©gendaire, mais au  moins cette fois-ci jâen ai minimalisent retirĂ© un fou rire Ă©pique.
Habileté légendaire Je vous ai déjà parlé que je n'étais pas la personne la plus habile au monde. Je n'ai aucune connaissance de mes distances corporelles ou extracorporelles, ce qui signifie que je me cogne constamment partout.