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@claudiomz
Mais ce n’est ni tes couteaux, ni tes prisons, ni tes bottes, ni même tes matraques qui me font si peur.
C’est ton sourire.
Ton sourire à l’émail parfait, à la blancheur de soie, de parfaite splendeur. L’alignement parfait de cette dentition de vainqueur, d’orthodontie scrupuleuse. La sordide méticulosité de tes rendez-vous jamais manqué pour une hygiène impeccable dans ce cabinet du XVème arrondissement au pied d’une tour Eiffel aussi hautement dressée que ta propre suffisance.
Un sourire qui me dit que moi, je ne fais rien d’autre que lecher le peu de miette que tu laisses sur ton passage, toi qui suce la terre jusqu’à en faire pleuvoir des larmes acides sur nos landes infertiles et exsangues, toi qui pisse dans les fleuves des torrents de stupres et des cataractes de pots de yaourt sang pour sang bio, qui jettes jusqu’aux plus hauts des Pyrénées, des sacs entiers de crème à faire la fesse douce et la pensée flasque.
La peur de ton sourire, la haine de ton nom.
La haine rouge qui me tient le fond du ventre. Elle me brûle les entrailles. La peur de toi ou la haine de toi me font pâlir, car, je me vois me pervertir. Perdre le mien, de nom. De doux agneau de dieu, de doux chérubin amoureux du ciel, des nuages, des mousses et des prêles, je me vois devenir de que tu es, porteur de la haine de l’autre, Sheitan de gratte-ciel de zone d’affaires. Je me vois succomber à ton sourire. Je me vois parfois m’en revêtir.
D’aucun avait écrit un très beau texte “vous n’aurez pas ma haine” ; les coups de butoirs sans cesse répétés des laideurs urbaines en 4 par 3 ou sur mon fil d’instagram me font craindre que ma haine pourrait venir sous peu grossir tes rangs d’arrogants vainqueurs.
Non, je ne veux pas de ça, ni pour moi, ni pour ma femme, ni pour mes enfants, pas plus pour mes patients que pour mes amis.
Je crois en la force des mots, de la tendresse et de la pensée sur ton sourire d’alligator.
Je crois à la douceur de mes bras, fermes et aimants autour des épaules des gens que j’aime, je crois à la lumière du soleil du matin sur la rosée d’une toile neuve d’Epeire dans un troène au jardin.
Je crois aux larmes partagées qui jaillissent comme un baume sur les plaies de nos douleurs. Je crois aux rires qui s’élèvent haut au firmament. De ces rires qui résonneront toujours dans mon cœur, y compris lorsqu’il aura cessé de battre. Lorsque fatigué de parcourir les sentiers de cette terre, je souhaiterai mourir, je rejoindrai heureux les cieux tapissés de rires et des larmes de mes enfants et les dernières couleurs que j’emporterai avec moi seront celles de leurs yeux.
Perlan las lágrimas a la orilla de mis pestañas por haber visto
En tus ojos, este pedazito de inmensidad
Que derramas con generosidad
Para ti, para mí, para nosotros, para todos los que te han visto
arrancar momentos de los remolinos de nuestras vidas,
una última vez más con Sancho, Miguel y María,
arrancados hoy de sus eternidades.