Sceptre de Charles V, Musée du Louvre, Paris, France.
Sceptre royal
Le sceptre est un attribut de la royauté commun à de nombreuses civilisations. Il est l'insigne du pouvoir royal. Il symbolise par sa verticalité la transcendance du pouvoir. Dans le royaume de France, il est sommé d'une fleur de lis double. le sceptre sommé d’une fleur de lis étant attesté sur des sceaux et représentations royales bien antérieurs à l’apparition de l’art héraldique et, donc, au choix des fleurs de lis comme meubles dans l’étendard ou le blason royal. Le sceptre de Charles V (1338-1364-1380) est orné d'une statuette de Charles Ier Le Grand (742-814), roi des Francs en 768, puis empereur d’Occident en 774, dit Charlemagne (Karolus Magnus) en majesté, posée sur un lis ouvert. Dans cette représentation, le roi est revêtu du manteau royal, dont la forme est directement issue du paludamentum romain, agrafé sur l’épaule droite, comme ce fût le cas jusqu’à la fin de la royauté en 1830. Il porte les insignes de sa fonction et de sa dignité : Le sceptre long, qui est tenu dans la main droite du souverain, témoignant de son pouvoir royal, l’orbe surmonté d’une croix, représentant la prééminence au sein de la chrétienté universelle et la couronne fermée, à l’époque uniquement dévolue à la dignité impériale, dignité renforcée par la présence de deux aigles romaines de part et d’autre du trône, en lieu et place des habituels lions des trônes royaux des rois francs. Par cette représentation du roi des Francs en empereur d’Occident au sommet de son sceptre, en plus de marquer l’ascendance carolingienne des Capétiens, Charles V Le Sage préfigurait la maxime établie plus tard par son lointain successeur, François Ier, à savoir que «le roi de France est empereur en son royaume » et marquait ainsi la souveraineté et l’indépendance temporelle absolue du roi en France vis-à-vis de du Saint-Empire Romain Germanique dont les prétentions étaient, à l’instar de la papauté, d’étendre sa suprématie à tout l’Occident, oubliant par là même que cet empire ne fut jamais que la partie orientale de l’empire franc abandonnée à elle-même suite à la mort de Charles II Le Chauve (877). Ce sceptre fit partie des regalia jusqu’au sacre de Charles X en 1825, dernier roi de France régnant. Pour mémoire, ce sceptre revient aujourd’hui de jure à l’aîné salique de tous les Capétiens, SAR le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, Louis XX.
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