Pluie d'automne sur Miquelon

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Pluie d'automne sur Miquelon
L'île du Petit colombier
Voilier dans le nuage de l'incinération des déchets à Saint-Pierre
Malgré tout l'amour que les habitants de Saint-Pierre et Miquelon disent porter à leurs îles, rien n'est fait pour faire disparaître les deux immondes décharges à ciel ouvert (localement "dampes") toujours présentes à Saint-Pierre et à Miquelon, et qui en plus de défigurer le paysage et le polluer, véhiculent une image très peu flatteuse de l'archipel.
Le tri des déchets est inexistant à Saint-Pierre et Miquelon, l'ensemble est jeté en vrac dans ces décharges puis simplement brûlé à ciel ouvert, bien sûr sans la moindre filtration des fumées, lorsque les vents sont orientés vers le large. Cependant, il semble parfois que le vent tourne plus vite que prévu, et le pittoresque paysage de l'île aux marins avec ses jolies maisons colorées en prend en sérieux coup, le nuage formé étant parfois massif et d'un noir profond, sans parler des effluves nauséabondes projetées à des kilomètres jusqu'aux villages canadiens de la Péninsule de Burin à Terre-Neuve... Aux dires des pêcheurs, ils « sentent » parfois Saint-Pierre et Miquelon avant d'en apercevoir les côtes, au retour d'une marée dans le « tunnel » (la zone de pêche relictuelle de la France dans la région).
En parcourant ces décharges, on marche sur des strates de déchets accumulés depuis des décennies, brulés ou non, plus ou moins polluants et biodégradables. Détail bucolique, on y observe également de nombreux chats et chiens errants gambadant parmi les vieux pneus, les machines à laver et les moteurs de camions.
Une usine de compostage a été bâtie à proximité de la « dampe » de Saint-Pierre. Mais aucun gestionnaire en vue, et le bâtiment reste pour l'instant inutilisé. À côté de l'enthousiasme suscité par des projets plus lucratifs, la préservation de l'environnement reste une préoccupation mineure à Saint-Pierre et Miquelon, où les habitudes solidement ancrées ne se changent pas facilement. Et si instaurer un tri sélectif des déchets est possible sur un territoire de 60 millions d'habitants, il est encore aujourd'hui utopique sur ce minuscule archipel peuplé d'à peine 6000 âmes. Alors de là à parler d'une filière de recyclage...
© Toutes les images de ce blog sont la propriété de Thibaut Vergoz. Tous droits réservés. Reproduction et représentation interdites sans l’autorisaton écrite de l’auteur.
Les îles Miquelon et Langlade sont reliées par un isthme sableux de 12Km, fermé depuis la fin 18e siècle.
Longtemps la légende a voulu qu'il se soit formé sur les épaves des nombreux navires venus s'échouer sur les hauts fonds en voulant passer entre les deux îles... Depuis 1816, plus de 650 naufrages ont ainsi été recensés.
Grâce aux travaux menés sur l'isthme par le CNRS depuis une dizaine d'années (à droite), on a désormais la preuve que sa formation est issue d'un phénomène naturel. Toutefois, l'accumulation des épaves pourrait bel et bien avoir accéléré le processus...
L'érosion liée à la hausse du niveau de la mer et l'accroissement de la fréquence et de la violence des tempêtes, menacent de plus en plus ce cordon dunaire devenu une voie de communication essentielle au quotidien des habitants. Chaque année, la route doit être refaite, et la revégétalisation, la pose de ganivelles (à gauche), d'enrochements et autres gabions ne semblent pas peser bien lourd face à la menace de l'océan.
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Extraordinaire mais éprouvante session de body-board dans la houle de l'ouragan Sandy, qui atteint Saint-Pierre et Miquelon aujourd'hui. L'eau est à 10°C et Gilles doit utiliser une épaisse combinaison de plongée.
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Cours de Physique dans la classe de 5ème du collège de Miquelon. Cette année les 5èmes sont 8, pour 34 élèves au total dans l'établissement... Autant dire que l'ambiance est amicale, car tout le monde se connait.
Loïc est avant tout professeur de mathématiques, mais à Miquelon il doit également se faire prof de physique. Ici tous les professeurs enseignent plusieurs matières, compte-tenu du faible nombre d'élèves. Venu de métropole avant la fin de sa formation il y a cinq ans pour effectuer un remplacement, il n'est plus jamais reparti. Il prépare l'examen du Capes en parallèle de ses cours.
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Arrivé à vélo de Montréal, Gilles joue un rythme de darbouka en regardant le soleil se coucher sur le village de Miquelon. Cette nuit il campe dans le Cap.
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Le Cap de Miquelon est géologiquement distinct du reste de l'archipel. Classé réserve de chasse depuis 1992, les cerfs et lièvres y gambadent paisiblement, broutant à leur guise.
C'est un lieu d'évasion à deux pas du village de Miquelon. Mais comme dans le reste de la "montagne" miquelonaise et saint-pierraise, il est très rare d'y croiser qui que ce soit.
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Cette année la chasse au « chevreuil » (cerf de Virginie) a ouvert le 29 septembre pour un mois. Une date attendue avec impatience par les 450 chasseurs de l'archipel. Un groupe de chasseurs vient de tuer une belle biche après une longue battue dans un bosquet, au cours de laquelle deux bêtes sont parvenues à s'échapper (en haut à gauche). À écouter certains chasseurs locaux, la chasse au cerf de Virginie pourrait presque passer pour une chasse « traditionnelle » à Saint-Pierre et Miquelon, alors que cet ongulé nord-américain a été introduit en 1953 dans le Sud de Langlade, et qu'il a progressivement proliféré jusqu'au Cap de Miquelon, aujourd'hui classé en réserve de chasse, et où l'animal atteint des densités record. Dans le Cap la chasse au cerf est tolérée uniquement à l'arc (en haut à droite), et les prélèvements sont très faibles.
L'impact du cerf sur la régénération forestière n'est plus à démontrer, et localement les dégâts sont déjà particulièrement dramatiques dans la forêt boréale, une forme souvent naine et prostrée unique sur le territoire français, et qui en bien des secteurs est en train de disparaître. Joël (en bas à droite) est un ancien chasseur devenu passionné d'oiseaux et de baleines. Il a troqué depuis longtemps le fusil contre l'appareil photo. Au cours d'une sortie en mer sur son bateau, il observe la régression flagrante de la forêt au niveau du Cap aux Voleurs, dans le Sud de Langlade.
La prolifération des herbes et fougères dans le sous-bois ravagé par le broutage des cerfs, et des lièvres, empêche la repousse des arbres (en bas à gauche).
Ce phénomène, bien compris des naturalistes locaux, semble encore largement ignoré de la communauté des chasseurs, dont le poids politique et social est majeur. Le quota d'un cerf par chasseur imposé cette année est considéré par beaucoup de pratiquants comme trop élevé, car risquant de mettre en danger la population de cerfs. Les comptages effectués par la fédération des chasseurs estiment qu'il y a environ 550 cerfs sur Miquelon – Langlade, mais il est admis dans les milieux scientifiques que le type de comptage utilisé sous-estime beaucoup la taille réelle de la population.
Laurent (en bas à gauche), est l'un des cinq gardes-chasse de l'archipel. Bien conscient de ce problème de surpopulation de cerfs, il doit toutefois faire son travail correctement, et prévenir le braconnage. Passionné par toutes les espèces vivantes, il est un spécialiste local des oiseaux, des lichens, des champignons et autres plantes.
À Saint-Pierre et Miquelon, on chasse également quelques espèces d'oiseaux marins comme l'Eider à Duvet, des oiseaux d'eau, les lièvres d'Amérique et arctique (tous deux introduits dans l'archipel), ainsi que le faisan.
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Chez Michel (en haut), retraité des Télécom, dans le petit village de Miquelon sur la grande île du Nord de l’archipel. Dix fois moins peuplées que Saint-Pierre (environ 600 habitants contre 6000), Miquelon et Langlade, reliée par un isthme sableux de onze kilomètres sont par contre dix fois plus vastes.
En bas, Jean-Marc, retraité de la direction de l'équipement, possède également trois brebis qu'il élève pour la viande dans une petite étable qu'il a fabriquée lui-même sur son terrain.
La chasse et le potager sont des loisirs très populaires chez les Miquelonais, qui trouvent ici tout l’espace nécessaire à ces activités, nettement moins développées à Saint-Pierre.
Les Saint-Pierrais et les Miquelonnais composent deux populations relativement distinctes : les “citadins” d’un côté, les “ruraux” de l’autre. Malgré leur proximité et la facilité de circulation (liaisons aériennes et maritimes quotidiennes), elles constituent deux univers très différents.
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Quelques gros paquebots de croisière font escale (brièvement) dans l'archipel. L'Artania approche Saint-Pierre par ce matin brumeux, avec à son bord 1188 passagers. Rapidement l'office du tourisme de Saint-Pierre déborde de visiteurs, fait rare.
Arrivés à Saint-Pierre vers 8h00, tous les touristes ne descendront pas à terre, et les quelques dizaines débarqués ne tarderont pas à regagner le bord, fuyant la pluie, en début d'après-midi, avant d'appareiller vers 18h00...
Aucun d'entre eux n'a fait la visite guidée proposée à l'Ile aux Marins, pourtant accessible pour un prix modique. Aujourd'hui dimanche, certains commerçants et musées du centre-ville avaient spécialement ouvert leurs portes pour accueillir ces visiteurs.
Quelques initiatives touristiques fonctionnent toutefois de manière durable, mais pas de projets réellement ambitieux. Depuis 40 ans, "Janot" (en bas à dte), ancien capitaine de navires à passagers, promène les visiteurs entre Saint-Pierre et Langlade sur son Zodiac, puis en mini-bus jusqu'au village de Miquelon. Il propose également des repas dans son auberge/épicerie de l'Anse du Gouvernement à Langlade. Une excursion à la journée très appréciée des touristes, en majorité canadiens. Son bateau ne désemplit pas de l'été.
Saint-Pierre et Miquelon représentent une escale stratégiquement intéressante pour les croisiéristes en raison de la loi anti-cabotage canadienne. Une carte à jouer pour développer ce type de tourisme dans l'archipel.
Mais les prix des billets d'avions au départ du Canada, gonflés par le monopole de la compagnie locale Air Saint-Pierre, limite fortement le flux de visiteurs. Les métropolitains qui parviennent jusqu'ici sont généralement des professionnels en mission, ou des touristes qui visitent le Canada et viennent passer un ou deux jours seulement à Saint-Pierre et Miquelon.
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Gilles vient de surfer une belle vague dans la brume du printemps Miquelonnais
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Peu d'entreprises privées individuelles survivent à Saint-Pierre et Miquelon, et encore moins sont réellement rentables. La plupart ne sont viables que grâce aux subventions reçues de l'Etat Français.
Joelle (en bas), dirige la ferme de l'Ouest avec son mari Thierry. Installés à Miquelon depuis 2000, ils se sont lancés dans l'élevage de moutons et de canards. Ils sont les seuls à produire du foie gras dans l'archipel, et parmi les rares à pouvoir vivre à 100% de leur activité agricole.
Guillaume (en haut), co-dirige avec un ami l'entreprise Floradecor, également installée à Miquelon. Ils sont les principaux producteurs de légumes de Saint-Pierre et Miquelon, avec une autre entreprise basée à Saint-Pierre. Ils fournissent les particuliers et plusieurs épiceries de l'archipel. Toutefois, ils ne peuvent vivre à 100% de la vente de leur production, et doivent trouver d'autres sources de revenus : Guillaume participe à la consolidation des dunes de l'isthme Miquelon - Langlade, tandis que son collègue Patrick entretient les espaces verts du village de Miquelon avec des fleurs qu'ils cultivent. La variabilité du climat d'une année sur l'autre rend les perspectives d'avenir très incertaines, et donc la valeur des indémnités agricoles, indexées sur la production et la part de chiffre d'affaire liée à la agriculture pure, tout aussi aléatoire.
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La plage du "Coin du Sable" à Langlade, lieu de villégiature très apprécié des Saint-Pierrais, qui viennent y passer weekends et vacances en famille.
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Une baleine à bosses sonde au petit matin au large de Saint-Pierre.
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