Beau moment de vérité (en version "longue" ici). Alors que tout le monde est censé communier dans l'idée que la famille "ouverte", "recomposée" est une famille heureuse dans laquelle on vit forcément un surcroît d'amour parce l'on est plus nombreux, alors qu'elle est au cœur de ce système médiatique qui ne peut remettre en question un mode de vie qui est le sien, alors qu'elle est sur un plateau télé où l'on rit, où l'on doit rire, où ses premiers mots sont accueillis comme il se doit par des rires, avant que les invités ne réalisent qu'elle ne va pas s'adonner, elle aussi, à la festivité et à la dérision coutumières, elle invoque soudain une incroyable notion : la responsabilité des adultes envers les enfants.
Immédiatement, sa voisine doit tempérer le propos. Comprenez, c'est merveilleux : aujourd'hui, nous avons à disposition des "pédo-psys". Voilà. Nous envoyons nos enfants chez des pédo-psys et c'est une bonne chose...
L'intervention de Lio a choqué, lit-on. Un moment de vérité qui surgit dans la futilité médiatique. Alors, Lio s'est expliquée - et a dû faire amende honorable au passage en reconnaissant que ce n'était peut-être pas l'endroit :
J’ai dit qu’on agitait trop souvent nos droits, sans mettre nos devoirs en exergue, et que c’est un problème. Ce que je voulais faire, c’était partager mon expérience de mère, partager une expérience. Moi j’étais partie dans la vie avec mes droits en ligne de mire: j’ai le droit de tomber amoureuse, de faire des enfants avec qui je veux, de me séparer vingt fois, de vivre plusieurs amours, de vivre plusieurs vies, d’être plusieurs femmes. Et j’ai tellement porté ça en avant que mes enfants, derrière, je ne les ai pas regardés. Et leur souffrance m’a forcée à les regarder. Parce qu’ils m’ont dit qu’ils n’allaient pas bien (...) Mais j’ai fait l’erreur de ne pas me poser de questions. Je pensais que ce serait facile pour les enfants, à partir du moment où on était justement dans le dialogue et dans l’amour, d’assumer les frères, les sœurs et les papas différents. Il s’avère que non. Ça ne suffit pas. Il faut beaucoup plus que le discours de l’amour. Il faut poser des actes constructeurs. L’amour est un acte. Les enfants, je me devais de les accueillir dans leur demande de réassurance et de structure. Et c’est du temps, du travail et de la présence. Moi, je suis une enfant de Mai 68, d’une génération pour laquelle les règles justement étaient mal vues. Celle du « Il faut interdire d’interdire ». Or il faut des interdictions, des limites, des frustrations pour se construire.
Je crois qu'au contraire, c'était l'endroit parfait pour exprimer cela. Au cœur du système, et des émissions "rapides et légères" où l'on ne se pose pas de questions mais où l'on assène un modèle.












