mardi quinze / onze / dix-neuf:
c’est pas facile la vie, j’ai beaucoup de choses à l’intérieur qui tourbillonnent dans tous les sens mais c’est fatigant de les traduire avec des mots
hier, en cours, la prof a passé un reportage sur la boulimie, il y avait des témoignages, c’était super émouvant, ils ont parlé du vide, de l’identité qui est bouleversée par la maladie, de se remplir pour exister, que ça donne un sens à la vie, j’ai été obligée de bloquer mes émotions pour ne pas m’effondrer en larmes
je suis fatiguée, j’ai eu neuf heures de cours hier, j’en avais neuf encore aujourd’hui mais j’ai séché les deux dernières, je suis rentrée et j’ai fait une crise
c’est difficile en ce moment, c’est compliqué, j’ai peur d’aller bien, j’ai l’impression que le fait de me détruire ça force les autres à me réparer, à prendre soin de moi, j’ai peur d’être une adulte, d’avoir des responsabilités, d’assumer ce que je fais, d’accepter que les gens peuvent être fâchés contre moi mais m’aimer quand même, c’est difficile j’ai l’impression que tout va me briser, que la moindre petite réaction négative va faire exploser mon cœur
c’est difficile la vie à deux, parfois c’est génial pendant plusieurs semaines et tout d’un coup ça ne va plus, on pleure et on rit et on pleure encore et on est tristes mais on sait même pas trop pourquoi, parfois j’ai l’impression de l’abîmer plus qu’autre chose
depuis toujours je rêve d’horizons infinis, de voyage, de van life, je veux une vie de nomade, d’escargot, avec ma petite maison sur mon dos, je veux bouger, me nourrir d’aventures, mais elle non, elle a besoin de stabilité, ça me fait peur, je ne peux pas renoncer à mon rêve mais je ne peux pas renoncer à elle non plus
j’ai envie de tout abandonner, le master, la psychologie, l’amour, les gens, j’ai envie d’acheter un van avec mes petites Ă©conomies et de partir, de sentir la libertĂ©, pas grave si je suis toujours triste au moins je serai triste dans un beau paysage avec la libertĂ© dans mes cheveuxÂ