Quelle école pour demain ? Les réponses des militants bretons
Valérie Hamon (Nathalie Arthaud – Lutte Ouvrière)
Au-delà du manque de moyens de l’Éducation nationale et des débats sur les méthodes pédagogiques, la transmission des savoirs et de la culture se heurte aux limites propres à notre société divisée en classes.
Suivant que l’on soit enfant de pauvre dans un quartier populaire ou un enfant de famille riche, on ne part pas dans la vie avec les mêmes chances. Les enfants des classes privilégiées héritent des connaissances et de la culture de leur famille. Les enfants des classes populaires ne peuvent souvent compter que sur l’école pour les acquérir.
La politique de suppression des postes dans l’Éducation nationale conduit à aggraver ces inégalités. Il faudrait au contraire, pour apprendre dans de bonnes conditions, des classes moins nombreuses et plus d’adultes dans les écoles des quartiers populaires.
David Guillerm (François Bayrou – MoDem)
L’enseignement est trop pratiqué de manière passive avec des élèves qui gobent les cours. Il faut casser ce système et proposer très tôt des cours interactifs où l’élève deviendrait acteur. On doit ainsi associer l'acquisition de connaissances solides à l'épanouissement personnel. L’échange en classe doit motiver l’élève et lui donner confiance.
En Suède, il y a un respect réciproque entre les élèves et le professeur.
Sur son site, François Bayrou, ancien professeur agrégé, a fait du verbe « instruire » une priorité. Il propose notamment de reconstruire une année de formation des enseignants, en alternance en classe et avec transmission de l'expérience d'autres enseignants ou encore de réorganiser le temps scolaire pour favoriser les activités artistiques et la créativité intellectuelle.
David Cabas (Jacques Cheminade – Solidarité et Progrès)
Nous devons entreprendre une réforme globale de l'enseignement. Le déblocage de notre société dépend de l’école, qui doit redevenir un lieu de découverte et d'apprentissage du bien commun. Il est urgent de revenir sur les suppressions de postes et des IUFM, d'augmenter les salaires et d’encourager les meilleurs professeurs à enseigner dans les zones difficiles.
Jacques Cheminade proposera un arsenal de dispositifs de soutien, au cours de la scolarité, pour les cas qui se présentent : enseignement en effectifs de classe réduits, suivi individualisé, tutorat. Il faut faire avant tout un accompagnement personnalisé.
En Norvège, les élèves sont moins stressés car ils n’ont que trois notes à la fin du trimestre, mais lorsqu’il y en a un qui décroche dans une matière, un véritable Samu scolaire le prend en charge.
Thierry Derollez (Nicolas Dupont-Aignan – Debout la République)
Nous proposons de refonder notre École républicaine (…).
Nous commencerons par garantir l'apprentissage des savoirs fondamentaux par l'augmentation des nombres d'heures consacrées au français, aux mathématiques et à l'histoire/géographie en primaire et en rétablissant les méthodes qui ont fait leurs preuves.
Nous proposons également de personnaliser les parcours à partir de la 4e afin de mettre fin à cette sélection par l'échec qu'est aujourd'hui le collège unique et de revaloriser les filières techniques et manuelles. 30.000 postes seront créés afin de combler les manques d'encadrement, particulièrement dans le primaire.
Enfin, nous rétablirons l'autorité du professeur qui passera par une meilleure formation mais également par le maintien de son pouvoir sur les décisions disciplinaires et pédagogiques.
Julien Houzé (François Hollande – PS)
François Hollande donne dans son projet la priorité à l’éducation. Cela passe notamment par la création en 5 ans de 60.000 postes pour l’Education nationale.
Pour l'école primaire, l'expérience finlandaise est particulièrement intéressante, notamment sur le travail en petits groupes pour l'apprentissage de la lecture. Nous observons aussi attentivement le système de notation qui substitue au système de note traditionnel des appréciations pour valoriser les acquis et encourager les progrès.
La formation des enseignants est également importante : d'où son rétablissement. Il est nécessaire de mettre des enseignants bien formés et expérimentés auprès des élèves qui en ont le plus besoin. François Hollande est sensible à tous ces points. Ils seront mis sur la table lors de la discussion avec les représentants de l'éducation cet été.
Carine Hue (Eva Joly – EELV)
Le projet éducatif écologiste : promouvoir la coopération plutôt que la compétition, la confiance et la sécurité plutôt que la sélection et l’exclusion.
Créer l’école fondamentale liant primaire et collège : de 6 à 16 ans, l’élève sera au cœur du système sans sélection, classement ni orientation prématurée, dans des unités à taille humaine.
Favoriser les évaluations collectives afin de valoriser toutes les formes de réussite et assurer le bien-être des élèves.
Recruter 20.000 enseignants et cadres éducatifs supplémentaires.
Rétablir la formation initiale des enseignants, avec deux années en alternance associant les mouvements pédagogiques et d’éducation populaire.
L'enseignement est un des 4 piliers de l'éducation avec la famille, les médias et le monde associatif : il faut les faire interagir.
Michèle Turbin (Corinne Lepage – Cap 21)
Corinne Lepage met l'élève au centre des apprentissages dans une scolarité ouverte sur le monde actuel, où les élèves bien accompagnés, ont envie de s'investir.
Les parents, 1ers éducateurs des enfants, sont aidés : prévention santé pour femmes enceintes, développement des Maisons de la petite enfance.
Maternelle/Primaire : l’élève doit pouvoir se construire à son rythme, développer autonomie et esprit d’entraide afin d'acquérir compétences de base et d’ouverture sur le monde.
Collège : parcours personnalisé, développer des compétences transversales, découvrir le monde professionnel ou des projets solidaires.
Lycée : possibilité de suivre 2 filières, stages en entreprise comptant pour le bac, jumelages européens.
Analphabétisme et échec sont inacceptables : RASED restaurés et renforcés.
Cédric Abdilla (Marine Le Pen – FN)
Une réforme paraît inéluctable. L’école va mal, et le quinquennat de Nicolas Sarkozy n’aura fait qu’aggraver la situation : suppression déraisonnable de postes d’enseignants, dans une optique purement comptable, laxisme face aux violences scolaires en progression continue, dispersion des apprentissages au détriment du français et du calcul, mise à l’arrière-plan de l’histoire de France (…).
Le Front national a plusieurs propositions fortes dont :
revalorisation des filières techniques et manuelles ;
revoir le statut de l’école, créer un nouveau type d’établissement public sur le modèle des collèges et lycées ;
l’histoire de France retrouvera sa place au cœur de l’apprentissage ;
instauration de cours de français obligatoires pour les parents qui ne maîtrisent pas notre langue nationale ;
restaurer l'autorité du professeur.
Maryvonne Loiseau (Jean-Luc Mélenchon – Front de gauche)
Dans le cadre du projet de société du Front de Gauche, dont l'objectif est l'émancipation humaine et non la rentabilité, le service public d'éducation occupe une place centrale.
En premier lieu, abrogation des mesures de réduction des dépenses d'éducation, rétablissement des postes supprimés (en Finlande, effectif moyen : 22 élèves par classe avec deux encadrants présents dans la classe en primaire).
Pour lutter contre les inégalités, redéfinition des programmes, et plus globalement de l’école, en prenant comme point de référence l’élève qui n’a que l’école pour apprendre.
Droit à la scolarité dès 2 ans, obligation scolaire de 3 à 18 ans.
Développement de la formation pédagogique initiale des enseignants et de la formation continue ; création de temps d'échanges pédagogiques dans les établissements.
Katell Rivoal (Philippe Poutou – NPA)
Pour
- Une école publique, gratuite, laïque, mixte et obligatoire jusqu’à 18 ans pour touTEs
- Des enseignantEs fonctionnaires d’Etat, forméEs à bac+5 dont deux ans de formation professionnelle rémunérée
- La possibilité de scolariser les enfants dès 2 ans, dans des maternelles à petits effectifs
- La scolarisation des jeunes handicapéEs, accompagéEs par un personnel formé et titulaire
- Une école sans sélection ni orientation jusqu’à 18 ans, au contenu polyvalent : formation générale et formation technique pour touTEs
- Une éducation coopérative, excluant individualisme et compétition, vers l’acquisition de savoirs émancipateurs et d’une éthique (respect des personnes, rejet des discriminations, respect de la planète)
- Un débat public et démocratique permettant de définir ensemble l’école que nous voulons.
François Le Corre (Nicolas Sarkozy – UMP)
L’éducation sera une priorité du prochain quinquennat. L’éducation est un pilier de la République, tout comme la famille qui est la première responsable de l’éducation de ses enfants. Aujourd’hui, les problèmes scolaires inquiètent les parents et les enseignants.
L’UMP propose trois axes d’action, radicalement opposés à la logique de moyens du Parti socialiste.
D’abord, la maîtrise des savoirs fondamentaux qui doit être la priorité à l’école primaire.
Puis, la personnalisation de l’enseignement en accompagnant chaque enfant de manière individualisée, en sortant de la logique du collège unique et en tirant parti des potentialités du numérique.
Enfin, comme pour les universités en 2007, l’autonomie des établissements pour que la gestion et les projets puissent être adaptés aux réalités de terrain.
Yves Pagès (Dominique de Villepin – République Solidaire)
Plutôt que de vouloir imiter d'autres modèles, mieux vaut aujourd'hui nous redonner les moyens d'être fiers de notre école. Un des blocages de notre école se situe avec le collège unique, dont les intentions de démocratisation étaient louables, mais dont les résultats sont aujourd'hui plus discutables.
C'est pourquoi Dominique de Villepin propose une refonte de l'enseignement primaire et secondaire avec une école du socle de 3 à 14 ans pour l'acquisition des savoirs fondamentaux avec une pédagogie plus adaptée et une diversification progressive des matières.
Ensuite de 14 à 18 ans, les élèves recevraient un enseignement ou une formation obligatoires dans le cadre d'une école de la détermination, avec des éléments de tronc commun et des modules de spécialisation progressive.