Le sari et ses variations
Le sari, porté depuis environ un millénaire, est un vêtement emblématique pour les femmes en Inde. Il s’agit d’une bande de tissu, généralement de 5 à 9 mètres de long, enroulée autour du corps, avec un pan (appelé pallu) qui repose sur l’épaule, souvent la gauche, selon les styles régionaux. Le sari couvre le corps jusqu’aux chevilles, laissant parfois la taille et une partie du buste découverts. Les plis et le drapé varient selon les régions, les castes, les occasions ou les préférences personnelles : le pallu peut être disposé sur le buste ou laissé flottant dans le dos. Le sari est porté sur un jupon de coton (petticoat) et accompagné d’un choli, une blouse ajustée à manches courtes ou longues qui couvre la poitrine et les épaules. Bien que la taille et une partie du buste puissent rester visibles, montrer les jambes ou les aisselles est généralement considéré comme inapproprié dans les contextes traditionnels, tandis qu’un décolleté modéré est souvent mieux accepté.
Vêtements régionaux et diversité
Outre le sari, largement porté à travers l’Inde, d’autres vêtements traditionnels sont populaires, notamment dans les zones rurales ou selon les communautés. Au Rajasthan et au Gujarat, par exemple, le churidar-kameez (ou salwar-kameez), composé d’une tunique longue (kameez) portée sur un pantalon ajusté aux chevilles (churidar), est très répandu. Une variante, le salwar-kameez, est également populaire parmi les femmes musulmanes, avec une tunique souvent plus ample et un pantalon bouffant (salwar). Dans certaines communautés musulmanes conservatrices, les femmes peuvent porter une burqa ou un niqab, qui couvre le corps et parfois le visage, bien que cette pratique soit moins courante et varie selon les régions et les choix personnels. À Goa, certaines femmes chrétiennes portent des robes influencées par la mode portugaise coloniale, souvent pour des occasions spécifiques, bien que les vêtements modernes soient également répandus.
Les bijoux occupent une place importante dans la tenue féminine, symbolisant souvent le statut social, marital ou culturel. Les femmes portent fréquemment des colliers (hasli ou autres), des bracelets en ivoire, métal, verre ou plastique, des bagues aux doigts, et des anneaux aux chevilles (payal). Ces ornements sont souvent portés au quotidien, y compris lors de travaux agricoles ou manuels, bien que leur type et leur abondance varient selon les moyens financiers, les régions et les contextes. Dans les milieux urbains, les bijoux peuvent être plus discrets ou adaptés aux activités professionnelles.
Le tilak (ou tika) est une marque, souvent rouge, apposée sur le front des hindous lors de rituels religieux, notamment dans les temples, symbolisant la bénédiction divine ou l’« œil de la connaissance ». Chez les femmes mariées, le bindi – qui peut être une marque de poudre (kumkum) ou une pastille adhésive de couleur – indique souvent leur statut marital, bien que son usage soit aussi esthétique et non limité aux femmes mariées. Les bindis varient en forme, couleur et style, souvent assortis à la tenue ou au sari, et sont portés par des femmes de diverses communautés, pas uniquement hindoues.
Chez les hommes hindous, la tenue traditionnelle inclut la kurta, une chemise ample en coton ou en tissu léger, et le dhoti, une pièce de tissu blanc ou coloré enroulée autour de la taille et passée entre les jambes. Cependant, dans les zones urbaines, les hommes adoptent fréquemment des vêtements occidentaux (pantalons, chemises), réservant les tenues traditionnelles aux occasions spéciales ou aux contextes ruraux. Les hommes musulmans portent souvent la kurta-pyjama, une tunique longue associée à un pantalon ample (pyjam