Merci les Minions !
Alisa U Zemlji Chuda
"I'm Dorothy Gale from Kansas"
PUT YOUR BEARD IN MY MOUTH

if i look back, i am lost

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Sade Olutola
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❣ Chile in a Photography ❣
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tannertan36
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ojovivo
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Kiana Khansmith
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Monterey Bay Aquarium
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@framboisesetcie
Merci les Minions !
10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1, lift off... David Bowie.
Happy New Year! (photo by bpwmedia)
Un livre doit apparaître comme une évidence au lecteur, et non comme quelque chose de prémédité ou de construit. Mais cette évidence, l'écrivain, lui, doit la construire.
L’urgence et la patience, Jean-Philippe Toussaint, 2012.
Madame Bovary version boloss/ouaich ouaich/cassos, par Jean Rochefort. Pour les flemmards de la lecture, c’est plus marrant qu’un résumé Wikipédia...
Manhattan : Reservoir, Guggenheim, Met.
Qu'importe qu'un chanteur avec une guitare vomisse sur l'Amérique devant un parterre de dizaine de milliers de jeunes ébouriffés. En quelques mois on le transforme en produit et le contestataire finit en bienfaiteur d'une association caritative. Il faut reconnaître qu'ils ont très bien négocié le virage de la rébellion des années soixante-dix. A cela s'ajoute une capacité exceptionnelle à faire croire à leur électorat réactionnaire qu'une idéologie du bien guide leurs intérêts les plus fondamentaux.
Une exécution ordinaire, Marc Dugain, 2007. Ou comment résumer le pouvoir de communication américain en quatre phrases...
Manhattan, midtown.
On peut me dire tant qu'on voudra que la liberté, la dignité, l'honneur d'être un homme, tout ça, enfin, c'est seulement un conte de nourrice, un conte de fées pour lequel on se fait tuer. La vérité, c'est qu'il y a des moments dans l'histoire, des moments comme celui que nous vivons, où tout ce qui empêche l'homme de désespérer, tout ce qui lui permet de croire et de continuer à vivre, a besoin d'une cachette, d'un refuge. Ce refuge, parfois, c'est seulement une chanson, un poème, une musique, un livre. Je voudrais que mon livre soit un de ces refuges, qu'en l'ouvrant, après la guerre, quand tout sera fini, les hommes retrouvent leur bien intact, qu'ils sachent qu'on a pu nous forcer à vivre comme des bêtes, mais qu'on n'a pas pu nous forcer à désespérer. Il n'y a pas d'art désespéré - le désespoir, c'est seulement un manque de talent.
Education Européenne, Romain Gary, 1954.
Brooklyn Heights / Manhattan - 2
Brooklyn Heights/Manhattan - 1
La palme qui vaut son pesant d’or
Soyons clairs dès le départ, oui, Jacques Audiard a largement mérité sa Palme d’or, et pas pour services rendus au cinéma avec l’ensemble de son œuvre, mais bien pour le film réellement récompensé (bon, Un Prophète l’aurait largement méritée aussi, mais c’est une autre histoire).
Les râleurs, les contre-Audiard-par-principe, les professionnels du visionnage intellectualiste du cinéma (surtout le français, de cinéma, d’ailleurs) ont argué qu’Audiard offrait une image déplorable de la banlieue, que la fin “ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants” dans un autre pays est une vision pessimiste de la France et j’en passe. Peut-être, si on se met dans le “bon” état d’esprit, on peut le regarder sous cet angle-là. Mais... quand Scorcese montre le South Boston des Infiltrés comme un repaire de mafieux irlandais, est-ce que ces mêmes professionnels s’insurgent de la mauvaise image donnée à ce quartier, à cette population ? Le Parrain ne présente-t-il pas un archétype de Sicilien mafieux sanguinaire tout aussi éloigné de la réalité que le Brahim trafiquant de drogue d’Audiard ? Les “vigilante films” (ces films généralement américains où les héros se font justice eux-mêmes) ne sont pas systématiquement vilipendés pour glorification des cons qui décident purement et simplement de se venger, nonobstant toute réflexion sur l’intérêt de la vengeance et le degré de civilisation de ceux qui s’y adonnent sans limite aucune. Alors quoi ? Parce que Dheepan est un film français “sérieux”, il faudrait forcément qu’il soit sociologique ? Réaliste ? Qu’il se termine mal ? Qu’il n’ait aucun style, aucune gueule ? Que ses acteurs soient moches et parlent en mode wesh-wesh ? Qu’un personnage qui a une couleur, une provenance différente du Français de base soit forcément emblématique de sa couleur, de son pays d’origine, et un modèle à suivre... ? L’étudiant fauché qui vit dans 70m2 à Paris ou les couples de profs qui logent dans des apparts que seuls les milliardaires saoudiens peuvent aujourd’hui s’offrir et que l’on rencontre dans à peu près tous les films français récents, ils sont réalistes et représentatifs, peut-être ? Bah non.
Allez, trêve de râleries. Voyons donc pourquoi ce prix est-il selon moi si mérité. Déjà, parce que tu as beau avoir suivi toute la promo, écouté le Jacques parler de son film encore et encore, les journalistes soulever les mêmes points toujours (les genres, l’Angleterre idyllique, la violence, le film-français-tout-en-tamoul, la famille-pour-de-faux-qui-deviendra-peut-être-qui-sait-une-famille-pour-de-vrai...), les critiques intellectualistes coupeurs de cheveux en quatre critiquer (voir paragraphe précédent), tu as beau savoir comment le film finit parce que tu as eu la bonne idée de regarder la conférence de presse de Cannes (je reconnais mes torts, je n’étais pas obligée), en gros tu as l’impression d’avoir déjà vu le film, et pourtant Audiard t’embarque quand même. Grâce à quoi ? Au cinéma, messieurs-dames, tout bêtement. Du cinéma pour le plaisir du cinéma : une scène d’ouverture sobre et efficace au possible, un début de générique très intriguant qui se termine dans un sourire, deux acteurs magnifiques filmés au plus près (du ciné de myope, comme dit Audiard, ce qui me convient tout à fait vu la faiblesse de ma vision) et pourtant toujours à la bonne distance, un montage au cordeau mais jamais brutal, une façon on ne peut plus naturelle (et malgré tout couillue) se passer d’un genre à l’autre, un propos précis mais sans généralisation à l’ensemble d’une population, d’un lieu, une dernière scène certes “happy end” mais faite avec intelligence et sobriété (à l’opposé total de son équivalent dans De rouille et d’os, d’ailleurs), sans grands discours ni regards humides, simplement un coup d’œil, un sourire, un geste qui en disent bien plus long que le reste (ce qui est valable sur l’ensemble du film, d’ailleurs), et une avant-dernière scène... pour qui comme moi aime les westerns poussiéreux et Johnny To... ah... cette montée d’escalier au ralenti, dans la fumée...
Bref, j’arrête, chapeau, c’est tout !
Niagara Falls - 2
Niagara Falls - 1
Toronto - 2
Toronto - 1