“Le concept de chien n’aboie pas” Spinoza

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“Le concept de chien n’aboie pas” Spinoza
Le laboratoire de la Dialectique de la raison / Revue Envers - Idées - France Culture
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C’est presqu’à chaud que les philosophes de l’École de Francfort, exilés à New York, ont entrepris de penser la catastrophe qui s’abattait sur l’Europe avec le totalitarisme, apportant ainsi un démenti à la réputation d’oiseau de Minerve de la philosophie qui, telle la chouette d’Athéna, ne se poserait qu’au crépuscule. L’échec retentissant de l’idéal rationnel des Lumières qui s’est dégradé dans son contraire et inversé en raison totalitaire, basculant dans le mythe et la barbarie de la solution finale, une barbarie dont cet idéal de rationalité prétendait s’émanciper, tout cela demandait à être pensé. Ce sera Dialektik der Aufklärung, paru en 1947 mais précédé par un intense travail de préparation – les premières discussions rassemblées ici datent de 1939 – un travail dont cette édition, dans la traduction de Julia Christ et Katia Genel, nous livre les grands moments, en nous faisant entrer dans le « laboratoire » de la Théorie critique.
La première question que se posent Max Horkheimer, Theodor W. Adorno et ceux qui les rejoignent à l’occasion comme Herbert Marcuse, Franz Neumann ou Friedrich Pollock, est une question de méthode qui porte sur la possibilité même d’une critique de la raison : comment la mener avec le seul outil de la philosophie, à savoir la raison elle-même ? Face à l’autodestruction de la raison et devant les moments où elle se trouve « en conflit avec elle-même », ils mobilisent les ressources des sciences sociales, de la phénoménologie ou de la psychanalyse, dessinant les contours de ce qui deviendra le « label » de l’Ecole de Francfort : la Théorie critique. À la psychanalyse, par exemple, Max Horkheimer emprunte la connaissance du « désir secret de destruction » que l’inconscient oppose au processus de civilisation, au niveau individuel et collectif à la fois. Dans un texte sur la psychologie de l’antisémitisme, il fait de cette disposition profonde de la psyché la dynamique de l’hostilité au « bouc émissaire ». « La haine du juif – je cite – est la haine de la démocratie, le but suprême de la civilisation elle-même ». Dans ses textes à portée anthropologique comme Totem et tabou ou Malaise dans la civilisation, Freud montre que la civilisation « ne peut être affranchie de la responsabilité d’avoir engendré son opposé : la barbarie ». Les règles de sociabilité que l’on s’impose à soi-même de mauvaise grâce pour intégrer le groupe au prix d’un renoncement à ses instincts, commente le philosophe, on ne les applique pas à ceux qu’on juge extérieurs à la communauté. D’où le paradoxe qui fait que les plus loyaux d’entre nous « sont souvent les plus impitoyables envers les outsiders »...
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Qu'est-ce qu'un fantasme ?
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Les fantasmes sexuels sont-ils de simples désirs bons à satisfaire, ou bien des obsessions dangereuses ? Tout dépend de la distance à laquelle on les tient.
Mais qu’est-ce donc qu’un fantasme sexuel ? Le dictionnaire Larousse dit : « Représentation imaginaire traduisant des désirs plus ou moins conscients. » D’autres sources parlent de « scénario érotique provoquant une excitation sexuelle », de « croyance irraisonnée », de « fixation mentale », de « sorte de rêve éveillé ». Vous ne voyez toujours pas ? En voici un exemple historique. Jean-Jacques Rousseau, le philosophe, rapporte que dans son âge tendre, il reçut deux fessées de la main de la demoiselle Lambercier, sœur de son tuteur. Miracle : chaque fois, le plaisir fut plus grand que la douleur… Sa vie sexuelle en fut très affectée : jouir, pour Rousseau, resta lié à cette scène, qu’il rappelait à sa mémoire ou même tentait de reconstituer en s’humiliant auprès des femmes qu’il séduisait, n’osant toutefois pas réclamer de front la salutaire déculottée. Plutôt que le simple produit d’une imagination vagabonde, le « fantasme » de Rousseau était donc lié à un épisode infantile vécu, dont le souvenir, dit-il, le hantera toute sa vie et le poussera à agir de manière embarrassante, au moins pour lui.
L’usage large qui est fait aujourd’hui, chez les spécialistes comme dans les médias, de la notion de « fantasme » recouvre des réalités assez variées. Leur unité tient en bonne partie à la méthode de leur recueil. Comment, en effet, connaît-on les fantasmes d’autrui ? Parce que les sujets se livrent à un examen plus ou moins spontané de leur vie sexuelle en réponse à des questions. Ainsi, en situation d’enquête, des personnes sont invitées à confier leurs désirs les plus secrets, des actes qu’elles rêvent d’accomplir : faire l’amour en plein air, être bousculée par un bel inconnu, faire l’amour à trois, subir une fellation, rencontrer un transsexuel, faire un strip-tease, etc. La liste, théoriquement ouverte à l’infini, comporte en fait de nombreuses répétitions. Un fantasme en effet se doit de sortir de l’ordinaire sexuel, mais reproduit souvent ce qui a été vu ou entendu ailleurs......
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Elsa Cayat et le « divan » de Charlie
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La psychanalyste tenait une chronique dans l’hebdomadaire. Elle est l’une des douze victimes.
.....
On ne peut pas s’empêcher de penser qu’Elsa Cayat, seule femme tuée dans cette attaque, n’a pas été prise pour cible par hasard. Le fascisme, les intégrismes de tout bord n’entretiennent-ils pas un démêlé fondamental avec la psychanalyse ? « La psychanalyse va à l’encontre d’une conception dominante aujourd’hui de l’humain qui repose sur “trois moins” : moins de temps, moins de coût et le moins d’interrogations du sens possible. La psychanalyse contredit cette visée car c’est une discipline qui traite de la question du sens et de son histoire, et pas seulement du signe », affirmait, il y a quelque temps dans ces colonnes, le psychanalyste tunisien Fethi Benslama. Après ce massacre d’une barbarie sidérante, au cœur même d’une rédaction en plein Paris, il nous faut surmonter l’émotion, penser, continuer à penser et poser cette question du sens. Fin décembre, dans Charlie, Elsa Cayat parlait du « palpitant de la pensée », en convoquant Walter Benjamin et Jacques Lacan. Elle concluait ainsi : « La connaissance de l’inconscient montre quelque chose de difficilement réalisable, l’autonomie et la puissance de vie en nous, l’existence d’une pensée qui nous transcende, qui concerne notre vibration singulière, mais aussi, au-delà de nous, l’universalité de l’esprit. »
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Le concept de pulsion de mort [Thierry Bokanovski]
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Rendre compte du concept de pulsion de mort et de la place de ce dernier dans la pensée des psychanalystes contemporains revient à passer par une double nécessité : justifier cette hypothèse spéculative en la situant dans l'évolution de la pensée freudienne et tenter de repérer à quelles nécessités structurales l'introduction de cette dernière répond dans le cadre de ce qu'il est convenu d'appeler le "tournant des années 1920". Un grand nombre d'auteurs s'accordent pour penser, à présent, que la notion de pulsion de mort était, pour Freud, à la fois le produit d'une exigence spéculative - suggérée par l'insistance de faits précis autant qu'irréductibles dans le clinique et dans la cure ( par exemple la cure de l'"Homme aux Loups) - et la résultante naturelle et inévitable de toute une série de problèmes qui se posaient à la théorie psychanalytique depuis 1910.
À titre d'exemple, Frank J. Sulloway voit dans le "nouveau partage" entre les pulsions de vie et les pulsions de mort à la fois : la "restauration de la division bipartite de la pulsion qui avait été mise à mal par la théorie du narcissisme" ; l'éclaircissement "des phénomènes, sans cela mystérieux, de la fixation au trauma et de la compulsion de répétition"; et enfin la possibilité de "fournir à Freud un équilibre bienvenu entre les forces développementales d'évolution (de progression) et d'involution (de régression)".
C'est un point de vue quelque peu différent que proposent et développent Jean Laplanche et J.-B. Pontalis, au chapitre "pulsion de mort", dans leur Vocabulaire de la Psychanalyse. Ils suggèrent, bien entendu, que l'un des motifs principaux qui conduisirent Freud à poser l'existence de la pulsion de mort fut la prise en considération de la compulsion de répétition dans laquelle ce dernier voyait la marque du "démoniaque" : une force irrépressible, indépendante du principe de plaisir et cependant susceptible de s'opposer à lui. Mais c'est, pour eux, l'importance du problème que posaient dans l'expérience psychanalytique les notions même d'ambivalence, de sadisme, de masochisme, d'agressivité et surtout de haine qui semblerait avoir été pour Freud le motif déterminant à l'établissement de cette exigence spéculative. "On peut penser que la haine lui a paru présenter une difficulté particulière à se laisser déduire dans le cadre d'un monisme pulsionnel" ajoutent-ils, lorsqu'à la suite de l'"introduction du concept de narcissisme dans la théorie, Freud tend à effacer la distinction de deux sortes de pulsions (pulsions sexuelles et pulsions du moi) en les ramenant à des modalités de la libido".... See on psychanalyse.lu
Istanbul, 1964. Henri Cartier-Bresson
L'ombre future
Nous sommes en droit d'imaginer un temps où nous aurons tout dépassé, même la musique, même la poésie, où, détracteurs de nos traditions et de nos flammes, nous atteindrons à un tel désaveu de nous-mêmes, que, las d'une tombe sue, nous traverserons les jours dans un linceul râpé. Quand un sonnet, dont la rigueur élève le monde verbal au-dessus d'un cosmos superbement imaginé, quand un sonnet cessera d'être pour nous une tentation de larmes, et qu'au milieu d'une sonate nos bâillements triompheront de notre émotion,- alors les cimetières ne voudront plus de nous, eux qui ne reçoivent que les cadavres frais, imbus encore d'un soupçon de chaleur et d'un souvenir de vie.
Avant notre vieillesse, viendra un temps où, rétractant nos ardeurs, et courbés sous les palinodies de la chair, nous marcherons mi-charognes, mi-spectres... Nous aurons réprimé- par peur de complicité avec l'illusion- toute palpitation en nous. Pour n'avoir pas su désincarner notre vie en un sonnet, nous traînerons en lambeaux notre pourriture, et, pour être allés plus loin que la musique ou la mort, nous trébucherons, aveugles, vers une funèbre immortalité...
Cioran, Précis de décomposition, 1949.
Questionnement de Mai
Sur mon ombre suspendue
J'ai vomi ma liberté
Le crachin dans mes yeux
S'est abattu sur ma mémoire
Et je ris aux éclats
De cette soudaine obsession
Pour les champignons hallucinogènes
Qui rompent le quotidien-chagrin.
J'ai l'impression d'être déjà mort
Et je ne sais quand je vais mourir
Ma vie me paraît un miracle
Que je n'ai pas demandé
Le public ovationne le gladiateur pédant
Qui lutte et sonne comme un minable gland
Et ma valise se remplit
Tandis que des hordes de vieux déguerpissent
Ils ont entendu la guerre.
Ce soudain vide me calme
Et je ne sais si je fais partie de cette histoire
Ou bien si cette narration me définit.
D-Day Landing, Omaha Beach, Robert Capa, 1944.
Au souvenir de qui je fus
Au souvenir de qui je fus, je vois un autre,
Et le passé n’est le présent qu’en la mémoire.
Qui je fus est un inconnu que j’aime,
Et qui plus est, en rêve seulement.
De nostalgie blessée mon âme se languit
Non pas de moi-même, ou du passé que je vois,
Mais de celui que j’habite
Derrière mes yeux aveugles.
Rien, hormis l’instant, ne sait rien de moi.
Même mon souvenir n’est rien, et je le sens bien
Que celui que je suis et ceux-là que je fus
Sont rêves différents.
Choix d'odes, Ricardo Reis, Fernando Pessoa
Un rêve m'a dit:Laisse le silence sourdre...
David Bowie s'expose au Victoria and Albert Museum de Londres
See on Scoop.it - La Beat Generation ou l’exploration de l’esprit.
Cette photographie de l’artiste aux côtés du romancier américain William S. Burroughs, prise par Terry O’Neil en 1974, a fait l’objet d’un coloriage à la main par David Bowie. L’artiste a toujours mis la main à la patte dans tous les aspects de son travail, de la composition de ses chansons aux pochettes de disques en passant par la scénographie et les costumes. La rockstar a été profondément bouleversée par l’écrivain William S.Burroughs, qui occupa une place centrale dans le mouvement littéraire et artistique de la Beat Generation dans les années 1950. © V&A Images / Courtesy of The David Bowie Archive 2012.
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Plage en dérivation, fraziejames, décembre 2012
Hôtel Régina, Toulouse, 2001. Par Fraziejames.
IRRITABLE VEGETABLE ... - Le Tréponème Bleu Pâle
See on Scoop.it - La Beat Generation ou l'exploration de l'esprit.
... SATURNISME MENTAL ALLEN GINSBERG Part 1 : LINCEUL BLANC Linceul Blanc, WHITE...
Linceul Blanc, WHITE SHROUD ,est un recueil de poèmes composés par allen GINSBERG entre 1980 et 1985.
Le maitre de la Beat Generation ( mort le 5 Avril 1997 ) ne triche pas.
Il traite le vieillissement de son corps avec mélancolie et auto-ironie.
Quelques histoires de cul salaces, de véritables rimes,
un carnet de voyage en Chine ...
... et toujours ce venin !
See on leoncobra.canalblog.com
Include Me Out: The Third Mind - William Burroughs & Brion Gysin - Collages
See on Scoop.it - La Beat Generation ou l'exploration de l'esprit.
These didn't appear in the book, The Third Mind, as published by Viking Press in '78, and John Calder in '79. You can read that in pdf form here. Criminally, it's never been reprinted, so on-screen is the only way many can read it nowadays. The many images created in 1965 were supposed to be for a large format book, but Grove rejected it on grounds of cost. The book that did finally appear is still an essential document of both cut-ups and the relationship between WB & BG....
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Ian Sommerville * “Dyptych”, 1962, a collage portraying William Burroughs and Brion Gysin