S'enterrer au plus profond, là où le désastre est inconnu. S'enterrer pour oublier, s'étouffer sous ses injures, s'étrangler sous ses pleurs, se noyer dans sa haine, souffrir à en crever.
Penser, ressasser, jurer, sourire, hurler.
À moi le néant, à moi les faux semblants, à moi la compassion, à moi ce tout rejeté, à moi, à moi. Et toujours ce « je » comique qui revient. Ah la belle excuse ! À quoi sert-elle maintenant ? Incapable de servir, à toi, à toi, déchiquette-toi, frappe-toi, meurs pour moi, et hurle, oh oui, hurle !
Montre ta souffrance, accuse l'hypocrisie de la réussite, et moi, et eux ? Qui sommes nous ? Que faut-il ? Que reste t-il ?
Tout, mais tellement rien...
Mais il faut continuer, encore, malgré le tout. Une fin qui te fera comprendre que rien n'est acquis, et que tout est illusoire.
Et le doute, il est là, il est en moi, il sait lui, qu'au moindre écart je serais englouti, broyé, brisé. Il connaît les limites, il se joue d'elles en attendant... Quoi finalement ?
Ah qu'il est beau le jour, si seulement il avait pu rester caché jusqu'à ce que je puisse accepter qu'il faille se réveiller. Encore un peu de temps, juste un peu... Est-ce déjà trop demandé ?
Et eux, et lui ! Oh oui... Lui ! Une ombre qui ternit, face à cet insolent soleil, qui brille, plus haut, plus loin, vers des lieux que je ne peux atteindre, pas encore. Un jour peut-être?.. Et si... et si ?
Laissez-moi mourir, sonnez le glas, dites leur que je pars, j'abandonne, je m'en vais, c'est fini...
Laissez-moi mourir ! Continuez donc à vomir vos ennuis et vos regards déplacés.
Qui me poursuivent pour un jugement abruti.