Après tout.
Parfois je sens à nouveau m'enlacer les nuits urbaines. Elles vibrent avec éclat où veillait l'abandon, l'inextricable mutilation d'une âme envers elle même. Franche et familière, elles récitent d'abord la rage, la violence, le désespoir, les larmes et puis, l'accalmie, les gants toujours, mais surtout l'amour, la paix, les rires, un brin de solitude et un bouquet d'instants précieux.
Il n'est pas question de nier la dévastation passée, l'envie dévorante de consomption, l'angoisse persistante d'une fin annoncée, l'impression de chaque jour renaître pour mieux crever. Mais il est certain qu'elles sont à leur place, dans un souvenir lointain qui a desserré son emprise, pour qu'après des années, malgré une allure un peu pétée, quelque chose à l'intérieur enfin respire. Grain de Rien, 2024












