Pour notre amie Laurence, venue à New York pour un semestre d’études à la New York Film Academy, quoi de mieux que de clôturer l’année par une escapade dans le siège mondial du cinéma (Los Angeles) et un road trip dans le mythique Ouest californien? Et nous avons accepté de l’accompagner parce que nous sommes comme ça nous, des amis en or qui se sacrifient pour l’épanouissement de nos amis...:)
Nous avons donc eu la grande chance de faire ce voyage er d’atterrir à LA par une fraîche soirée de décembre. L’occasion de réaliser que si cette ville reste ensoleillée toute l’année et ne connaît pas vraiment l’hiver, elle est proche du désert et de ses températures glaciales une fois la nuit tombée donc adieu ma veste en cuir trop styyyyylée... Mais dès le lendemain, tout est oublié lorsque nous enfourchons nos vélos à Venice Beach pour aller engloutir le traditionnel petit déj à la française.
Le soleil commence à chauffer dès les première heures du matin (décalage horaire oblige), les rues sont calmes, jalonnées de palmiers, et aboutissent à une immense plage. Où les premiers joggeurs côtoient les jeunes cools qui se dirigent vers le skate park, et les clodos finissent leur nuit sur le sable ou rigolent en groupes en fumant des pétards. Même les marginaux ont l’air de mieux vivre sous le soleil et la fumette de Californie...
Nous avons adoré cette étape plage somme toute très authentique (même si on a parfois l’impression de marcher dans un décor de filmà et beaucoup moins aseptisé que je ne pensais. Mais le tableau s’est quelque peu assombri dès qu’il a fallu prendre la voiture pour aller explorer les autres quartiers de cette ville tentaculaire. Car la vie du “Los Angeles guy” consiste à passer 90% de son temps dans sa voiture, dont environ la moitié au feu rouge, sur un artère à 8 voies au minimum. Explorer un autre quartier de la ville implique de prendre une énorme autoroute, et il faut compter 30 min à 1h pour toute expédition, sans compter le trafic de West Hollywood ou Sunset Boulevard.
Un sunset qui vaut quand même son pesant de cacahuètes...
Sunset Boulevard justement, c’est LE centre névralgique de la ville, ou plutôt sa veine principale car il s’étend de la mer à l’autre bout de la ville, et comporte à peu près TOUS les bars et restos tendance, et les autres aussi d’ailleurs. Le chateau Marmont et son bar pour un premier drink à la recherche des VIP? Le resto spécial Big Day pour les 30 ans d’Arnaud? Le repère des hipsters dans une salle d’arcade? Le spot au soleil pour avaler une mixture post-soirée arrosée? Ne cherchez plus, tout ça est sur Sunset Boulevard. Si bien que les nouveaux quartiers “coolos” de la ville sont en réalité quelques endroits autour d’un boulevard qui, comme son nom l’indique, n’est pas réputé pour son charme et son calme. En bref, assez décevant et anonyme, si bien que le seul quartier où je pourrais vivre à LA serait côté plage, pour avoir une vie saine faite de sport, ballades en bord de mer et barbecues. Tant qu’Uber garde ses prix imbattables (9$ pour traverser la ville un samedi soir!) pour sortir et s’enivrer sans perdre son permis. Mais ce n’est que mon humble avis!
Après réception de la petite Laurence, nous avons donc entamé notre road trip en remontant quelques heures la côte Pacifique, pour traverser Malibu et ses plages, et manger un sandwich au crabe sur la jetée de Santa Barbara... So chic et un peu carte postale, une ville balnéaire de retraités à l’abri du besoin mais quel bonheur de déjeuner en t-shirt au soleil!
Après une nuit à Bakersfield (plus grande communauté basque des Etats-Unis, oui oui!) où nous avons étrenné le bar-billard plus pourri de la ville un dimanche soir, direction la Death Valley.
Et là, vous allez me dire “en même temps, la Death Valley, ça porte bien son nom”, mais j’ai été abasourdie par l’immensité du... rien. Des paysages désertiques, un peu apocalyptiques à perte de vue, des dimensions que nous autres européens n’arrivons même pas à envisager. Aucun réseau (heureusement, les 2 Playlouiste en offline nous ont sauvés la mise pendant plusieurs jours, merci Loulou!), peu de voitures à l’horizon, un coyote qui traverse la route devant nous, et la route qui s’étend tout droit à l’infini... En plusieurs heures nous avons croisé une malheureuse gargote où officiait une serveuse tout droit sortie d’un film d’horreur (comme dirait Arnaud, elle n’avait probablement cligné des yeux depuis 92...). Très très loin du repère à touristes que j’imaginais.
A chercher la fameuse “barrière” du parc qui n’est jamais venue, j’ai finalement réalisé que la Death Valley en fait, c’était tout ça depuis plusieurs heures, et plus encore qu’on ne peut y voir. Nous avons passé la nuit dans un bled improbable, collé à une “ghost town” digne des meilleurs westerns, avec les restes d’un casino, hôtel et autres bâtiments du grand Age d’Or, et même une statue à l’effigie d'une prostituée! Pour enfin boire une bière au saloon, à côté de piliers (bar)bus et coiffés bien sûr du fameux chapeau de cow-boy... Gros cliché! Le lendemain, nous avons finalement retrouvé la route d’autres touristes pour aller faire un trek dans le canyon où a été tourné Star Wars, puis sur la Mer de Sel, point le plus bas d’Amérique du Nord... Tellement beau!!!
Il a néanmoins fallu poursuivre notre route pour finir la journée à Las Vegas, où nous avions en toute simplicité booké une chambre au Caesar’s Palace. Et il faut avouer qu’après deux jours à tracer la route avec la pure nature à perte de vue (vive la pub pour les produits laitiers!), nous avons été un peu abasourdis par cette explosion de couleurs, de bruits et de mégalomanie made by Trump et ses compères. Ne le nions pas, Vegas a cette capacité à vous scotcher d’emblée, quand on arpente les lobbys, casinos et immenses “malls” de boutiques de luxe, mais on finit par étouffer à passer sa vie enfermé. Et puis je doute que les joueurs viennent jusqu’ici pour claquer 3000 balles dans un sac Prada...
Après avoir bu un verre dans un décor raté de bistrot Frenchy au Paris Vegas, avalé un burger brandé Gordon Ramsay et gagné 30 malheureux dollars au casino (sombre excuse pour commander des verres gratos aux serveuses!), on était plutôt contents de quitter le lendemain cette ville de débauche, de strip-teaseuses pas sexys et pas chers (en particulier les naines, true story...), et surtout de papys en déroute devant leur machine à sous.
De retour dans la nature, la vraie, on a par hasard retrouvé le chemin de la route 66, déjeuné dans un pit stop au milieu de nulle part et repris la route pour arriver à Grand Canyon à la tombée de la nuit... Un sunset inoubliable (non je n’ai pas peur des superlatifs!). Car après plusieurs heures de route sans deviner ce qui nous attend, cette vue imprenable face aux immenses canyons baignés de rouge par le sunset prendrait aux tripes n’importe qui.
Heureusement que nous avons vu ce paysage d’ailleurs, car dès le lendemain, il neigeait et notre vol d’hélico au-dessus du Grand Canyon a été annulé... C’est donc ajouté à la to-do list pour la prochaine fois (la fameuse que tu fais à chaque voyage, “tant pis, on reviendra”, hmm).
Après plusieurs heures dans notre vaillant bolide (une sombre crotte bleu flashy qui n’avait même pas de fermeture centralisée, ce qui nous a valu des fous rires à regarder Arnaud fulminer à chaque fois pour déverrouiller les portes!), on n’a pas pu s’empêcher de faire un stop chez Five Guys, parce que c’est ça aussi le road trip: manger un burger dans un fast food qui sent le graillon en bord d’autoroute le 24 décembre midi! Nous avons ensuite consenti un détour à Sedona, parce que selon les gens croisés sur la route, il fallait ABSOLUMENT aller voir ce beau grand rocher tout rouge. Et il est vrai que ce décor de western au milieu de la montagne valait quand même le coup.
Ouf, 5 bonnes heures de route plus tard, nous avons posé nos valises près de Prescott, Arizona, où la charmante Fiona nous a accueillis dans son Airbnb pour Noël. Une petite maison rien que pour nous trois, avec un bon pain frais maison, un lit aux couleurs des US, un paravent de cow-boys, elle-même entourée d’un hectare de vignes de gewurtzraminer, trois chiens, X chats, 2 ânes et 2 lamas... Sans oublier le jacuzzi que nous avons étrenné un 25 décembre, au milieu de la pampa Arizonienne, histoire de marquer le coup une fois de plus pour ces improbables fêtes.
Le retour à LA s’est fait en deux fois, avec une étape au Joshua Tree National Park, où nous n’avons pas constaté le moindre arbre à des kilomètres alentour... Remboursez!
Et une nuit à Palm Springs, ville la plus ensoleillée des US, mais où à part un excellent thaï et une profusion de bars gays, nous n’avons pas trouvé grand chose à faire. Clou du voyage: rentrer à LA pour fêter comme il se doit les 30 ans d’Arnaud, une soirée qui a commencé très classe au bar Marmont donc, en passant par un spectacle de drag queens mexicaines, pour finir en after sous des bâches dans une obscure partie de la ville... Bonne résolution de l’année: booker les prochaines vacances en Californie pour découvrir encore les nombreux parcs et autres merveilles de la nature que recèle cet immense pays. We’ll be back!