Mémé
Un jour, mon grand-père est parti. D'une mort inexpliquée, sans n'avoir eu le temps de se battre, il a laissé tout le monde derrière lui. Et c'est à partir de ce moment-là que ma grand-mère, veuve depuis peu, a commencé à avoir des pertes de mémoire. Quelques-unes au début, puis de plus en plus. Diagnostiquée Alzheimer, nous avons su qu'elle ne serait plus jamais comme avant. Petit à petit, elle oubliait le prénom de ses enfants, qui ils étaient, mais étonnement, elle savait toujours qui moi je représentais, une de ses petites filles parmi les vingt autres. Et cela me suffisait de savoir qu'elle ne m'avait pas oublié. Et puis la maladie s'est aggravée, les crises ont commencé à se faire plus nombreuses. Elle ne se reconnaissait même plus et criait de souffrance. La voir était terrible car elle se retrouvait seule, impuissante et terrifiée par le monde qui l'entourait. Plusieurs fois je suis rentrée de chez elle en pleurs. Plusieurs fois je me suis sentie inutile face à cette situation. Mais une chose était sûre : inconsciemment elle avait besoin de nous voir et de savoir notre présence. Alors nos visites se sont enchainées, parce que personne ne voulait l'abandonner. C'était notre mère à tous, un modèle de courage. 5 ans de maladie qui a fini par l'affaiblir à tel point qu'elle ne pouvait plus manger, parler ou même bouger. La voir sur ce lit d'hôpital, en train de gémir de souffrance a fini par avoir raison d'elle. Aujourd'hui, elle n'est plus là mais chaque jour nous pensons à elle en étant sûrs qu'elle est maintenant heureuse et qu'elle nous attend impatiemment. Je t'aime mémé.
© Déborah T.













