Arpentez la cinquième avenue à New-York, par une chaude journée d'été, au milieu des magnifiques résidences de riche. Entendez l'écho de vos pas dans les rues vides de ces quartiers. Regardez ce gaspillage d'espace, d'ameublement, de tenture, d'élégance. Tout cela est inutile. Puis, descendez vers le centre-ville, promenez vous parmi les demeures de ceux qui produisent toute cette inutile splendeur. Vous trouverez 6 familles vivant dans 5 pièces, la sixième vivant dans la cave. L'espace ici n'est pas gaspillé pour cette vermine humaine vivant au coude-à-coude dans ces étouffants réduits. Il n'y a pas de gaspillage d'ameublement, ils s'asseyent sur le sol. Aucun écho dû au vide, pas de splendeur inutile. Non, mais l'épuisement, l'étranglement et la suffocation d'une vie misérable. Manque de vitalité là, pénurie d'espace pour eux ici, c'est cela l'ordre social.
L'hiver prochain lorsque la production annuelle de charbon aura été extraite, lorsque les mineurs vont serrer les poings de leur rage impuissante, quand le charbon restera dans la mine, inutilisée, écoutez le crie s'élevant des prairies glaciales de l'ouest. Pendant que le prix de ce produit de base dont l'offre est insuffisante, montera… Montera de 8, à 9, à 10, à 11 dollars la tonne. Les poches des malfaiteurs s'empliront et les cimetières aussi.
Moralisez alors sur la préservation de l'ordre social.